L'Agriculteur de l'Aisne 23 mars 2010 à 17h06 | Par Gaëtane Trichet

Continuer à développer et dynamiser l’élevage dans l’Aisne

Les adhérents de Jba se sont retrouvés en assemblée générale le 11 mars dernier à Samoussy. L’occasion de faire le point sur la nouvelle SARL Champagne Ardenne Bétail et sur l’actualité bovine.

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Thierry Bailly, président de Jba
Thierry Bailly, président de Jba - © l'agriculteur de l'aisne

Jba écrit une nouvelle page de son histoire. Après plusieurs tentatives non abouties de rapprochement avec ses homologues de la Marne, la coopérative bovine de l’Aisne vient de créer une SARL dénommée Champagne Ardenne Bétail avec Olivier Simon, négociant privé dans les Ardennes. Thierry Bailly, président de Jba, a donc annoncé officiellement lors de l’assemblée générale, ce rapprochement dont le capital sera détenu à 50/50 par les deux actionnaires.

Faire de Jba un acteur incontournable

«Notre collecte plafonne à 18 000 bêtes avec un nombre d’adhérents sociétaires constant. On réalise actuellement une collecte à 100 % chez 80 % de nos sociétaires. Il est plus que nécessaire pour Jba, de devenir un leader dans sa zone, en gardant son pouvoir décisionnel local » expliquait Thierry Bailly. «Nous devons continuer à développer et dynamiser l’élevage dans notre département. Il faut redonner de la vigueur au système de collecte de bovins dans la région en reprenant des parts de marché. Pour cela, nous devons nous adapter au contexte économique et structurel de la région» continuait-il, insistant sur le besoin des éleveurs d’avoir de vrais projets d’élevage, en particulier pour les jeunes installés.

Aussi, face aux regroupements des clients de Jba, la coopérative bovine de l’Aisne n’a semble-t-il, pas d’autre choix que de trouver des solutions d’alliance pour peser plus dans la collecte de bovins. «Jba a répondu favorablement à l’opportunité de travailler en partenariat avec un négociant privé, Olivier Simon en créant Champagne Ardenne Bétail. Cela peut surprendre, mais c’est tout d’abord la motivation des deux entreprises à exercer ensemble le travail et surtout la bonne entente des hommes de continuer le développement de l’élevage», rassurait le président. Cette croissance aura essentiellement pour but de dynamiser l’offre collectée sur la zone où l’élevage est important. Ce partenariat devrait apporter des économies logistiques, un regroupement de l’offre face aux industriels abatteurs et une complémentarité de services pour les éleveurs.

Ce n’est pas tout. Les responsables de Jba sollicitent ses partenaires coopératifs sur son territoire et de métiers différents (céréales, betteraves) pour l’accompagner dans cette volonté à soutenir à l’élevage. «La coopérative Jba doit s’appuyer sur d’autres afin de dynamiser l’élevage. Cap Vert est aussi un élément de développement important. Les éleveurs sont parfois des céréaliers, des betteraviers, mais il ne faut pas oublier que leurs cheptels sont consommateurs de matières premières locales en aliments du bétail. Ils ont besoin d’une vraie cohérence entre les métiers afin de garder la plus-value dans notre région».

En s’alliant avec d’autres structures, Jba veut, tout en restant proche des éleveurs, renforcer sa position sur la région, faire des économies, peser sur les marchés. En clair, pérenniser l’entreprise pour pérenniser le revenu de ses adhérents.

 

Jean-Louis Rigamonti, directeur de Jba
Jean-Louis Rigamonti, directeur de Jba - © l'agriculteur de l'aisne

L’engraissement fait défaut en 2009

«Il y a un an, on attendait une hausse de la production et de la consommation de viande bovine. La production a connu un léger sursaut et la consommation est restée stable avec un transfert des ventes traditionnelles vers les produits transformés» annonçait Jean-Louis Rigamonti, directeur de Jba, commentant les marchés. «Les dépenses des ménages évoluent vers des produits moins onéreux. Ceci valide les stratégies des groupes français et européens vers la transformation. Le regroupement en France autour du leader Bigard bouleverse le paysage et accélère les réorganisations des pôles régionaux».

Dans ce contexte, Jba a vu sa collecte reculer de 2 % pour atteindre 17 859 bovins. Cela est dû en particulier à une forte baisse en taurillons. En effet, face aux coûts alimentaires exorbitants, l’engraissement a subi un recul flagrant fin 2008. «On constate cependant une bonne stabilité en génisses, vaches et boeufs de boucherie avec + 1%, tant en origine des troupeaux laitiers qu’en viande» expliquait le directeur, ajoutant que les bovins d’élevage représentaient 33 % de cette collecte en hausse de 8 %.

2010, une année qui s’annonce chargée

La SARL Champagne Ardenne Bétail sera le coeur des activités de Jba pour 2010. Une première année de collaboration qui devrait semble-t-il ouvrir de nouvelles perspectives pour la coopérative. Cela en s’appuyant sur une équipe terrain rajeunie qui contribuera par ses conseils et ses services, à développer la rentabilité des élevages. Les responsables de Jba veulent par ailleurs, renforcer l’engraissement avec de nouveaux contrats de production et l’utilisation de matières premières et coproduits très compétitifs. Ils ont toujours la volonté d’apporter de la plus-values sur des marchés de niche, en continuant à soutenir les contrats qualité Agri-Confiance, Label Rouge, Acte Viande…

L’institut de l’élevage vient d’annoncer une baisse de la production en 2010. «Elle devrait permettre de maintenir voire d’améliorer les cours pour les femelles et cela, malgré une consommation qui pourrait être décevante sans amélioration de l’économie générale » expliquait Jean-Louis Rigamonti. «Cette raréfaction profitera ainsi à ceux qui ont cru et continueront à croire en l’avenir de l’élevage bovin».

Devant ces perspectives de remontées des cours, avec de nouveaux projets, les responsables de Jba et leur équipe sont motivés pour affronter 2010. «L’avenir d’une coopérative est porté par des hommes avec leurs ambitions et la volonté de réussir sur leur territoire» concluait Thierry Bailly.

 

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