L'Agriculteur de l'Aisne 12 juin 2013 à 11h49 | Par Actuagri

Agroécologie - «L’idée révolutionnaire» de l’agroécologie, selon le ministre de l’Agriculture

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Une agriculture conciliant compétitivité : c’est possible selon le plan agroécologique présenté par Stéphane Le Foll et Marion Guillou le 12 juin qui qualifient leur projet de «révolution». Depuis décembre, l’ex-présidente de l’Inra a planché sur le projet agroécologique voulu par Stéphane Le Foll. Son objectif était d’identifier les leviers qui permettent la double performance économique et écologique. Pour se faire, elle s’est appuyée sur des pionniers en France et à l’étranger. Avec des chercheurs de l’Inra et des agents du ministère de l’Agriculture, elle a identifié 35 performances et 203 pratiques pouvant être qualifiés «d’agroécologiques» et déclinées pour l’élevage, les cultures, la gestion des sols, etc. «C’est du cas par cas, en fonction du milieu agricole, du sol, du climat. Il n’y aura pas de prêt-à-porter», précise-t-elle. Le principal point de ce plan concerne la réduction des intrants. Pour y arriver, la chercheuse propose des méthodes alternatives comme la rotation des cultures ou la valorisation des effluents d’élevage et sort une «idée révolutionnaire». A savoir : la création d’un certificat de performance pour les vendeurs de phytos en les incitant à «vendre moins» à la manière des certificats d’économie d’énergie. Pas sûr que l’idée suscite beaucoup d’enthousiasme dans le monde agricole qui pourrait y voir là une perte de rendement. «C’est sûr, cela va nous demander énormément de travail», reconnaît Stéphane Le Foll. Et le ministre table sur la formation pour y arriver dans les lycées agricoles d’une part mais aussi sur le terrain avec les conseillers techniques des chambres d’agriculture, des formations pour les agriculteurs… «Nous avons là un cahier des charges du troisième millénaire, nous devons levers les freins économiques et sociaux pour y arriver», lance Marion Guillou qui pense que le changement se fera sur cinq à dix ans.

Investissements
Du côté des jeunes agriculteurs et surtout pour les futurs installés, ces nouvelles méthodes pourraient être plutôt bien accueillis, selon le ministre «mais les agriculteurs en fin de carrière ont parfois peur de l’investissement». Et pour y arriver, Stéphane Le Foll propose de «mutualiser les risques » car la conversion peut être difficile. «Les cinq premières années on perd parfois 10 à 20 % de récolte mais il faut passer le cap», explique-t-il confiant. Des mécanismes incitatifs pourraient être mis en place mais ça ne serait pas une fiscalité écologique. Le ministre souhaite valoriser les démarches collectives qui se feront au travers les groupements d’intérêts économiques et environnementaux (GIEE) par des aides spécifiques. «L’investissement est un facteur difficile pour l’agroécologique. Les biens environnementaux ne sont pas rémunérés», reconnaît Marion Guillou. Sur le projet global, aucun budget n’a été donné jusqu’à ce jour. «Tout le monde veut toujours des chiffres. L’objectif n’est pas là. Nous allons prouver que ce l’on gagne en terme écologique, nous le gagnerons aussi en terme économique», assure le ministre.

Info : le rapport est disponible sur agriculture.gouv.fr
La LMA repoussée à janvier 2014 La loi de modernisation de l’agriculture ne cesse d’être repoussée, elle devait être discutée en juin 2013, puis en septembre et enfin en décembre. Au final, ce sera en janvier 2014 qu’elle passera au Parlement. Elle contiendra bien sûr les propositions du projet agroécologique. En repoussant la date, Stéphane Le Foll a répondu à Xavier Beulin, le président de la FNSEA qui lançait le même jour en conférence de presse : «un mois pour échanger sur la loi d’avenir c’est trop peu».

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