L'Agriculteur de l'Aisne 05 novembre 2010 à 10h59 | Par Hervé Garnier

Betteraves - «Une année betteravière moyenne», mais des cours soutenus

La récolte 2010 devrait s’inscrire comme une année normale avec des rendements inférieurs à l’an passé. Les cours du sucre poursuivent leur hausse…

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À la Saint Luc, la betterave devient sucre ! Un tour d’horizon sur la conjoncture betteravière avec Alain Jeanroy, directeur général de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB).
En début de récolte, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) estimait les rendements de betteraves à 86 t/ha (± 2 t/ha) à 16° S (contre un rendement final de 94,4 t/ha à 16°S l’année dernière), la moyenne quinquennale étant à 85 t/ha à 16°. Le rendement prévisionnel est quant à lui 13,5 t (±0,3 t/ha) de sucre acheté par hectare (soit environ 12,7 t de sucre blanc, contre 13,6 t en 2009).
«On a une perspective de rendement calé sur la moyenne des cinq ans, explique Alain Jeanroy, directeur général de la CGB. Nous retombons dans une année betteravière normale. La richesse est moins élevée que l’année dernière : la moyenne sur cinq ans tourne autour de 17,5°S alors que l’an passé elle était proche de 20°S. D’ici la fin de la récolte, des conditions climatiques plus clémentes peuvent faire remonter la richesse et permettent d’atteindre un rendement final proche des 87 ou 88 t/ha. Le début de la campagne est marqué par plus de tare terre, entre 8 % et 9 % contre 5 % l’année dernière. On reste cependant en dessous des 10 %, ce qui montre qu’avec quelques difficultés climatiques, on arrive à bien maîtriser la qualité des arrachages de betteraves».

Pas de problème d’écoulement

La campagne betteravière 2010 ne devrait pas connaître de problème d’écoulement de la production. L’année dernière, au niveau français, l’équilibre des bilans sucriers a été assuré grâce à l’exportation sur pays-tiers d’une quantité de sucre significativement supérieure à celle des années précédentes, à près de 700 000 t. «Cela a été possible parce que les prix mondiaux étaient élevés. On a donc eu une conjoncture favorable à la fois en termes de récolte et de prix. En 2010, nous allons avoir une récolte européenne moyenne (en France, elle est estimée à 32 Mt de betteraves contre 35 Mt l’an passé) et l’on ne devrait pas avoir de difficulté d’écoulement dans le cadre de nos autorisations à l’OMC. Le droit d’exportation sur pays tiers est fixé à 1,350 Mt de sucre communautaire. Dans ce cadre, compte tenu de la production de nos partenaires européens, nous devrions écouler la totalité de la production française», estime Alain Jeanroy.

Des cours encore soutenus
Les cours mondiaux en forte hausse sont le résultat d’un équilibre fragile du marché mondial du sucre en 2010/11. Au niveau mondial, la hausse des cours du sucre s’est poursuivie et amplifiée depuis juillet 2010. Le sucre roux est passé de moins de 18 cts/livre (395 $/tonne) mi juillet à 26 cts/livre (575 $/t) début octobre (+ 46 %), tandis que le sucre blanc augmentait de 529 $/t à 644 $/t sur la même période (+ 22 %). Les cours mondiaux du sucre se rapprochent ainsi des niveaux record enregistrés en janvier 2010.
L’offre ne sera pas forcément suffisante pour couvrir une demande soutenue (Asie entre autres), sur le rapproché comme sur le moyen terme, en blanc comme en brut. Malgré la forte hausse attendue de la production mondiale (+ 12 Mt), l’équilibre du marché mondial reste donc très fragile. Selon le représentant de la CGB, «les stocks mondiaux étant aux plus bas niveaux historiques, l’excédent de la production permettra d’abord la reconstitution indispensable de ces stocks». Un contexte qui laisse penser que «les cours devraient rester soutenus pour les six prochains mois, voire sur l’année».
Exprimés en euros et bien que le dollar se déprécie, les cours mondiaux du sucre blanc (478 euros/t) comme du sucre roux (427 euros/t) sont supérieurs au prix de référence communautaire (404 euros/t pour le sucre blanc) et se situent au même niveau, voire légèrement au-dessus du prix de marché du sucre dans l’Union européenne. «Nous allons exporter à un niveau de prix moins élevé, mais cela restera encore intéressant. Et même avec un euro qui vaut 1,35 dollar», précise encore Alain Jeanroy.

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