L'Agriculteur de l'Aisne 04 janvier 2013 à 14h26 | Par Gaetane Trichet

Coopération - Cerena, une coopérative parée pour les années à venir

Les associés-coopérateurs de Cerena se sont réunis en assemblée générale le 5 décembre dernier à La Capelle (Aisne).

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- © l'agriculteur de l'Aisne

Une bonne année. C’est ainsi que Bruno Lefèbure, président de Cerena, a qualifié 2012. Bonne année tant pour la coopérative que pour ses adhérents. «Les résultats sont le fruit de votre engagement, d’une politique mise en place par votre conseil d’administration actuel et passé. Ils sont le fruit de l’implication de tous les jours de l’ensemble du personnel et de la sa direction» s’est-il félicité, rappelant trois des valeurs de Cerena : la transparence,  l’équité et le mutualisme. Le président a aussi loué la bonne santé financière de la coopérative, un atout pour naviguer en pleine crise économique et sociale. Forts de ses engagements et de ses unions avec Cérémis, Sicapa et Cap Vert, Cerena est sur tous les fronts pour gagner le défi de la compétitivité. «La proximité, l’écoute des adhérents, la performance économique au service des associés-coopérateurs, la force et la représentativité dans nos métiers de base, le potentiel d’achats et de vente par des politiques commerciales plus performantes, la recherche de prise de participation financière dans nos métiers d’aval et d’amont sont autant de critères que l’on peut utiliser».
Une coopérative solide et fiable


Déjà entamés aujourd’hui, de nombreux défis seront encore présents demain : les défis économiques, territoriaux, du développement, environnementaux ou du développement durable. Solidité financière, engagement bancaire pour ses adhérents, renforcement du maillage territorial avec de nouveaux points de collecte, des unions économiquement rentables, poursuite de la croissance externe…, Cerena est parée pour les années à venir. «Nous devons aussi avoir une offre commerciale qui doit être attractive et rémunératrice. Aussi, durant 2013, une organisation renforcée de nos services céréales, des ventes en ligne en temps réel opérationnelles  sur notre site extranet dès janvier, la signature électronique de l’ensemble de nos ventes vous seront proposées». Les responsables de la coopérative en sont sûrs, Cerena est une entreprise solide et fiable.

Cerena accompagne toujours plus les éleveurs

Le territoire de chalandise de Cerena est composé à 45 % d’éleveurs bovins viande et laitiers. «Notre  ambition est de constituer un pôle élevage en associant les savoir-faire de Cap Vert et de ses partenaires que sont Jba et Acolyance, mais aussi InVivo. Nous avons redéfini les missions de Cap Vert qui iront au-delà du conseil de nutrition. On doit avoir une approche globale de l’élevage. Cerena localisera son pôle élevage à La Capelle au cœur de la grande zone d’élevage du département, site sur lequel nous possédons déjà un point de collecte qui sera modernisé début 2013. Ce site intégrera un centre de distribution direct adhérent et logistique pour les autres dépôts avec un  centre d’appel téléphonique pour mieux vous servir. Vous y trouverez tous les équipements pour un éleveur, gros ou petits matériels d’élevage mais aussi tous les minéraux» a expliqué Bruno Lefèbure.
Grenelle : prouver scientifiquement les avancées agricolesBruno Lefèbure a décrié les contraintes environnementales toujours plus sévères et souvent inadaptées. «La machinerie du Grenelle fonctionne toujours mieux avec ses rouages suffisamment huilés pour tenir ses objectifs promis. Ainsi concernant les problématiques agricoles, il est toujours prévu de réduire l’usage des pesticides avec Ecophyto 2018, de diminuer la consommation d’énergie, de protéger la biodiversité par des corridors biologiques (trames bleue et verte), de délimiter des zones humides, sans oublier les captages Grenelle ou encore la 5ème directive nitrates, injuste et disproportionnée pour les éleveurs». Face à cela, le président entend bien accompagner les associés-coopérateurs dans ces démarches. Comment ? En faisant des contraintes des enjeux et en bâtissant des argumentaires scientifiquement prouvés grâce à Arvalis-Institut du Végétal ou l’INRA. «Nous devons faire du lobbying pour démontrer ce que l’on fait pour améliorer nos pratiques. Toutes ces nouvelles pratiques que nous mettons en place : plus d’agronomie, plus de raisonnement, vont bien dans le sens de la protection des nappes d’eau et de la biodiversité. Cerena et nos responsables syndicaux travaillent plutôt sur la complémentarité des outils ou des approches plutôt que l’alternative. Il y a des agricultures et non pas une agriculture… Le seul moyen de répondre au Grenelle passera par  l’innovation agronomique, chimique, génétique, par les outils d’aide à la décision ou le biocontrôle pour conserver notre niveau de production actuel. Et ainsi maintenir une démarche vertueuse pour produire plus et mieux. Voilà notre défi : que l’Etat nous fasse confiance sur notre capacité à changer et qu’il ne regarde pas et n’écoute pas les seules associations environnementales».On l’aura compris, les défis ne manquent pas pour les agriculteurs et pour leur coopérative Cerena. «Nous vous demandons de continuer à faire confiance à Cerena et nous sommes conscients que la confiance se mérite. Nous l’obtiendrons et nous ne la conserverons que par la performance économique tout en préservant nos valeurs».

