L'Agriculteur de l'Aisne 02 mars 2015 à 08h00 | Par FNSEA -Actuagri

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La France a besoin d’être de nouveau fière d’elle-même. Tel est l’un des enseignements majeurs de «l’esprit du 11 janvier» : au lendemain d’évènements terribles, la France s’est réveillée avec, certes, la gueule de bois de l’inacceptable, de l’injustice et de l’effroi mais aussi, immédiatement, avec la volonté de faire face autour des valeurs fondamentales de notre République.

Le déclin est dans les têtes, dans les fins de mois difficiles, dans la crise économique et sociale qui n’épargne rien ni personne. Alors que l’Allemagne vient de battre en 2014 un nouveau record d’excédent commercial à 217 milliards d’euros, les produits français ne cessent leur repli au point d’être rattrapés par l’Espagne sur certains secteurs ! Mais pour autant le dynamisme, la créativité et l’initiative existent bel et bien dans notre pays. C’est même une aspiration profonde face au déclassement, à la perte d’influence qu’éprouvent intensément nos territoires ruraux et ceux qui y vivent et les font vivre, au premier rang desquels les paysans.

Les constats sont posés et partagés depuis longtemps, y compris par le personnel politique. Les solutions aussi d’ailleurs mais elles ne germent ni ne produisent de fruits, empoisonnées par des désaccords idéologiques, de ceux qui font prendre des postures plutôt que des positions. Cette incapacité à faire, les Français ne la comprennent plus, ne l’acceptent plus.

Pouvons-nous encore nous permettre cela ? La situation sociale, sociétale, politique et économique de notre pays nous oblige, il me semble, à revoir nos schémas de pensée.

Je ne parle pas de consensus mou ou de compromis à petit dénominateur commun, mais de décisions concertées et efficaces pour redresser le pays. Laissons pour un temps l’électoralisme et la démagogie de côté. Concentrons-nous sur le vivre ensemble et les conditions économiques du vivre ensemble.

Si le chômage baisse, si l’économie nationale reprend des couleurs, cela ne suffira certes pas à résoudre toutes les fractures du pays, mais l’exclusion reculera, le sentiment d’abandon aussi. C’est déjà beaucoup. Dans cette unité nationale de projets, l’agriculture a un rôle à jouer. Ni mineur, ni majeur, ce rôle pourrait être celui de l’exemple.

En effet, l’Agriculture Française est une richesse pour le pays.  Aménagement et avenir de nos territoires, développement durable, alimentation, qualité de vie, commerce extérieur, énergies renouvelables, les paysans sont au cœur du pays et au centre des défis, voire des contradictions nationales.

Ainsi, les Français font confiance aux agriculteurs et aux produits français mais consomment aux prix les plus bas. Les efforts considérables du monde agricole sont reconnus en matière de protection des sols, de l’eau, de l’air, du climat… mais on n’a de cesse d’inventer de nouvelles normes et contraintes. On aime le high tech pour son Smartphone mais on ne comprend pas que la modernité et l’innovation entrent dans les fermes. Pourtant l’agriculture est à l’aube d’une nouvelle révolution où le numérique et les nouvelles technologies sont porteuses de solutions nouvelles et alternatives.

L’ère du soupçon fait office de facilité, de réflexion et de langage. Dans le même temps, les paysans subissent des crises à répétition qui leur enlèvent parfois l’envie de produire. Heurtés dans leur fierté par une société qui ne reconnait pas toujours leur travail ; contraints par des règles et une inflation normative qui sont des défis au bon sens et un verrou à l’initiative ; circonscrits par une grande distribution qui joue de son pouvoir pour serrer au lieu de négocier, les acteurs de la terre et du vivant savent qu’ils détiennent un potentiel énorme de développement, de production et d’emploi qui ne demande qu’à s’exprimer pour peu que soient levés les blocages et les entraves.

Voilà une vraie base pour créer un projet agricole où droite et gauche s’entendent sur l’essentiel, portent un diagnostic partagé et avancent des solutions intelligentes, non dogmatiques, où tradition, sécurité, traçabilité, innovation et recherche trouvent toute leur place. Aujourd’hui, nous en sommes parfois loin mais je crois que c’est possible car le pays en a besoin, plus que besoin. Cela doit dépasser les intérêts de chacun pour finalement rassembler pour une cause qui nous dépasse tous. Le Salon international de l’agriculture peut être le début de cette prise de conscience, le ferment d’une stratégie en ce sens, le terrain pour qu’un vrai dialogue s’engage.

Qui sait que l’agriculture et l’agroalimentaire sont le deuxième poste pour les exportations françaises ? Qui sait que les paysans ont planté des bandes enherbées près des rivières ? Qui sait que près de 90 % des Français ont une bonne opinion des agriculteurs (sondage BVA) ? Nous avons des atouts et ces questions sont des réponses au «déclinisme». Ce sont autant de possibilités de faire de nouveau que notre pays soit une puissance efficace, respectée et prospère en  gardant son rang pas seulement pour son podium mais aussi pour continuer de faire briller les espoirs et les idées.

C’est le moment. A nous ensemble de prendre le bon tournant.

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