L'Agriculteur de l'Aisne 24 décembre 2010 à 14h55 | Par G. Trichet

Conjoncture - Un léger mieux pour la conjoncture 2010 en Thiérache

L’assemblée générale de CER France Nord Est Ile de France région Thiérache a eu lieu le 29 novembre à Buire. L’occasion de faire le point sur l’année 2010 et les perspectives 2011.

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«Depuis ces deux dernières années, les éleveurs laitiers sont passés d’une bonne situation à une crise suivie d’une amélioration des prix» commentait Béatrice Mercier, présidente de la région Thiérache. Mais cette remontée compensera-t-elle les charges supplémentaires interrogeait-elle. «Cette volatilité des prix entraîne une perte de repères sur nos exploitations et fragilise directement les revenus. A cela vient s’ajouter la question sur l’avenir de la production, entre les éleveurs qui veulent un prix le plus rémunérateur et l’assurance d’un débouché et nos industriels qui souhaitent une sécurité d’approvisionnement, tant en qualité qu’en quantité». Les éleveurs de viande ont également été touchés par une crise avec des cours et des marges en très forte baisse. Des écarts de performances existent entre les exploitations d’élevage, tant en matière de résultats techniques que de maîtrise des charges. C’est pourquoi CER France Nord Est Ile de France insiste sur l’importance de connaître ses coûts de production pour mieux se projeter dans l’avenir.
«En élevage porcin, la crise continue, la hausse des aliments et l’engorgement des marchés n’amélioreront pas cette fin d’année. Pour les ovins, les cours se maintiennent et la production bénéficie d’une réorientation favorable des aides. Pour l’aviculture, les cours sont maintenus mais fortement impactés par le coût des aliments».
Du côté des céréales, la moisson, «surprenante et inattendue» a apporté quantité et une qualité correcte hormis les féveroles. Une grande hétérogénéité a été constatée entre exploitations.
2010 aura été meilleure que 2009 mais avec encore des incertitudes pour l’avenir. «Nous avons dans notre région, beaucoup d’atouts. Il ne faut pas l’oublier. La réussite de notre métier nous le devons à 4 forces : le climat, le sol, les hommes et l’agro-industrie de notre région. Gardons confiance».


Des espoirs pour 2011
Jérémy Tricotteux, conseiller d’entreprise, a présenté les résultats 2010 en prenant en exemple, un système polyculture de 120 ha dont 6 % de cultures industrielles (type Montcornet) et un élevage laitier de Thiérache de 80 ha, 380 000 litres de quotas laitier et quelques boeufs.  Pour l’exploitation polyculture, par rapport à 2009, le produit a augmenté de 14 % et les charges ont baissé de 10 %. En clair, le produit brut atteint 1 661 euros/ha (moyenne sur 5 ans : 1 543 euros), l’EBE se fixe à 602 euros/ha (moyenne sur 5 ans : 553 euros) et enfin, le résultat courant atteint 315 euros/ha (moyenne sur 5 ans : 290 euros/ha). Pour l’exploitation laitière, les chiffres prennent une orientation différente de l’an passé. Le produit gagne 10 % par rapport à 2008 et les charges baisse de 5 %. Cela représente en euros pour le produit brut : 2 451 euros/ha (moyenne sur 5 ans : 2 255 euros/ha), l’EBE : 669 euros (moyenne sur 5 ans : 726 euros/ha), et le résultat courant : 193 euros (moyenne sur 5 ans : 305 euros). Jérémy Tricotteux a ensuite présenté les hypothèses 2011 en tablant sur un prix du blé à 180 euros/tonnes et un prix du lait à 205 euros/1000 litres, tout en tenant compte des évolutions des charges (main-d’oeuvre, intrants…) et du bilan de la PAC. Dans ce cadre, les résultats économiques pour 2011  devraient reprendre un peu de vigueur mais sans excès…