 

Une bonne campagne

Martial Bertrand, directeur de Cerena, a fait le point sur l’activité collecte en annonçant un résultat de 612 296 tonnes. «Cette collecte intègre la fusion de la coopérative du Vermandois qui contribue à cette performance pour 47 795 tonnes». En blé, les chiffres ont été bons avec un rendement moyen à 9,2 tonnes, en progression de 5 % par rapport à la campagne précédente. «La collecte s’élève à 440 111 tonnes en progression de 11 %». Pourtant, la moisson a été perturbée par une deuxième quinzaine de juillet pluvieuse. Elle a repris son cours normal début août. «La qualité n’a pas été alternée avec un PS moyen de 79,3, un taux protéines de 11,2 %, et l’absence de grains germés et de mycotoxines. La qualité des blés de notre région a contribué à une campagne d’exportation active au départ du port de Dunkerque et a permis de profiter de prix intéressants».La collecte d’orge a, quant à elle, baissé de 9,2 %. Les surfaces en orge d’hiver sont en retrait de 30 % alors qu’une stabilité en orge de printemps a été constatée. «Nous avons noté de fortes disparités dans les rendements avec en moyenne 6 tonnes/ha et une qualité au rendez-vous».Le colza et le maïs ont bénéficié de rendements record. La collecte était en augmentation respectivement avec 52 681 tonnes et 51 478 tonnes. Les protéagineux sont à nouveau décevants.«L’absence de pluie au moment de la floraison a été particulièrement préjudiciable aux protéagineux» a annoncé le directeur. La collecte est en baisse de 36 % en lien avec une réduction des surfaces de 50 % en féveroles.Martial Bertrand a ensuite expliqué que les semences produites étaient en progression. «La production par les adhérents a atteint 3 255 tonnes, soit + 2 %. 2 485 tonnes ont été transformées en semences certifiées représentant un taux de 76 %» a-t-il précisé, soulignant par ailleurs que la production d’avoine est restée stable, autour de 900 tonnes/an. «Ce produit fut très recherché durant toute la campagne et devant le peu de disponibilité, il s’est vendu assez cher».Les bons résultats permettent à la coopérative de reverser aux adhérents 1,6 million d’euros sous forme de  ristournes sur l’activité approvisionnement, d’intérêts aux parts et de redistribution de dividendes.La conjoncture économique actuelle, plutôt favorable aux agriculteurs, ne doit pas pour autant occulter les menaces qui pèsent sur le secteur agricole : volatilité des marchés, compétitivité des productions, réforme de la PAC et pression environnementale, a conclu le directeur de Cerena, citant Churchill : «un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté».

Sur vos agenda : Réunion prospective Cerena le 14 janvier 2013 à Guise


Marc Braidy, vice-président, a invité tous les adhérents et toutes les personnes intéressées à participer à la réunion prospective de Cerena qui aura lieu le 14 janvier à 14 h 30, salle des fêtes de Guise. «Le monde dans lequel nous vivons connaît une crise lourde et durable. Une crise complexe, difficile à appréhender, difficile à en mesurer les conséquences». Même si les prix des céréales sont haussiers actuellement, l’agriculture n’est pas épargnée. Quelles sont les conséquences sur les exploitations ? Nicolas Bouzou, économiste français, chroniqueur sur France 5, Europe 1 ou encore La Matinale de Canal +) apportera son éclairage, son décryptage. Il mesurera les impacts de la crise, son ampleur, ses conséquences éventuelles sur les marchés agricoles, sur les exploitations et sur le résultat des exploitations. Nicolas Bouzou répondra ensuite à Jean-François Capelle, président de CER France Nord Est Ile de France, sur les questions d’économie générale et de fiscalité, à Thierry Top, directeur départemental Aisne du Crédit Agricole Nord Est sur la question des liquidités des banques et sur le système bancaire européen et pour terminer à Olivier Dauger, président de l’USAA, sur l’Union européenne son budget et son budget agricole en particulier.

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