L'Agriculteur de l'Aisne 31 octobre 2011 à 14h16 | Par Actuagri

EcoPhyto 2018 - Bruno Le Maire met le pied sur l’accélérateur

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Trois ans après son lancement du plan EcoPhyot 2018, le ministre de l’Agriculture considère que les résultats sont insuffisants. Aussi a-t-il lancé une nouvelle campagne de sensibilisation auprès des agriculteurs et de tous les utilisateurs pour parvenir à l’objectif fixé : une réduction de 50 % de l’utilisation des pesticides d’ici 2018. «On peut faire mieux» a martelé Bruno Le Maire en ouvrant la réunion du Comité de suivi du plan Ecophyto 2018, le 26 octobre à Paris. Trois ans après son lancement en 2008, le plan EcoPhyto livre ses premiers résultats. Certes l’utilisation les substances les plus dangereuses –les molécules cancérigènes, mutagènes et neurotoxiques– a baissé de 87 % sur la période 2008-2010. De même le recours aux produits de biocontrôle (micro-organismes, phéromones produits organiques divers) a augmenté de 65 %, signe d’un recours plus important aux méthodes alternatives. Au final les quantités de substances actives vendues ont reculé de 5 %. Mais une analyse plus approfondie de la fréquence d’utilisation des produits phytosanitaires montre une augmentation de 2,6 % sur la période, à cause des herbicides. Ce qui fait dire au ministre de l’Agriculture que «l’utilisation globale des pesticides a été assez stable». L’engagement du Grenelle de l’environnement de réduire de 50 % en dix ans l’utilisation des pesticides, si possible, démarre trop lentement à son goût. C’est pourquoi le ministère de l’Agriculture a décidé de lancer une campagne de d’information dans la presse agricole et dans la presse quotidienne régionale. Objectif : sensibiliser non seulement les agriculteurs mais aussi tous les utilisateurs de pesticides, y compris les jardiniers amateurs pour améliorer bonnes pratiques. Un vrai succès Trois après son lancement, on ne peut pas dire que rien n’ait été fait en la matière. «Le plan est en marche et des actions concrètes sont déjà visibles sur le terrain» estime Emmanuelle Souverain, chef du projet Ectophyte 2018 au ministère de l’Agriculture. Un réseau de fermes de démonstration a été créé : 1200 étaient engagées dans la démarche début 2011, «2000 le seront d’ici la fin de l’année» a promis le ministre. Parmi elles 45 exploitations d’enseignement agricole. Toutes proposent des alternatives de réduction des phytos, qu’il s’agisse du désherbage mécanique, de la lutte biologique, de la sélection variétale, de rotation des cultures… En outre 20 sites d’expérimentation ont été sélectionnés pour mettre au point des techniques plus innovantes.
Le certificat Certiphyto expérimenté de fin 2009 à juillet 2011 est un vrai succès. A ce jour plus de 140 000 professionnels, agriculteurs, ont reçu ce sésame qui deviendra obligatoire dans deux ans. A ce moment là 800 000 exploitants agricoles, distributeurs, conseillers devront le posséder pour l’achat de pesticides. En outre, l’agrément par un organisme certificateur des entreprises de distribution de phytosanitaires et l’activité de conseil est désormais obligatoire. Un décret en ce sens est paru au journal officiel du 20 octobre.
Enfin le ministère de l’Agriculture a mis en place un réseau de surveillance de la santé des végétaux qui remplace les anciens avertissements agricoles. A ce jour 3000 bulletins de santé du végétal sur les différentes filières et sur toute la France ont été diffusés sur les sites internet des directions régionales de l’agriculture. L’objectif étant de sensibiliser les agriculteurs sur l’intérêt ou non de traiter leurs cultures.
Mais le ministre de l’Agriculture ne compte pas en rester là. Il entend mettre en pratique les recommandations du rapport qu’il a commandé à Antoine Herth sur les techniques alternatives, comme la lutte biologique. Tout en précisant qu’il n’entendait pas sacrifier le revenu des agriculteurs à la réduction des intrants.

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