L'Agriculteur de l'Aisne 04 janvier 2011 à 17h13 | Par Marie Pierre Dufour

Coopération - Les acteurs de la filière céréalière sur un plateau

Assemblée générale d’AXion le 9 décembre à Villeneuve-Saint-Germain.

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- © Didier Piot, président d'AXion

La coopérative agricole AXion a souhaité cette année réunir le temps d’une table ronde l’ensemble des acteurs de la filière céréales. Agriculteurs, coopérative, union de commercialisation, analystes de marchés, organisme portuaire, de la production à l’exportation, ils étaient tous présents. AXion a invité quatre acteurs majeurs de la filière : Agritel, In Vivo, Senalia et Ceremis. Chacun a pu apporter son éclairage sur les fluctuations qui ont marqué l’année 2010 et sur les perspectives de débouchés et de valorisation pour les années à venir. Les agriculteurs ont également pu appréhender la complémentarité et le travail en coordination de ces acteurs dont l’action au quotidien contribue à la valorisation des productions agricoles.

Retour sur une année imprévisible
Expert et analyste des marchés, Pierre Duclos, directeur trading céréales de In Vivo, a apporté son éclairage sur la situation des productions, des consommations, des échanges et des stocks mondiaux. Univers complexe dominé par la volatilité, la globalisation et la financiarisation rendant les prévisions de marché difficiles. L’envolée des cours fin juin en est l’exemple. Univers complexe où les incidents climatiques (sécheresse en Russie) et les prises de position politiques ou économiques font basculer les marchés. Pierre Duclos est revenu sur la situation de l’Europe dont le disponible à la vente en céréales est de 20 millions de tonnes (12 millions de tonnes pour la France) et dont les engagements envers les pays tiers dépassent les prévisions. Cette situation sans précédent s’explique par une demande forte des pays d’Afrique, une parité euro/dollar qui renforce la compétitivité des blés européens, une consommation européenne peut couverte et un engagement des vendeurs au-delà de 80 %. Autant de facteurs qui font que les courbes poursuivent leur tendance haussière.

Volatilité, globalisation, financiarisation : tout se complexifie
Face à cette situation en perpétuelle mouvement l’union de commercialisation Cérémis dont AXion est membre, doit d’être réactive. Cérémis poursuit également la professionnalisation de ses équipes pour remplir sa mission de gestion des risques et de financiarisation des marchés. «C’est intéressant car cela permet de se positionner sur la prochaine campagne, voire celle d’après. C’est aussi dangereux car c’est un marché ouvert où les financiers peuvent venir investir, permettant la liquidité du marché mais leur logique n’est pas la nôtre... Ils accompagnent le marché, ils n’en sont ni les initiateurs, ni les fossoyeurs. A nous d’être vigilants et professionnels, les compétences doivent être commerciales et aussi financières. Mais attention, le risque qualité et livraison existe toujours. Il est important de savoir qui le porte... d’où l’importance de s’assurer» a annoncé Didier Piot, président d’AXion.
Christian Cordonnier, directeur général de Cérémis a d’ailleurs expliqué aux agriculteurs le poids des enjeux financiers qui pèsent sur les coopératives, ajoutant que seules, les mieux structurées financièrement pourront accompagner la volatilité des marchés. Cependant, l’union de commercialisation n’est pas sans ressources et sait se doter d’outils pour arbitrer ses positions (Matif, options, etc) que ce soit en délégation de commercialisation pour la coopérative ou dans le cas où l’agriculteur souhaite prendre en main sa propre commercialisation. «Je dirais que la souscription d’un engagement à une coopérative est une forme implicite de contractualisation. Adhérer à une coopérative c’est prendre un engagement réciproque : avoir la certitude de pouvoir livrer la totlaité de son engagement à la coopérative en contrepartie e quoi la coopérative se charge de la commercialisation et des risques de qualité dans le cadre du prix de campagne. Dans un monde changeant, volatil, risqué, le prix de campagne trouve toute sa légitimité» a souligné Didier Piot.

Réactivité de la logistique et qualité constante des productions : des atouts à ne pas négliger
Comme l’a souligné Pierre Duclos, la position géographique et l’organisation logistique sont des atouts stratégiques majeurs. Le bassin de production AXion et les infrastructures logistiques dont elle dispose (fer, terre, mer) lui permet d’être dans une situation favorable pour capter les débouchés exports. Point de vue partagé par Gilles Kindelberger, directeur opérationnel du site portuaire Sénalia de Rouen. D’ailleurs, les objectifs de Sénalia sont de devenir la préférence portuaire de toutes origines et d’exporter son savoir-faire logistique.
En matière de logistique Sénalia a présenté aux agriculteurs le projet du Grand canal qui améliorera les acheminents des coopératives vers le port de Rouen contribuant ainsi à une meilleure réactivité et à une optimisation de la compétitivité logistique. Hormis l’export vers les pays tiers qui représente 4 millions de tonnes en 2009/2010, Sénalia a également pour mission de promouvoir la qualité française. Qualité et surtout régularité de la qualité des productions qui selon Hélène Morin, directrice exécutive Agritel international , pourra faire la différence avec des pays émergents comme par exemple l’Ukraine.

Hélène Morin
Hélène Morin - © l'agriculteur de l'aisne

AXion a reçu Héléne Morin, directrice exécutive Agritel international
n La jeune femme basée en Ukraine a expliqué aux agriculteurs d’AXion la situation agricole ukrainienne. Avec d’un côté les atouts sur lesquels s’appuie le pays : superficie, terre riche, accès privilégiés aux terminaux portuaires accessibles aux cargos panama et compétitivité du blé. De l’autre les handicaps : équipements en matériel agricoles obsolètes, capacités de stockage insuffisantes par rapport à la production (production environ 50 MT/capacité de stockage environ 30 MT), moyens logistiques insuffisants notamment à cause d’un réseau routier dégradé. Pour augmenter sa production (ses rendements qui plafonnent à environ 6 T ha dans les exploitations les plus performantes) et venir concurrencer la production française, l’Ukraine devra relever de nombreux défis.

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