L'Agriculteur de l'Aisne 04 novembre 2011 à 14h59 | Par Gaetane Trichet

Betteravenir : un planteur sur deux présent dans l’Aisne

13 000 visiteurs, soit un planteur de betteraves sur deux, ont répondu présents au rendez-vous. Venus de toutes les régions betteravières françaises et belges, ils se sont retrouvés dans une ambiance conviviale et très professionnelle.

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 (© l'agriculteur de l'aisne)

Betteravenir, le grand salon professionnel de la betterave organisé par l’Institut Technique de la Betterave (ITB) et l’Institut Royal Belge pour l’Amélioration de la Betterave (IRBAB),  s’est tenu les 26 et 27 octobre à Chéry-les-Pouilly et a rencontré un vif succès, montrant une filière unie, forte et bien organisée. Dans ce «village betteravier» monté de toute pièce pour l’occasion, les atouts agro-industriels et le dynamisme de la filière ont été mis en avant à travers notamment la découverte de matériels innovants.  De nombreux experts et professionnels de tous les maillons de la filière ont également partagé leur savoir-faire. Enfin, de très belles animations franco-belges sur le déterrage et le stockage ont marqué les esprits et offert à tous, un spectacle témoignant des potentialités techniques restantes pour gagner encore en productivité.


Gagner 30 % de compétitivité d’ici 2020
Pour faire face aux contraintes des marchés, la filière betteravière compte gagner jusque 30 % de compétitivité. Comment ? En misant sur la génétique a expliqué Marc Richard-Molard, directeur de l’ITB. «AKER est le nom de l’ambitieux projet de génomique que nous avons lancé à l’Appel à Projets Investissements d’Avenir en Biotechnologies et Bioressources. Il s’agit d’identifier et localiser des caractères d’intérêt sur la carte génétique de la betterave grâce à l’articulation de nouvelles informations issues de la génomique à haute densité et de méthodes de phénotypage innovantes».
Ce projet associe l’ITB, la société Desprez premier sélectionneur mondial, l’INRA et le Cemagref avec au total 11 partenaires. Les investissements se chiffrent à 21 millions d’euros sur 8 ans pour ce programme qui devrait durer entre 5 et 10 ans.
Actuellement, les betteraves cultivées pour la production de sucre sont issues de la sélection variétale opérée depuis une trentaine d’années. Cela a permis d’augmenter les rendements de 2 % par an. Reste désormais une autre amélioration cruciale à effectuer : obtenir une betterave résistante au froid pour gagner en compétitivité par rapport au sucre de canne. Une telle betterave pourrait en effet être semée avant l’hiver et donc récoltée plus tôt. «Notre objectif est d’exploiter la bibliothèque génétique des        12 000 variétés de betteraves sauvages qui existent afin de trouver et identifier des gènes d’intérêt, notamment le gène de résistance au froid. Nous pourrions ainsi développer de nouvelles variétés de betteraves résistantes à l’hiver».

- © l'agriculteur de l'aisne
Avec une betterave semée plus tôt, la récolte pourrait commencer avec un mois d’avance, dès juillet-août. En anticipant ainsi d’un mois la récolte betteravière, les sucreries pourraient commencer leur campagne de fabrication plus tôt et donc augmenter leur capacité de production. Les quantités de sucre produites pourraient gagner 30 %. Aussi, tout en augmentant les volumes de sucres produits, les industriels amortiraient mieux leurs coûts fixes. Il s’agit donc véritablement d’un levier de compétitivité selon l’ITB.

Haro sur la position de la Commission européenne
Dans son rapport, la Commission européenne a décidé l’arrêt des quotas betteraviers après la campagne 2014-2015 et de supprimer la reconduction du règlement sucre pour la campagne 2015-2016. La CGB, la CIBE et le CEFS(*) avaient une position commune sur la reconduction du règlement sucre jusqu’en 2020 pour que les coûts de production en Europe s’alignent sur ceux de ses concurrents comme le Brésil. Ceci permettant aux planteurs d’envisager un arrêt des quotas betteraviers en douceur. La filière est choquée par les annonces de la Commission et lors de l’inauguration de Betteravenir, Eric Lainé, président de la CGB n’a pas mâché ses mots. «Quotas, prix minimum garanti et accord interprofessionnel est un triptyque indissociable. Nous serons aux avant-postes pour dénoncer ce qui est intolérable. Rappelons-nous en 2005, nous avons su faire revenir la Commission sur sa proposition initiale de réforme. Nous devons restés mobilisés pour contrer cette proposition que toute la filière trouve inacceptable».
Le président des planteurs a été soutenu par les élus politiques lors de Betteravenir. «Le projet de la Commission européenne de supprimer le système des quotas et du prix minimum de la betterave n’est pas acceptable. Votre secteur a besoin de stabilité pour terminer sa restructuration et améliorer sa compétitivité à l’échelle internationale» a martelé Pascale Gruny, députée de l’Aisne. Quant à Yves Daudigny, sénateur de l’Aisne, et président du Conseil général, «la culture betteravière est pour nous un secteur économique dynamique, source de richesse et nous sommes fiers des ambitions qui y sont développées(…). Aujourd’hui, je partage totalement vos inquiétudes quant aux conséquences de la déréglementation projetée pour 2015 par la Commission européenne. Dans un contexte de crise, il me semble très grave d’exposer des secteurs économiques au nom d’une idéologie de libéralisme économique dur». Enfin, Pierre Bayle, préfet de l’Aisne, a assuré «que le Gouvernement défend et défendra avec vigueur les intérêts de l’agriculture française dont la vitalité est le gage de l’indépendance alimentaire de notre pays en même temps qu’un levier essentiel pour sa croissance économique. Les évolutions techniques qui ont marqué l'Histoire de la betterave sucrière ont permis à la France de devenir un grand exportateur de sucre. Aujourd'hui, Betteravenir montre que la révolution technique n'est pas terminée et que la filière est plus cohérente et plus ambitieuse que jamais».
De son côté, Alexandre Quillet, président de l’ITB, a réaffirmé la nécessité de poursuivre le développement de la betterave, notamment grâce au projet Aker. «L’objectif poursuivi est ambitieux mais réaliste car l’objectif de + 30 % d’ici 2020 a déjà été obtenu de manière ponctuelle et aléatoire. (…). Notre filière a besoin de votre soutien pour garder une visibilité suffisante jusqu’en 2020. Il nous reste encore une marche à gravir car notre projet s’établit sur huit années. Ne laissez pas la proposition actuelle de la Commission européenne briser cet élan, notre avenir en dépend». Bruno Hot, président du syndicat national des fabricants de sucre, a renchéri «l’Institut technique de la betterave est un formidable outil qui a toujours travaillé au renforcement de la compétitivité de notre filière en cherchant à améliorer, de façon permanente, les performances de la betterave (…) Soyez persuadés que le SNFS sera aux côtés d’un institut qui travaille dans cette voie».

Retrouvez les fiches techniques des 16 matériels présentés dans l'agriculteur de l'Aisne du 4 novembre en page 4-5 et 6.

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