L'Agriculteur de l'Aisne 10 août 2010 à 14h50 | Par O. Sené - L. Ruck

Colza : une sacrée culture !

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Fin floraison les colzas se sont étoffés et le nombre de siliques 
est correct (6800 siliques/m2 comparable à 2008 mais inférieur à 2009).
Fin floraison les colzas se sont étoffés et le nombre de siliques est correct (6800 siliques/m2 comparable à 2008 mais inférieur à 2009). - © Stéphane LEITENBERGER

Un automne sec, un hiver froid et un printemps chaotique (froid, puis sec et très chaud en fin de cycle) ont mené la vie dure au colza : au printemps tout semblait mal parti ! Et pourtant le colza a montré une année de plus ses capacités de compensation.
L’automne sec a rendu la levée des colzas difficiles : fin septembre les colzas sont très hétérogènes : de cotylédons à 8 feuilles pour les levées les plus précoces.
Si les limaces ont été quasi inexistantes, les autres ravageurs étaient bien présents : 
- mouche du chou sur certains secteurs,
- pucerons très présents mais bien contrôlés grâce à l’homologation de nouvelles solutions insecticides,
- charançon du bourgeon terminal dont le vol a globalement été bien contrôlé.
Le temps clément en octobre novembre a permis aux colzas de poursuivre leur croissance et de rattraper une partie du retard entrée hiver.
Durant l’hiver, les coups de  froid sans être violents se sont succédés. Le plus pénalisant a été celui de début mars (vent de Nord-Est pendant une semaine) sur des colzas qui venaient juste de redémarrer.
Au printemps, la reprise de végétation est tardive (mi mars). Avril est caractérisé par des écarts de température importants entraînant des difficultés d’absorption minérale (accentués par des enracinements moyens ou des dégâts de mouche).
Début floraison, les colzas sont plutôt petits et peu ramifiés.  Mais les températures fraîches en floraison et un peu d’eau suivant les secteurs, ont permis une floraison longue sans à-coup.
Fin floraison les colzas se sont étoffés et le nombre de siliques est correct (6800 siliques/m2 comparable à 2008 mais inférieur à 2009).
Le vol des charançons de la tige vers le 20 mars a été bien contrôlé. Les méligèthes et charançons des siliques sont restés discrets.
Le temps tantôt sec, tantôt froid, n’a pas été favorable à l’expression du sclérotinia.
Début juin frais et humide est favorable à l’absence de stress hydrique. 
Fin juin la maturité s’accélère avec les températures très chaudes. L’oïdium progresse mais il sera peu nuisible du fait de sa montée tardive sur siliques.

Comment s’est établi
le rendement ?

Malgré un nombre de siliques inférieur en 2010, il y a eu compensation sur le nombre de grains (possible grâce au bon rayonnement et à une floraison longue). Avec plus de grains/siliques, 2010 est comparable à 2009 en grains /m2 dans les terres à bonne réserve hydrique. Le PMG, plus faible que lors de la précédente campagne, est la principale explication des rendements inférieurs en 2010 (-5 à-10 %) mais rappelons que 2009 était une année exceptionnelle.
Dans les sols à réserve hydrique plus faible, la nouaison et le remplissage de grains sont moins bons. Un nombre de grains et un PMG moindres expliquent la chute de rendement d’au moins 15 % par rapport à 2009.
Les récoltes débutent vers le 18 juillet sur les secteurs précoces. Mais les producteurs délaissent souvent le colza, pas encore assez mur, pour récolter les  blés et pois.
Ensuite le temps couvert faiblement pluvieux retarde la moisson.
Les rendements sont corrects et jugés satisfaisants au vu de l’aspect des cultures au printemps d’autant plus que les prix se tiennent.
Dans les sols profonds colorés, les rendements dépassent les
40 q/ha ; en craie entre 37 et
40 q/ha ; les sols superficiels avec leur faible réserve hydrique ont plus souffert.
Merci à AXion, Cohesis, Cerena, Champagne Céréales, La Marnaise, La Champagne, Soufflet, Nouricia, GDA10, CA08, Ceta Romilly pour leur aide dans la détermination des composantes de rendement en particulier le comptage des siliques.

Olivier Sené
Laurent Ruck

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