L'Agriculteur de l'Aisne 08 octobre 2010 à 10h10 | Par Gaetane Trichet

A plumes ou à poils, il y en a pour tous les goûts

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D’une manière générale, le petit gibier se porte nettement mieux dans certains secteurs et pour certaines espèces. Le retour de l’abondance est particulièrement net pour le lièvre, le faisan, aussi bien que le lapin. Ces espèces sont les témoins directs de l’efficacité des mesures de gestion qui ont été prises par les chasseurs, avec des résultats concrets et positifs. Pour le grand gibier, les indices sont aussi à la hausse grâce au plan de chasse triennal.

Le retour de la perdrix grise

«On ne l’avait plus vu depuis 2005 et cela est sûr : plusieurs témoignages le confirment, des compagnies de toutes tailles -y compris de plus de 20 jeunes avec les adultes- ont été vues sur des chemins ou dans les chaumes d’orges» se félicitait Hubert Moquet. «C’est très rassurant surtout lorsque l’on sait que l’indice de reproduction avoisinait le chiffre de 3 depuis quatre ans sans interruption. Aujourd’hui, il atteint 6,26 jeunes par poule, la moyenne décennale étant de 4,5». La perdrix grise semble donc renouer en 2010, avec un certain succès de reproduction. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce premier rebond tant attendu. La météo qui est restée plutôt clémente dans la région. L’éclosion des insectes a été synchronisée avec l’arrivée des jeunes perdreaux, leur offrant ainsi l’apport protéique indispensable à leur croissance. L’autre facteur tient à l’engagement de replanter des haies et à mettre en place des cultures favorables à la biodiversité.

Le faisan : une population correcte
5000 faisans ont été lâchés en 2009. Encouragés par des résultats satisfaisants de repeuplement, les GIC ont poursuivi les opérations cette année et ont lâché  6000 oiseaux. Localement, de plus en plus de territoires sont intéressés par ces repeuplements qui vont permettre si toutes les conditions sont réunies, de reconstituer des stocks reproducteurs nécessaires à l’avenir de l’espèce. «Nous avons constaté un vrai retour au naturel dans certaines régions». Cette espèce est emblématique des résultats obtenus grâce aux efforts entrepris par les chasseurs dans l’aménagement des territoires et l’introduction de faisans issus de souches sauvages.

Le pigeon ramier provoque des dégâts aux cultures

En 2009, on croyait vivre une année exceptionnelle pour le pigeon ramier. 2010 s’annonce semble-t-il meilleure encore, avec des populations en forte augmentation. On observe également de plus en plus de couples sédentaires laissant penser que le pigeon fera lui aussi un excellent gibier d’ouverture. Mais ces populations abondantes causent de nombreux dégâts notamment dans les colzas et les pois protéagineux. Une demande de chasser jusqu’au 28 février au lieu du 10 février a été réclamée pour «la défense des cultures». En 2009, 61314 pigeons ramiers ont été tués, plaçant cette espèce en tête des prélèvements de la campagne de chasse précédente.

Le colvert : la saison s’annonce moins bonne que l’an passé
En 2009, le colvert occupait la troisième place des prélèvements dans l’Aisne avec 13425 individus tués. Cette année, la campagne devrait être moins bonne, le colvert ayant connu quelques problèmes de reproduction tant à la première qu’à la deuxième ponte.

Le retour en force du lapin de garenne

Le lapin de garenne est passé de 20 000 à 52 000 têtes en trois ans. Il fait donc son retour en force en recolonisant tous les secteurs favorables. Une moindre virulence de la VHD, une plus grande résistance à la myxomatose entraînent des mortalités divisées par deux et le  lapin prolifère. Il est aujourd’hui considéré comme un nuisible dans le département, sauf dans la Haute vallée de l’Oise. Pour la période de chasse, de l’ouverture générale au 28 février, le lapin peut se chasser à tir, avec une arme à feu ou à l’arc, chasse au vol et plus exactement la chasse de bas vol ou autourserie, la chasse à courre avec une meute d’au moins six chiens créancés dans la voie du lapin avec attestation de conformité. De plus, à partir de cette année, de l’ouverture générale à la fermeture générale, le lapin pourra être chassé à l’affût une heure avant le lever du soleil et une heure après le coucher du soleil. Cette mesure a été prise pour faciliter le prélèvement car de nombreux endroits ne peuvent pas faire l’objet de furetage.
Partout dans le département (sauf la Haute vallée de l’Oise), durant toute l’année, avec l’autorisation du propriétaire ou de son ayant-droit, le lapin peut être capturé à l’aide de bourses en filet ou métalliques et des indispensables furets. Pour les lapins de garenne morts, licitement détruits, le transport, la vente et l’achat sont autorisés toute l’année. Le lapin peut faire l’objet de destruction par le piégeage avec une déclaration annuelle en mairie préalable aux opérations, du propriétaire ou de son ayant-droit du territoire.
L’intervention se fera avec des cages-pièges ou pièges homologués, en dehors des coulées, de nuit et en indiquant la période. Le piégeur doit être agréé sauf à l’intérieur des bâtiments, cours et jardins, les installations d’élevage et les enclos attenant à l’habitation.

