L'Agriculteur de l'Aisne 13 juin 2016 à 08h00 | Par Actuagri

25 % de fermes menacées de disparition

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Après deux années de crise, la situation financière des exploitations laitières néozélandaises est exsangue. L’an prochain, le cheptel bovin pourrait diminuer de 7 % car les producteurs sont contraints de baisser la voile.En Nouvelle-Zélande, Fonterra parie sur un redressement des cours de la poudre grasse de lait sur le marché mondial dans les prochains mois. En ce début de campagne 2016/2017, qui a commencé le 1er juin dernier, le kilo de matière sèche (Kg MS) sera payé aux éleveurs 4,25 dollars néozélandais ($NZ), soit 0,35 $NZ de plus que la proposition faite l’an passée à la même période. Mais le prix annoncé ne sera pas suffisant pour redresser la situation financière des éleveurs néozélandais. «Après plus de deux ans de crise, 10 à 25 % des fermes seraient menacées de disparaître si la conjoncture ne s’améliore pas sensiblement d’ici 2017, selon différentes sources politiques et syndicales néozélandaises», explique Sébastien Bouyssière de l’Institut de l’élevage, intervenant durant le colloque «Les marchés mondiaux du lait et de la viande en 2016», le 8 juin.

- © l'agriculteur de l'aisne

La dernière campagne laitière 2015/2016 s’est achevée avec une marge nette de -1,2 $NZ/Kg MS en 2015/2016 contre +1.5 deux ans auparavant. En 2014, un quart des exploitations dégageait déjà un EBE négatif. Et pourtant, la collecte de lait n’a diminué que de 2 % l’an passé après 15 années de hausse continue de la production (+ 75 % depuis 2000). Les éleveurs avaient en fait continué à produire du lait, même à perte, pour amortir les investissements massifs réalisés il y a quelques années lorsque les marchés du lait étaient porteurs. Cette résistance inattendue, perçue aussi dans l’Union européenne, explique en partie l’effondrement durable des prix mondiaux des produits laitiers. Mais l’an prochain, le cheptel laitier pourrait diminuer de 7 %, ce qui augure un recul prononcé de la collecte de lait. Le rôle du marché intérieurA l’export, le bilan de la Nouvelle Zélande est tout à fait satisfaisant. Victime de l’embargo russe et de la baisse des exportations vers la Chine, le premier exportateur mondial de produits laitiers (95 % de sa production vendue) a su maintenir ses exportations en volume en diversifiant ses débouchés vers d’autres pays auprès desquels elle a écoulé ses stocks excédentaires de poudre grasse. Et en commercialisant de la caséine ou d’autres produits secs, la Nouvelle Zélande a même concurrencé l’Union européenne sur ses marchés. Mais en termes de chiffre d’affaires, les ventes se sont effondrées de près de 6 milliards de dollars américains entre 2015 et 2014. C’est la faiblesse de son marché intérieur (5 % de la collecte) qui rend la Nouvelle Zélande très vulnérable face la conjoncture mondiale de la filière laitière. Or sa collecte ne représente que 3 % de la production de la planète. L’Australie s’en sort mieux car 40 % de sa collecte est destinée au marché intérieur. Aux Etats-Unis, la filière laitière affiche une certaine insolence. Le prix du lait (jusqu’à 500 dollars par tonne en 2014) a entamé sa baisse bien après les autres grands pays exportateurs. La tonne était encore payée 377 $ en 2015 car la consommation de produits laitiers (89 % de la production américaine) affiche un dynamisme impressionnant alors que la collecte peine à suivre. Les Américains préfèrent de plus en plus le beurre à la margarine. D’ailleurs, signe de bonne santé de la filière laitière américaine, le programme d’assurance marge du Farm Bill n’a pas eu le succès escompté.

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