L'Agriculteur de l'Aisne 28 novembre 2011 à 14h41 | Par Actuagri

Assemblée générale de Coop de France Déshydratation - L’avenir radieux de la luzerne

Outre son nouvel attrait économique comme source de protéines pour les éleveurs et les marchés extérieurs, la luzerne s’inscrit dans les nouvelles préoccupations sociétales d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

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 Changement de paragdime pour la luzerne. Alors que la culture a perdu la moitié de ses superficies depuis vingt ans (de 130 000 à 65 000 hectares), les surfaces qui y sont consacrées se stabilisent depuis deux à trois ans.
En effet, le marché est redevenu porteur et les prix intéressants pour les agriculteurs.  Qu’il s’agisse de fibres ou de pellets la demande est très dynamique. D’abord en France. Les prix du lait et de la viande étant mieux orientés, les éleveurs redécouvrent la luzerne et privilégient l’apport de fibres pour l’alimentation des ruminants, notamment pour corriger les acidoses provoquées par l’excès d’amidon que l’on trouve dans le maïs, par exemple, estime Serge Faller, le directeur général de Desialis, le numéro un français de la luzerne déshydratée. La demande est également soutenue chez nos partenaires européens, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse où nos exportations s’y développent. La luzerne est également très prisée au Moyen Orient, actuellement approvisionnée par l’Espagne, mais où la France ne désespère pas de prendre sa place. Et depuis quelques temps des débouchés se sont ouverts au Japon et en Corée. Sans parler de l’Afrique du Nord qui reste une destination assurée. Serge Faller en est certain : l’accroissement de la population mondiale combiné au développement des régimes carnés en Extrême Orient notamment ouvre de nouveaux horizons aux protéines, et notamment à la luzerne.
Outre son intérêt économique, la luzerne s’inscrit totalement dans la logique du développement durable, de restauration de la qualité des eaux et de la préservation de la biodiversité. Beaucoup d’agriculteurs l’ont bien compris.  «Il y a un changement d’approche au niveau de l’exploitation, les agriculteurs ne recherchent plus la rentabilité de chaque culture, mais l’équilibre global de l’exploitation. Moins exigeante en travail, en investissements, en engrais et en produits phytosanitaires, la luzerne est un élément de cette compétitivité», observe Eric Guillemot, directeur de Coop de France Déshydratation. 

Périmètres de captage
Les professionnels de la filière qui étaient inquiets des soutiens de Bruxelles sont désormais rassurés. L’aide de 33 €/ha qui transitait par les déshydrateurs sera désormais intégrée dans les DPU en 2012, soit en tout 35,7 millions d’euros. Les producteurs vont bénéficier en outre, d’une enveloppe de 8 millions d’euros au titre de l’article 68 dans le cadre du plan protéines. Des évolutions qui vont dans le sens d’un verdissement de l’agriculture souhaité par Bruxelles et qui anticipent sur la prochaine Pac.
D’ailleurs, les associations environnementales l’ont compris. Elles soutiennent la luzerne qui épouse les préoccupations sociétales d’une  agriculture plus sobre en intrants et plus respectueuse de l’environnement. Les décideurs publics sont sur la même ligne. Ils considèrent que la luzerne a une carte à jouer dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle directive cadre sur l’eau. Ainsi un soutien spécifique pourrait être accordé par les Agences de l’eau à la luzerne dans les périmètres de captage pour réduire la pression des nitrates et des résidus des produits phytosanitaires. «La luzerne permet d’éviter de sanctuariser les zones de captage qui seraient retirées de l’agriculture» résume Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France Déshydratation.

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