L'Agriculteur de l'Aisne 30 mars 2012 à 14h43 | Par Actuagri

Congrès FNSEA mars 2012 - Le grand oral des candidats à l'élection présidentielle : ce qu’ils avaient à dire

Voici par ordre alphabétique, le résumé des propositions des candidats à l'élection présidentielle qui ont participé au congrès de la FNSEA le 28 mars 2012.

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François Bayrou : l’agriculteur est un producteur-protecteur
Celui qui se revendique toujours exploitant agricole dans les Pyrénées Atlantiques souhaite que l’agriculteur soit considéré à la fois comme un producteur de biens alimentaires et un protecteur de l’environnement. Et que les efforts réalisés par les agriculteurs pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires dans le cadre du plan Ecophyto 2018 notamment soient mieux reconnus. Regrettant la disparition des quotas laitiers, il s’est prononcé en faveur de la régulation des marchés, contre la spéculation financière ainsi que le grignotage des terres qui aboutit «à la disparition d’un département français tous les sept ans». Interrogé sur la Pac, il a indiqué «qu’il ne céderait pas d’un pouce sur l’affaire du budget agricole».
Jacques Cheminade : la spéculation financière, le mal absolu
«Nous devons ouvrir un grand chantier en sortant de la tutelle de Wall Street». Pour le candidat qui a recueilli 0,28 % des voix lors de l’élection présidentielle de 1995, la principale cause de tous nos maux trouve sa source dans la spéculation financière à Wall Street ou ailleurs, sans oublier le rôle négatif des géants de l’agroalimentaire et de la distribution. Son projet vise à privilégier les circuits courts pour éviter la pression des grandes surfaces. Il a également insisté sur la nécessité d’harmoniser les règles sanitaires et phytosanitaires en Europe. Plus original est sa proposition de faire varier les aides de la Pac selon la conjoncture.

Nicolas Dupont-Aignan : le retour à la Pac d’antan
S’affichant comme l’héritier du gaullisme, Nicolas Dupont-Aignan, «veut revenir aux fondamentaux de la Pac» qui n’a cessé d’être « détricotée » depuis trente ans et qui va continuer à l’être, s’il n’est pas élu président de la République. Son message est de renégocier de fond en comble la politique agricole commune pour rétablir la préférence communautaire et garantir un prix minimum aux agriculteurs. Sa méthode : le droit de véto que n’ont pas hésité à utiliser le Général de Gaulle et Margareth Thatcher dans le passé pour faire prévaloir leurs intérêts. Plus surprenant en revanche est sa position sur la contractualisation qu’il considère «comme un mensonge organisé». A l’image de celle proposée par Lactalis à ses fournisseurs.

François Hollande : la recherche du consensus
Discours relativement consensuel de François Hollande dont le programme agricole n’est pas très éloigné des positions professionnelles. D’accord pour reconnaître la vocation productive de l’agriculture et pour maintenir la part agricole dans le budget européen, les efforts réalisés par les agriculteurs pour réduire les pesticides, le déséquilibre des relations avec la grande distribution qu’il faut corriger, l’hémorragie des terres agricoles qu’il faut faire cesser. «Je veux réduire la moitié de la consommation de terre d’ici la fin du quinquennat». a-t-il martelé. Mais pas de propositions précises en la matière si ce n’est l’encouragement à la production d’énergies renouvelables par les exploitants, la mise en place d’un fonds d’investissement pour soutenir la recherche et l’innovation. Plus original en revanche est sa proposition de mettre en place un contrat de génération, entre l’agriculteur qui cède et le candidat à l’installation, pour favoriser l’accès au métier d’agriculteur.

Marine Le Pen : le protectionnisme et la renationalisation des aides
«Je ne vois qu’une seule solution le protectionnisme» pour résoudre les problèmes de l’agriculture française, a martelé Marine Le Pen. Sa politique agricole est d’abord française et son projet est «de défendre les intérêts des agriculteurs français et non marocains». Parce que «l’Europe agricole se comporte en valet de l’OMC» et la nouvelle Pac «un outil ultra libéral repeint en vert». Aussi propose-t-elle la renationalisation des aides agricoles, «ce qui évitera de toujours demander l’autorisation de mener la politique que la France souhaite». Autre cible les grands groupes agro-alimentaires, Lactalis, Bongrain, Bigard… et la grande distribution qu’elle considère comme «des prédateurs».

Nicolas Sarkozy : le principe de réciprocité
Nicolas Sarkozy veut ériger un nouveau principe dans le fonctionnement de l’Europe, « le principe de réciprocité» qui consiste à imposer aux fournisseurs des pays tiers les mêmes règles que celles qui sont exigées producteurs européens (normes sanitaires, environnementales, bien-être animal. traçabilité…). Sinon, il n’hésitera pas à adopter des mesures qui garantissent aux producteurs nationaux un accès aux appels d’offre par exemple comme le font d’ailleurs les Etats-Unis, y compris pour les PME. Le président candidat a toutefois reconnu qu’il avait «des petits cailloux dans son soulier» : l’environnement notamment où «on était allé trop loin». Avant de s’engager s’il est élu «à supprimer deux anciennes normes, chaque fois qu’on imposera une nouvelle norme». Autre promesse l’extension aux agriculteurs de l’allégement des cotisations sociales qui a été accordée aux salariés dans le cadre de la TVA emploi.

Eva Joly : un autre modèle agricole
«Je ne partage pas la vision techniciste de l’agriculture» a déclaré Eva Joly. Son projet à elle, c’est de donner la priorité à l’agriculture biologique, aux circuits courts et à la réduction des pesticides. Si elle partage avec les organisations agricoles, son intention de lutter contre la volatilité des cours et la spéculation financière, elle considère que "l’Europe n’a pas vocation à nourrir le monde» et que «le défi alimentaire n’impose pas d’exporter plus vers l’Afrique». Et qu’il faut privilégier dans les pays en développement des politiques de développement rural. L’Europe devrait plutôt penser à réduire son déficit en protéines. Bien entendu, elle est contre les OGM et les biotechnologies. La recherche doit privilégier d’autres systèmes et notamment «le savoir agronomique et le savoir empirique des paysans».

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