L'Agriculteur de l'Aisne 23 décembre 2011 à 10h53 | Par Gaetane Trichet

Céréna - Céréna fusionne avec la coopérative du Vermandois

Après 10 ans d’existence, Céréna vient de franchir un pas en fusionnant avec la coopérative du Vermandois dans la Somme. Une stratégie pour l’avenir.

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Bruno Lefèbure
Bruno Lefèbure - © l'agriculteur de l'aisne
Les adhérents de Céréna ont accepté à 94 % la fusion de leur coopérative avec celle du Vermandois le 14 décembre en assemblée générale plénière. Avec cet événement, Céréna, qui fête ses 10 ans d’existence, donne un nouvel élan à sa structure. «Céréna renforce ainsi sa capacité de stockage, dynamise ses politiques commerciales, développe son service agro-environnement,… Nous pourrons apporter toujours plus de services à nos adhérents et continuer à défendre leur revenu. Notre ambition, construire une entreprise forte au service de ses adhérents» a annoncé Martial Bertrand, directeur de Céréna.

Un vote massif pour la fusion
«Depuis dix ans, et après une vague de fusion des fabricants d’engrais, des groupes pharmaceutiques et dans le monde coopératif, notre environnement avait trouvé ces repères et une certaine stabilité. Face aux regroupements de nos clients, l’achat de produits nécessaires à la protection ou à la nutrition des plantes, la mise en marché de nos céréales ou des aliments du bétail, ne peuvent se faire qu’au travers d’unions de coopératives ou de centrales d’achat car l’organisation du stockage, l’exécution des contrats ont changé d’échelle depuis dix ans. La logistique a  constitué un levier fort dans la recherche d’économie. Puis ce fut le besoin de recherche de compétence ou de massification pour peser sur un marché en grain ou en phytosanitaire qui ont finalement initié nos rapprochements dans Sicapa, Ceremis ou Cap Vert. Ces unions permettent de comprimer nos charges. Fort de ces constats, les administrateurs de Cerena souhaitent encore accroître l’efficacité de la coopérative en optimisant les synergies de nos unions. Cette fusion permettra de pérenniser notre coopérative et de poursuivre son développement. Cette croissance optimise les performances et réduit les coûts» a expliqué Bruno Lefèbure, président de Céréna avant de laisser les adhérents prendre leur décision.
Après le vote, Bruno Lefèbure a annoncé : «année après année les adhérents de Cerena ont appris et accepté les nécessités de la mutation et de l’évolution de leur coopérative. Alors, ça n’a pas  été facile tous les jours mais nos évolutions inéluctables ont été assumées. A condition que les réformes soient cohérentes et équitables. La création de valeur est un axe fort dans lequel Céréna s’implique résolument. Grâce à votre vote, nous avons aujourd’hui, les atouts pour poursuivre son développement dans l’intérêt de ses adhérents» a appuyé Bruno Lefébure, terminant son propos par une maxime «qui traduit bien nos valeurs mutualistes : c’est le nombre qui donne la force et c’est la force qui donne la capacité d’agir ensemble».

Pourquoi une fusion avec la coopérative du Vermandois
La coopérative du Vermandois avait pour projet de fusionner avec quatre entités de la Somme. Il faut dire que le résultat de l’exercice clos le 30 juin 2011 a précipité cette prise de décision. Selon les explications fournies, «deux fois trop d’engagement ont été pris en juin sur le marché à terme. Quand le marché physique s’est envolé en juillet, il a fallu dénouer les contrats Matif blé. Cela a provoqué une perte de plus d’un million d’euros et a plombé le résultat qui est passé négatif. Malgré cela, la coopérative bénéficie d’une situation financière enviable, ce qui lui a permis d’ailleurs d’éponger ces pertes sur le plan comptable. En revanche, celles-ci lui ôtent les capacités nécessaires au financement de ses besoins quotidiens. En réalité, ce sont des investissements récents très importants qui n’ont pas permis d’emprunter la somme nécessaire». La coopérative du Vermandois apporte à Céréna 434 000 euros de capital social, quasiment 1,3 million d’euros de fonds propres ainsi que des installations mises aux normes, complémentaires à celles existantes, sans oublier un accès direct au canal Seine Nord Europe, «un avantage logistique énorme».

Delva, racheté par Céréna
Les responsables de Céréna veulent consolider leur coopérative en explorant toutes les opportunités. «Delva, société de commerce de céréales, semences et d’aliment du bétail, en est l’illustration. Pour Cerena, cette acquisition de croissance externe est rentable et apportera une nouvelle source de revenu complémentaire par la perception de dividendes, l’objectif étant de ristourner ces dividendes aux adhérents. D’autant plus que nos territoires ne se superposent que de façon marginale. Delva, située à Larouillies dans le Nord, nous apportera aussi une position plus forte en alimentation du bétail. Notre  secteur Thiérache élevage est de plus en plus convoité par d’autres groupes et qui dit alimentation dans une ferme d’élevage dit semences de maïs, produits d’élevage, engrais etc. On se doit donc d’être encore plus présent sur ce créneau. Delva restera complètement autonome sur l’ensemble de ces activités» a expliqué Bruno Lefèbure.
- © l'agriculteur de l'aisne
Céréna, coopérative de services
Céréna a 10 ans. «La proximité et l’écoute des adhérents, la performance économique au service des associés coopérateurs, la puissance et la représentativité dans nos métiers de base, le potentiel d’achat ou de vente par des politiques commerciales plus performantes, la nouvelle impulsion aux conseils technico-économiques, la recherche ou de prises de participation financières dans nos métiers d’aval et d’amont sont autant de facteurs qui nous guident» a assuré Bruno Lefébure. Le président veut «gagner le défi de la compétitivité pour le rendre aux adhérents». Alors que la crise de la dette s’intensifie, qu’une nouvelle PAC plus verte et moins soutenue se profile, deux choix s’offrent aux responsables de Céréna : soit, subir les décisions politiques, soit les devancer. Pour le président, pas d’hésitation. Les adhérents peuvent trouver de la valeur ajoutée sur leur exploitation en regroupant des activités (assolement en commun, groupement employeur copropriété  sur le matériel…) ou en se diversifiant. Il a renchéri en insistant sur la force de la coopérative et les services qu’elle apporte à ses adhérents. «Nous positionnons Céréna comme une coopérative service, nous développons une stratégie et une organisation destinée à offrir aux adhérents : un dispositif agronomique technique réglementaire  absolument nécessaire à la conduite des exploitations prenant en compte les attentes sociétales et environnementales, un dispositif commercial avec Ceremis permettant la commercialisation de la production, une surface financière sécurisante, une stratégie de participation financière industriel permettant d’ancrer ces industries dans notre bassin de production tout en captant de la valeur ajoutée».
Les adhérents l’auront bien compris, les responsables de la coopérative positionnent Céréna au coeur de l’économie céréalière en réaffirmant leur conviction profonde : raisonner en fonction du seul intérêt collectif des producteurs. Ils s’appuient sur une entreprise solide avec des capitaux propres importants et des capacités d’investissements élevées.

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