Régulation dès le 15 août pour le lapin

Partout dans l’Aisne sauf sur la Haute Vallée de l’Oise, le lapin peut être aussi détruit à tir du 15 août à l’ouverture générale, du 1er au 31 mars, sur autorisation préfectorale individuelle, par le propriétaire, le titulaire du droit de chasse et du droit de destruction, ou le délégataire du propriétaire.
«Dans tous les cas, que cela soit la chasse ou la protection, il faut toujours associer les chasseurs et les agriculteurs dans ces opérations. Les aménagements doivent être variés pour satisfaire les besoins nutritionnels : la meilleure formule reste l’entretien régulier de bandes enherbées entre les garennes et les cultures. La tondeuse est alors l’outil de gestion idéal» a expliqué Hubert Moquet, signalant d’autres mesures prises dans la limitation des dégâts aux cultures comme l’installation de fils électriques ou encore des grillages.

Le cerf : tout va bien

Les comptages aux phares effectués au printemps sur le massif forestier de Sain-Gobain ont permis de recueillir des indices d’évolution des populations. La stabilisation semble se confirmer sur Saint-Gobain et Vauxaillon (410 en 2008, 396 en 2009 et 400 en 2010). A Villers-Cotterêts, l’indice d’abondance nocturne n’a pas été réalisé cette année. On comptait cependant 282 individus en 2008 et 367 en 2009.

Indices à la hausse pour le chevreuil
Depuis 2 ans, les chevreuils sont recensés lors des comptages de lièvres. Les premiers résultats permettent de confirmer l’impression constatée au regard de la légère reprise des prélèvements en 2009-2010. L’indice d’abondance passe de 1,06 en 2009 à 1,09 en 2010. «Ces chiffres sont pourtant à prendre avec du recul. Ils méritent plus d’années de référence mais la tendance semble être là» confirme le président Moquet. Quant à la reproduction cette année, les premiers résultats tendent à confirmer les impressions du terrain : le nombre de jeunes par chevrette est fort pour la troisième année consécutive.

Le sanglier : une saison
sous de bons auspices
«La saison s’annonce une nouvelle fois sous de bons auspices. Les comptages sur places d’agrainage réalisés sur les 21 et 28 mai dernier, laissent présager une population en légère hausse» a expliqué Nicolas Voyard. En 2009, 167 territoires avaient fait l’objet de dénombrement pour 2 286 sangliers observés, soit une moyenne de 12,72 par territoire. En 2010, 288 territoires ont compté 3 664 sangliers, soit 13,69 par territoire. «Même si ces chiffres sont à relativiser, il semblerait que les stocks avant chasse soient globalement au moins équivalents à ceux de l’an passé. Il est toutefois évident que de nombreuses disparités existent dans les différentes unités de gestion» explique Hubert Moquet. Et de rappeler que «pour les unités de gestion où les objectifs de prélèvements sont encore supérieurs à ceux fixés dans le cadre des contrats agro-sylvo-cynégétiques, il ne faudra pas hésiter en fonction des observations de début de saison, à faire des demandes d’attribution complémentaires pour le mois de décembre».

«Retrouver notre statut de régulateur»

La campagne de chasse 2010-2011 semble prometteuse en petits et grands gibiers. Pour Hubert Moquet, pas de doute, c’est grâce à la mise en place du schéma départemental de gestion cynégétique. 412 000 euros d’aides ont été investis dans le plan de relance petit gibier. «Les chasseurs ont un rôle utile que certains  occultent : celui de régulateur. Il est urgent de retrouver ce statut. Nous prélevons de façon raisonnée, encadrés par les agents de développement cynégétique et avec des unités de gestion renforcées». Le président des chasseurs a insisté à nouveau sur l’importance de la gestion durable de la faune et de ses habitats et la prise en compte des attentes et des intérêts des autres usagers non chasseurs.

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