L'Agriculteur de l'Aisne 30 juillet 2010 à 13h54 | Par Gaetane Trichet

Changement de main aux Fruits Rouges de l’Aisne

Jean-Louis Lallement, Louis Descamps et Jean-Luc Gandon, fondateurs des Fruits Rouges en 1990, quittent l’entreprise et cèdent leurs parts à des salariés de la société. Explications.

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Une page se tourne dans l’histoire des Fruits Rouges de l’Aisne. En effet, après 20 ans à la tête de la société, les principaux actionnaires ont cédé leurs parts à quatre salariés. Ils leur laissent une structure toujours en expansion, dotée d’une bonne situation financière, forte d’un marché porteur en progression continue, basée sur des équipes motivées autour d’un groupe de producteurs en développement. «Les quatre salariés connaissent parfaitement la société puisqu’ils y travaillent depuis des années et ont contribué à sa progression. Ils reprennent les rênes et continueront dans le même sens» ont expliqué Jean-Louis Lallement et Jean-Luc Gandon, lors de la réunion technique des Fruits Rouges de l’Aisne le 23 avril dernier. «Il s’agit d’une cession faite avec un montage juridique adapté, et rendue possible grâce à la bonne situation financière de la société».
Les deux agriculteurs sont revenus sur l’histoire de la société (voir encadré ci-contre) et ont détaillé les raisons de leur décision. «Bien sûr, nous aurions pu vendre à des tiers, mais nous avons privilégié un schéma plus sécurisé pour les salariés et pour les producteurs. Nous y sommes très sensibles» ont assuré les deux agriculteurs, donnant ainsi l’occasion à des salariés de s’investir totalement dans leur entreprise. «Nous connaissons bien ces personnes et leurs compétences. Ils sont les plus aptes à perénniser les valeurs de l’entreprise en poursuivant son  développement axé sur la production régionale et française».
Le groupe repreneur possède désormais la majorité des Fruits Rouges de l’Aisne, le restant se partageant entre différents partenaires tels que la coopérative Fruirose (Oise) avec quelques producteurs et trois fournisseurs de la société.


S’engager dans la coopérative Fruirose : un grand projet

Les responsables des Fruits Rouges de l’Aisne proposent à leurs producteurs, de rejoindre la coopérative de l’Oise en souscrivant au capital social. Pourquoi ? D’une part, pour que les producteurs puissent être actionnaires de la société axonaise au travers de Fruirose et d’autre part, pour constituer un groupe d’intérêts communs afin de faciliter les échanges, parler d’une même voix au nom des producteurs, en un mot, mutualiser les moyens pour être plus fort. Une autre raison pour  faire adhérer les producteurs à la coopérative Fruirose : la mutualisation des moyens techniques qui bénéficiera à tous les producteurs, ainsi que  des investissements possibles dans la recherche de variétés. «La force d’un groupe se trouve dans leurs évolutions techniques. C’est par la productivité agronomique que les producteurs avanceront».

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Continuer le développement des Fruits Rouges de l’Aisne
Sylvie Cathelain, directrice des Fruits Rouges de l’Aisne, a présenté les chiffres de la société qui continue sa progression tant sur les marchés intérieur qu’à l’export. La collecte totale atteint 8 700 tonnes en 2009 contre 8000 en 2008 soit + 9 % générant un chiffre d’affaires de 33,8 millions d’euros   contre   31,5  en   2008 (+ 6 %).
Aujourd’hui ce sont plus de 600 clients qui font confiance aux Fruits Rouges de l’Aisne qui reste leader en France dans la gamme des petits fruits rouges. «Nous avons collecté en 2009, 212 tonnes de fraises, 101 tonnes de framboises et 190 tonnes de rhubarbe dans la région» expliquait Sylvie Cathelain, soulignant que la nouvelle équipe allait renforcer les acquis, développer le bassin de production française avec des moyens techniques plus importants et des outils de communication et marketing renforcés. Une marque unique de référence pour les Fruits Rouges de l’Aisne pourrait voir le jour dans les prochains mois pour que le consommateur est un repère lorsqu’il achète des fruits rouges.
De plus, les responsables veulent répondre aux attentes de la société en matière de développement durable en apposant un logo «Demain la Terre» sur les barquettes de fruits, gage de qualité et d’agriculture respectueuse de l’environnement.

Les Fruits Rouges de l’Aisne : 20 ans d’existence et toujours en développement

Dans les années 80, Jean-Louis Lallement, alors jeune agriculteur, se soucie de l’avenir de la PAC et réfléchit à un projet de diversification qui peut apporter un complément de revenu. Il lance l’idée de production et de collecte de fruits rouges à destination de la grande distribution peu achalandée de ces fruits. Louis Descamps, agriculteur, le suit et plante pratiquement 5 ha chez lui. Jean-Luc Gandon les accompagne dans leur projet. En 1990, la SARL les Fruits Rouges de l’Aisne voit le jour. La toute première employée est Sylvie Cathelain, mise à disposition à l’époque par la Chambre d’agriculture. «Les premières années d’existence de l’entreprise n’ont pas toujours été faciles. C’est le marché qui nous a guidés et c’est une constante depuis 20 ans». Les clients des Fruits Rouges de l’Aisne demandent une production régulière sur l’année. Les responsables de l’époque développent l’activité négoce et cherchent des producteurs dans le monde (Belgique, Hollande, Espagne, puis le Maroc depuis une dizaine d’années, l’Amérique du sud et d’autres pays comme l’Asie). Les activités surgelés et produits transformés ont fait leur apparition et la SARL est transformée en société anonyme. Aussi, devant ce développement les bâtiments situés rue Brimbeuf à Laon deviennent vite trop exigus. En 1999, de nouvelles structures de 1200 m2 sont construites rue Jean Bodin dans la zone industrielle de Chambry. Aujourd’hui encore, la société continue son essor. Grâce au PRN sucre (plan de restructuration national), elle va agrandir à nouveau ses locaux. Les Fruits Rouges de l’Aisne continue leur expansion et veut motiver des producteurs locaux ou régionaux qui cherchent une diversification pour un revenu complémentaire, voire pourquoi pas, un revenu à part entière. «Les nouveaux besoins de développement de l’entreprise doivent être assurés par ceux qui s’y investissent quotidiennement. Notre satisfaction , c’est d’avoir créé 75 emplois, permis à des agriculteurs régionaux d’avoir trouvé une diversification et un complément de revenu, et  montré que des projets innovants peuvent être une solution aux difficultés structurelles de l’agriculture» ont assuré Jean-Louis Lallement et Jean-Luc Gandon. «Vous nous avez fait confiance pendant 20 ans, nous pensons que vous pouvez faire aussi confiance  à la nouvelle équipe» ont-ils conclu, s’adressant aux producteurs.

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