L'Agriculteur de l'Aisne 30 septembre 2011 à 11h35 | Par Agrapress (MN)

Bioénergies - La production des fibres composites à la veille du stade industriel

La production de fibres naturelles composites, fibres issues de plantes comme le chanvre, le lin, pour la fabrication des biomatériaux, est à la veille du passage au stade industriel. C’est une des grandes lignes qui ressort d’un colloque de spécialistes des matériaux, qui s’est tenu le 15 septembre à Troyes, organisé par la société de recherche FRD (Fibres recherche développement) et par la société AFT (Agro Fibres technologies) Plasturgie.

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La production de fibres naturelles composites, c’est-à-dire de mélanges de fibres issues des plantes et de polymères, est à la veille du passage du stade de pilote à celui du développement industriel, à en croire les intervenants au 3e colloque «fibres naturelles et polymères», qui s’est déroulé le 15 septembre à l’université technologique de Troyes. Ce colloque a mobilisé

280 participants, dont 170 industriels (industriels des matériaux, applicateurs, producteurs de polymères), environ 20% des participants étant des chercheurs, des responsables de R&D, et des enseignants.

La structuration d’une filière «fibres végétales techniques» à l’étude chez Oséo

Un premier signe du rapprochement en cours entre les chercheurs-développeurs et les industriels est l’inauguration par FRD d’une gamme complète de fibres et préformes végétales (compounds, non tissés, tissés…) destinées à la formulation de matériaux composites. Cette gamme propose aux industriels utilisateurs un panel complet de solutions à base de fibres végétales, sur le modèle des gammes techniques des fibres de verre. Cette gamme est le support d’un des projets de FRD, Sinfoni (maîtrise des performances des fibres), en cours d’instruction au titre des «investissements d’avenir» par Oséo (agence de valorisation de la recherche) dédié à la structuration d’une filière «fibres végétales techniques (lin et chanvre) à usage matériaux». Autre signe de la marche vers l’industrialisation de ces nouveaux matériaux : l’annonce par Faurecia, leader mondial de l’équipement automobile, et du constructeur PSA, de la validation récente de nouvelles pièces développées avec AFT Plasturgie à partir de chanvre. AFT Plasturgie est une société constituée par deux coopératives, la Chanvière de l’Aube et Interval. Avantage apprécié de ces industriels utilisateurs : le gain de poids significatif, permettant des réductions de CO2.

Faurecia prêt à utiliser un biocomposite pour les accessoires d’autos
Faurecia est prêt à utiliser un nouveau composite, appelé Nafi (Natural fiber for injection), à base de résines et de fibres naturelles, dans les bouchons de radiateurs et supports de rétroviseurs, a indiqué Laurence Dufrancatel, chef de groupe «innovation» dans le secteur des matériaux et procédés chez Faurecia. «Nous pensons qu’une production de 20 000 tonnes par an dans les cinq ans serait tout-à-fait réaliste», a-t-elle précisé. Ce débouché équivaudrait à 3 000 hectares de chanvre. Tout cela sans tenir compte de nouvelles innovations qui devraient être prochainement validées en matière de joint d’étanchéité par Cooper Standard, société spécialisée dans la production de pièces pour automobiles. Par ailleurs, Karim Behlouli, directeur général de la société Ecotechnilin, leader français des fibres non tissées destinées au marché automobile, a présenté deux innovations permettant d’alléger de 20 à 30 % ses matériaux et de proposer des matériaux 100 % biosourcés.

AFT Plasturgie envisage une extension de son usine
En attendant ces développements, AFT Plasturgie envisage une extension de son usine, située à,Dijon, qui produit 2 000 tonnes de thermoplastiques modifiés par des fibres naturelles. Cette usine construite en 2001, qui a une capacité de 20 000 tonnes par an, «pourrait s’avérer insuffisante ces prochaines années, vu les promesses du marché des composites», a déclaré Gérard Mougin, directeur général d’AFT Plasturgie à l’issue du colloque. Le marché des revêtements de terrasses, les «wood plastic composites», est en pleine expansion aux États-Unis et le marché allemand est en train de décoller. «Le marché des biocomposites peut doubler d’ici cinq ans», a indiqué Gérard Mougin.

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