Entreprendre en sécurité : se protéger ni trop, ni trop peu
«Toute activité économique entraîne des risques que les dirigeants doivent gérer et avant tout évaluer» a expliqué Françoise Cany, de CER France Nord Est – Ile de France. Et en cas de problème (aléa climatique, dommages aux biens ou aux personnes, absence imprévue du responsable…), l’entreprise doit continuer à tourner. L’intervenante a développé les différents moyens de faire face aux risques météorologiques notamment en parlant des assurances (DPA, multirisque climatique…), mais aussi humains avec le contrat coup dur, le service de remplacement. «Il faut se poser de nombreuses questions avant de conclure un contrat : en cas d’absence du dirigeant, comment l’entreprise peut-elle continuer à fonctionner, pendant combien de temps, quelle organisation, la pérennité de l’entreprise,…» expliquait Françoise Cany, soulignant l’importance de faire évoluer les contrats au fil des années en fonction des besoins.
Trois agriculteurs ont témoigné de leurs expériences pour faire prendre conscience de l’importance d’être bien assurés pour que l’entreprise puisse rester pérenne : Didier Turck touché par des problèmes graves de santé et Arnaud Vanhoutte dont l’exploitation a été endommagée par la tempête du 14 juillet dernier. Marc Braidy, lui, concluait par un témoignage : «les enjeux pour les chefs d’entreprise sont de bien connaître les risques majeurs, accepter une part de risque et d’admettre l’importance de la prévention. Utiliser tous les leviers possibles pour disposer d’un jeu complémentaire d’outils permettant de couvrir de la façon la plus optimale les événements ou contretemps pouvant survenir dans les entreprises».


Connaître ses coûts de production est essentiel
Lors de l’assemblée générale, les différents responsables ont rappelé l’importance de connaître ses coûts de production. «L’exploitant agricole n’est pas un spéculateur dans son métier de producteur, mais il est un chef d’entreprise qui doit rémunérer ses facteurs de production et assurer la pérennité de son entreprise». Le seuil de commercialisation et le prix de revient sont basés sur deux notions différentes dans le temps et dans l’approche méthodologique, mais ils restent très complémentaires. 
Le seuil de commercialisation est le niveau à partir duquel la vente des produits couvre l’ensemble des engagements financiers et des besoins personnels. Le coût de production est le prix ramené à l’unité de l’ensemble des facteurs de production nécessaires pour l’élaboration et la commer- cialisation des biens. Les notions de charges doivent être retenues pour calculer le prix de revient. Ce prix de revient est un outil d’analyse économique sur le long terme, d’analyse du fonctionnement de l’entreprise, et il permet d’élaborer des stratégies d’équipements et ou des choix de production. «Attention, un prix de revient établi sur des standards ne présente aucun intérêt et peut conduire à de graves erreurs d’interprétation».
Etablir son coût de revient permet à l’exploitant de bien gérer sa société, donc vendre, acheter, produire tout en connaissant parfaitement son entreprise et son fonctionnement. «Nos entreprises sont confrontées à des risques de plus en plus élevés et diversifiés. La maîtrise en est complexe. Il est nécessaire de gérer ces risques, de les identifier et de se sécuriser pour que l’entreprise continue à vivre et se développe durablement» concluait Béatrice Mercier.

Inauguration de nouveaux locaux pour l’agence d’Hirson
de CER France
L’assemblée générale de la région Thiérache a été l’occasion d’inaugurer les nouveaux locaux de l’antenne d’Hirson située au «Sémaphore» à Buire (périphérie d’Hirson).  Neuf comptables travaillent sur le site. Ce bureau, sous la responsabilité de Damien Avundo, est rattaché à l’agence de Vervins. «Ces locaux, propriété de la communauté de commune du pays des trois rivières offriront espace, qualité d’accueil, autant d’éléments permettant de conserver notre qualité de service et de promouvoir notre image» concluait Béatrice Mercier en présence du président Jean-François Capelle et du directeur général Eric Verjot

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