L'Agriculteur de l'Aisne 07 juillet 2014 à 08h00 | Par Actuagri

Des stocks abondants et de gros emblavements

La campagne de pomme de terre se termine sur une note pessimiste, stocks abondants et consommation en baisse. Celle qui s’annonce n’est guère encourageante en raison d’un risque de surproduction consécutif à des emblavements en net progrès par rapport à l’an dernier.

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La campagne de pommes de terre de conservation s’achève sur des stocks copieux de 368 500 tonnes soit quelque 110 000 t de plus que la moyenne quinquennale à la même date. Marquée par une sensible reprise de production, 5,23 Mt, après la faible récolte 2012, 4,27 Mt, ce retour à des approvisionnements plus abondants a rencontré des difficultés d’écoulement, sur le marché intérieur en raison d’une consommation en recul et à une exportation sans entrain. Outre une baisse logique des prix des pommes de terre de conservation dans ces conditions de fin de campagne difficiles, celles-ci se sont répercutées sur les primeurs. Leur saison avait plutôt bien commencé, notamment avec un bon dégagement des premières livraisons des îles (Noirmoutier, Ré). Mais avec l’accélération de l’offre bretonne et la concurrence des vieilles pommes de terre et des primeurs importées, le courant s’est inversé. La présence en rayon des primeurs dans les GMS est insuffisante (47 % des points de vente en semaine 22 contre 54 % l’an dernier et 63 % en 2011). La grande distribution préférant travailler les pommes de terre de conservation dont l’offre est actuellement suffisante en chair ferme de bonne qualité et qui imposent moins de sujétions de gestion de stocks que les fragiles primeurs. Les cours de ces dernières se sont dégradés pour tomber à quelque 30 centimes/kg départ production malgré de ralentissement volontaire des arrachages. Pour essayer de relancer la consommation de primeurs, l’interprofession pomme de terre (CNIPT) a décidé de poursuivre la campagne de promotion radio début juillet. L’offre en pommes de terre de conservation dans la première partie de la campagne, bien que supérieure à celle de 2012/2013 n’avait pas posé de problèmes majeurs de dégagement. Mais la situation s’est dégradée avec un hiver doux et l’arrivée précoce de légumes de printemps, défavorables à la consommation de pomme de terre. Pour la période 21 avril au 18 mai, dernier panel KantarWordlpanel/ CNIPT constate une baisse de la consommation des ménages 4,6 % par rapport à la période correspondante de 2013. Pour la période du 11 août 203 au 18 mai 2014 (à peu près de neuf mois de campagne) la baisse de consommation serait de 3,7 %, dont – 1, 4 % en consommation courante, et – 17 %, en variétés à chair ferme.

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Exportations moyennes

Le chiffre des exportations au 1er mai, après neuf mois de campagne, atteignait 1,42 Mt, légèrement supérieur à celui de l’an passé, même date (1,40 Mt). En 2012 le volume d’export avait été gonflé par les achats exceptionnels de la Grande-Bretagne, 246 000 t au 1er mai, contre une moyenne de 47 000 t deux ans auparavant. Ces achats répondaient à la récolte anglaise calamiteuse, ce qui n’est pas le cas cette année où la Grande-Bretagne a ramené ses approvisionnements en France à 31 000 T. Après un démarrage difficile, nos ventes à l’Espagne, premier client, dépassaient celles enregistrées au 1er mai 2012, avec 425 200 t contre 387 000 t, mais restaient inférieures aux deux années précédentes. Heureusement, l’Italie est vigoureusement revenue vers la marché français, avec 333 800 t, au 1er mai, soit 122 000 t de mieux que l’an dernier, dépassant même le score de 2011, 320 400 t. Autre signe encourageant : la confirmation de la reprise des ventes aux pays de l’Est, avec 139 400 t, soit près de 100 000 t de mieux qu’il y a un an. Il s’agit là de marchés d’avenir, notamment la République tchèque et la Roumanie. L’exportation représente, bon an, mal an, 40 % de notre production. C’est un outil essentiel d’équilibre de notre marché qui risque d’en avoir encore plus besoin pour la prochaine campagne compte tenu des probabilités de forte récolte. En effet, selon les estimations communiquées le 20 juin par l’Union des producteurs de pommes de terre (UNPT)) les emblavements de pommes de terre de consommation pour 2014 s’élèveraient à 121 410 ha, soit une hausse de 3,6 % sur 2013, en hausse elle-même de 3,4 % par rapport à 2012. Toutes les régions de production sont en progrès, en particulier les deux principales : le Nord-Pas de calais avec 45 000 ha, soit +5,1 %, et la Picardie, 28 950 ha, soit + 3,2 %. Les organisations professionnelles avaient pourtant appelé les producteurs à la prudence. Car si l’ensemble des grands pays producteurs du Nord de Union européenne se sont alignés sur la même tendance, la pléthore, et son corolaire, la chute des prix menacent. A moins que les rendements, particulièrement instables pour cette plante ne viennent corriger cette progression des surfaces. Les organisations professionnelles invitent donc à la maîtrise des rendements par un défanage aussi précoce que possible, tout en assurant une meilleur présentation des produits dès le début de la campagne des pommes de terre de conservation.

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