L'Agriculteur de l'Aisne 05 juillet 2012 à 17h11 | Par Gaetane Trichet

Assemblée générale du Syndicat départementale des producteurs de lait. - Construire ensemble l’avenir de la filière lait

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Henri-Noël Lampaert, président du SDPL
Henri-Noël Lampaert, président du SDPL - © l'agriculteur de l'aisne
«La campagne laitière 2011 a bénéficié d’une conjoncture favorable dans la continuité de 2010. L’augmentation de la collecte française de 4,5 % a entraîné une augmentation des fabrications de produits industriels compensée par une demande soutenue à l’export» s’est félicité Henri-Noël Lampaert, président du syndicat des producteurs de lait de l’USAA. «L’année écoulée a été marquée par le passage d’une gestion départementale des quotas à une gestion régionale, cette adaptation étant apparue nécessaire dans la perspective de la disparition des quotas en 2015. Ce passage en bassin doit permettre à la filière laitière de nos 6 départements Nord-Pas-de-Calais-Picardie-Ardennes, de créer une vraie dynamique».
Le prix du lait est resté bien orienté au premier trimestre 2012, mais une légère baisse s’est fait sentir sur le deuxième. Et le troisième s’oriente dans le même sens. «Tout dépendra de l’évolution de la collecte mondiale et de l’augmentation ou non de la demande en produits laitiers, notamment asiatique, de la parité monétaire, de la croissance économique ou encore des conditions climatiques» a souligné le président, précisant que le marché du lait bio était toujours en progression, en raison notamment de son introduction dans les restaurations collectives.

Gérer la fin des quotas
Henri-Noël Lampaert est revenu sur la première année de mise en place du bassin laitier. «Cela a permis d’harmoniser la gestion des quotas sur 6 départements, malgré des disparités sur les structures d’exploitation ou sur la gestion des quotas laitiers libérés». Cette nouvelle dimension territoriale favorise le développement des exploitations laitières. «On notera toutefois un bémol pour l’Aisne, le manque de demandes d’attributions en 2011. Elles sont gratuites, ouvertes à tout producteur désirant accroître sa production» a-t-il rappelé. Et de poursuivre : «les TSST demeurent sur le même schéma de répartition que l’an dernier, ce sont des attributions payantes au taux de 7,5 centimes».
Dans ce redécoupage régional, deux priorités sont mises en avant : l’installation et la modernisation des exploitations. La prise en compte de la main-d’œuvre reste l’axe principal de redistribution.
- © L'agriculteur de l'Aisne - GT
La mobilisation syndicale a payé
Le président s’est félicité du travail du syndicat sur l’accord entre Lactalis et les groupements de producteurs plutôt que la négociation directe entre l’industriel et les producteurs.
Cela étant, il reste du travail au niveau de l’organisation des producteurs. «L’objectif de la Fédération nationale des producteurs de lait est bien d’organiser les laitiers en associations reconnues comme OP (Organisations de Producteurs) par les pouvoirs publics et de massifier ensuite l’offre en y associant ces OP».
Selon Henri-Noël Lampaert, une structuration à l’échelle du bassin permettrait de maîtriser les volumes à produire, de maintenir un prix rémunérateur et surtout offrirait une dynamique régionale. Préparer l’avenir en renforçant la filière laitière est inéluctable face notamment à la concurrence européenne où le chantier de l’après 2015 est déjà bien préparé.
D’ici là, la PAC post 2013 pose déjà question, notamment au niveau du budget. «Cette future PAC qui prévoit la fin des références historiques, pénalise fortement le secteur laitier qui compte des exploitations moyennes et de niveaux de soutiens historiques élevés à l’hectare, mais aussi des revenus en dessous du revenu agricole moyen. Certaines exploitations pourraient perdre jusqu’à 30 euros aux 1000 litres et mettre leur pérennité en cause». C’est pourquoi la FNPL a alerté la Commission européenne et le Parlement sur les répercussions négatives de la convergence des aides. Elle leur a proposé diverses solutions qui pourraient alléger ces futures mesures.

La qualité, toujours la qualité
«La qualité doit rester une priorité pour tout éleveur laitier» a insisté Henri-Noël Lampaert. En effet, les analyses des échantillons montrent une dégradation du critère cellules notamment dans l’Aisne. La réglementation impose actuellement un seuil inférieur à 400 000 cellules par millilitre de lait. Des moyens financiers et humains ont été mis en place pour réduire ce problème. «Seulement 42 diagnostics Alarme ont été réalisés depuis la création de ce diagnostic qui fait un point de situation de l’exploitation. C’est trop peu au regard de l’enjeu de la qualité du lait, du durcissement de la réglementation des arrêts de collecte et de la perte de revenu engendré» a renchéri Didier Halleux, secrétaire général du SDPL. «60 % du coût de ce programme Alarme est pris en charge par le SDPL et ACE (ex-ELC3). Il reste une soixantaine d’euros hors taxe à la charge du producteur». C’est peu en comparaison de la perte financière en cas de refus de collecte pour un taux supérieur à 400 000 cellules.
Aujourd’hui, le lait bénéficie d’une belle image auprès du grand public. Il ne faudrait pas qu’elle se dégrade. Aussi, la transition était toute trouvée pour aborder le thème de la  communication. Les responsables du SDPL ont invité les producteurs à participer aux animations en milieu scolaire mises en place par Picardie Lait et ainsi contribuer à véhiculer une image positive de la production laitière.

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