L'Agriculteur de l'Aisne 14 juin 2013 à 15h26 | Par Actuagri

Céréales - FranceAgriMer ne se risque pas à des prévisions de récolte

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A quelques semaines d’une moisson de céréales à paille dont on sait déjà qu’elle sera tardive, à la suite du printemps pluvieux, le Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, réuni le 12 juin, n’a pas émis de prévisions de récolte en raison d’un météo incertaine aussi bien en France qu’en Europe jusqu’à la moisson. Les inondations en Allemagne, en Europe centrale et dans une moindre mesure en France, démontrent une fois encore que jusqu’à la fin de la moisson, rien n’est acquis. Pour le moment, l’état des cultures est satisfaisant et Rémi Haquin, le président du Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer a rappelé qu’une récolte tardive n’entraîne pas forcément de mauvais rendements. Le plus grand risque serait une période de grosse chaleur, provoquant de l’échaudage. Donc, pas d’estimations fiables à attendre avant le Conseil spécialisé de juillet.

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Ajustement des bilans
En revanche, l’avancée dans l’actuelle campagne, permet à FranceAgriMer de peaufiner ses bilans prévisionnels. L’office a apporté quelques modifications notables à certains postes sans que les prévisions globales soient bouleversées, avec, notamment la confirmation d’un maigre stock de blé et d’un lourd report de maïs. Pour le blé tendre, les principales modifications apportées au bilan de mai concerne la prévision d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail qui a été augmentée de 100 000 t, à 4,6 Mt et une augmentation des ventes à l’Union européenne relevées de 220 000 t pour atteindre 7,05 Mt. Quant aux estimations d’exportations vers les pays tiers elles sont confirmées à 10,1 Mt. Ce qui conduit à revoir le stock de report en baisse de 190 000 t, à 2,32 Mt, le plus bas de ces dernières campagnes, après 2011/2012. Les ventes de blé dur à l’Union européenne ont été redressées de 100 000 t mais une augmentation de la collecte permet de ne pas réduire sensiblement le stock, prévu à 170 000 t. Les exportations d’orge ont été dynamiques et le conseil les a augmentées de 200 000 t à destination de l’UE, à 3,92 Mt et de 50 000 t à destination des pays tiers. Dès lors, le stock de report est révisé en baisse de 220 000 t ce qui le réduit au faible niveau de 1,34 Mt. Pour ce qui est du maïs, les incorporations dans l’alimentation animale ont été abaissées de 100 000 t, à 3,5 Mt, mais les ventes à l’UE relevées de 120 000 t, à 5,65 Mt. Le stock de report reste lourd à 3,08 Mt, le plus important de ces cinq dernières campagnes.

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Des prix sous pression
Qu’il s’agisse de l’USDA (département à l’Agriculture américain), du Conseil International des céréales, au plan mondial, ou de la Commission européenne, pour l’UE, tous les avis convergent vers une prévision de récolte céréalière 2013 abondante. Cette perspective pèse déjà sur les prix de la prochaine campagne, notamment en Europe et en France où se profile la menace d’une lourde concurrence sur les marchés d’exportation. Le bassin Mer Noire (Russie et Ukraine) annonce de fortes récoltes et se présentent déjà avec des prix très compétitifs. Au lendemain de la publication du rapport USDA du 12 juin, augmentant encore les prévisions de production et de stocks mondiaux de céréales les cours du blé tendre en prochaine récolte tombaient à 196/198 €, rendu Rouen, alors qu’en mai, la moyenne des prix fermes payés au producteur atteignait 224 €. 5 M ha de blé tendre, mais 1Mt de colza en moins.
Le ministère de l’Agriculture, dans sa note sur l’état des grandes cultures publiée le 11 juin, ne se livre qu’à deux estimations de production. L’une concerne l’orge d’hiver estimée à 7,2 Mt, soit + 6,2 % par rapport à l’an dernier où des parcelles avaient dû être retournées, laissant la place aux cultures de printemps. L’orge de printemps est donc en forte réduction de surface, - 31 %, à 474 000 ha. L’autre estimation de récolte porte sur le colza d’hiver dont la production chuterait de près de 1 M t, à 4,52 Mt. Le ministère porte à 5,02 M ha, son estimation des surfaces de blé tendre, proche du record de 2008. La sole de maïs grains, hors semences, est estimée à 1,7 M ha, en hausse de 3,8 % sur l’an dernier. Les surfaces de protéagineux semblent se stabiliser, grâce à la féverole. La superficie consacrée aux pommes de terre de conservation atteindrait 112 000 ha (117 500 ha selon le CNIPT et l’UNPT), en hausse de 3,8 %.

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