L'Agriculteur de l'Aisne 22 juin 2011 à 16h18 | Par Agrapresse

Ecophyto 2018 - En Champagne-Ardenne, la réduction des pesticides suit son cours

Partout en France le plan Ecophyto 2018 se déploie. Après le Certiphyto et le bulletin de santé du végétal, c’est maintenant les réseaux de fermes pilotes qui entre en action. En Champagne-Ardenne, les chambres d’agriculture participent activement au dispositif. De petits groupes d’agriculteurs s’engagent, mais les résultats ne seront pas connus avant au moins deux ans.

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Le plan Ecophyto 2018, qui prévoit une réduction de 50 % de l’usage des produits phytosanitaires, si possible, se décline avant tout sur le terrain. Les chambres d’agriculture sont impliquées principalement dans trois volets du dispositif : formation (Certphyto), surveillance du territoire (bulletin de santé du végétal) et diffusion des bonnes pratiques (réseau de fermes pilotes). Les agriculteurs s’impliquent peu à peu, mais il est encore difficile de tirer un bilan du dispositif. «Il faut au moins 3 ans, voire 5, pour avoir les premiers résultats», confirme Didier Marteau, président de la commission environnement de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture). En région Champagne-Ardenne, par exemple, où des formations au Certiphyto et la participation au bulletin de santé du végétal sont en place depuis un peu plus d’un an, la chambre d’agriculture de la région a participé dès 2010 à la phase expérimentale des réseaux de fermes pilotes avec deux groupes d’une dizaine de fermes sur les deux principales productions de la région : le vin et les grandes cultures. «Ce qui est intéressant, c’est que les agriculteurs des groupes travaillent tous différemment. Chacun enrichit l’autre, c’est ce qui fait la force d’un groupe», témoigne Nicolas Billaudelle, animateur du réseau de fermes de grandes cultures
Aube/Haute-Marne.

Prise de risque
«La chimie n’y arrivait plus ! Il fallait changer de système», raconte Jean-François Perrare qui exploite 89 hectares de grandes cultures dans l’Aube. «On a trop simplifié nos rotations», souligne Didier Marteau. Il recommande le recours à de nouvelles têtes d’assolement (comme le tournesol)
et l’alternance entre des cultures de printemps et des cultures d’hiver. «Nous souhaitons favoriser l’agronomie plutôt que des techniques comme le faux semis ou le désherbage mécanique qui sont très gourmandes en temps de travail», explique Nicolas Billaudelle. Le problème : trouver des débouchés pour ces nouvelles productions.
En viticulture, «ce sont plutôt ceux qui vendent directement leur production qui se lancent dans des démarches de réduction des pesticides, car ils peuvent directement valoriser leur vin. Chez les gens comme moi, qui suis juste producteur de raisin, c’est plus rare», explique Rémi André, viticulteur qui livre son raisin à des maisons de Champagne. Surtout qu’au prix où se vend un kilo de raisin en Champagne, la prise de risque est très importante. «Pour le prochain appel à projet, nous réfléchissons à introduire un système d’assurance pour inciter les agriculteurs à intégrer les réseaux de fermes pilotes», explique Didier Marteau. Le but : attirer notamment des exploitations maraîchères et fruitières, très peu représentées jusqu’à présent.

Adapté au territoire
Le prochain volet du plan Ecophyto tentera de renforcer ces réseaux de fermes par des sites d’expérimentation. Un appel à projet a été lancé début mai 2011. Il prévoyait à l’origine de retenir 40 plates-formes expérimentales avec chacune un budget 25 000 euros. Les modalités ont été assouplies et avec la même enveloppe (1 million d’euros) la taille et le nombre des projets n’est plus aussi rigide. La Champagne-Ardenne possède déjà avec Phyt’eau Ref (une étude déjà financée qui ne postulera donc pas à l’appel à projet), un modèle de projet de recherche qui pourrait être retenu par les pouvoirs publics. Cette plate-forme, située à Thibie (Marne), se penche sur les solutions possibles pour réduire la fuite des pesticides vers les nappes phréatiques en Champagne crayeuse (non labour, rotations différentes…). C’est type de recherches que devrait soutenir l’Etat : adaptées à un territoire particulier, et donc rapidement applicable chez les agriculteurs.

Le Certiphyto victime de son succès chez les agriculteurs
La phase expérimentale de formation au Certiphyto arrive à échéance. Le résultat : ce sont 127 000 agriculteurs qui auront été formés le 1er juillet, soit 40 % des exploitants agricoles français. Tous les utilisateurs de produits phytosanitaires devront passer ce diplôme d’ici 2015 comme l’exige la législation européenne. «Nous voudrions un peu lever le pied, car actuellement 80 % du fonds Vivéa (soit 12 millions d’euros sur un an) ont été utilisés pour financer cette formation», admet Didier Marteau, président de la commission environnement des chambres d’agriculture. Au delà des agriculteurs il reste encore à former environ 200 000 salariés agricole qui eux ne pourront pas bénéficier du fonds Vivéa, et pour lesquels il va falloir trouver des financements. La phase expérimentale terminée, le décret définissant les conditions d’accès à ce Certiphyto est désormais attendu pour le courant du mois de juillet.

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