L'Agriculteur de l'Aisne 09 août 2010 à 13h53 | Par S. Juliac

Elevage - Echange paille fumier, sortez la calculette !

Les facteurs intervenant dans la détermination du ratio de l’échange paille fumier fluctuent selon les prix de marchés et les coûts de mécanisation.

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- © l'agriculteur de l'Aisne

En cette période de récolte, les échanges paille fumier suscitent de nombreuses interrogations. L’échange doit se raisonner en fonction de la valeur fertilisante, de la valeur humique et du travail réalisé par chaque partenaire.
Dans un premier temps, il faut déterminer le coût des éléments fertilisants disponibles l’année de l’apport pour les cultures. La paille et le fumier, contrairement à certaines idées reçues, ont des teneurs (N, P, K, MG) similaires, et mis à part pour l’azote des coefficients d’équivalences engrais identiques. Il suffit d’appliquer les prix des engrais minéraux, à la quantité d’éléments valorisables pour estimer la valeur fertilisante de chaque produit. Pour 2010, elle est de 9,48 euros par tonne de fumier et à 6,01 euros par tonne  de paille.
En ce qui concerne la valeur humique du fumier (et des amendements organiques en général), l’INRA a révisé récemment le modèle de calcul. Désormais il faut retenir qu’un fumier de litière accumulée procure 63 kg d’humus par tonne. A titre de comparaison une tonne de paille fournit 163 kg d’humus. En soustrayant le coût de la valeur fertilisante et le coût de broyage au prix de marché de la paille en andain (autour de 20euros/t), nous en extrapolons le prix de l’humus.

Un ratio compris entre 1 et 3
La détermination du ratio d’échange entre paille et fumier s’appuie également sur les coûts de récolte de la paille, d’épandage du fumier et de transport. Les coûts de travaux de récoltes proposés sont calculés sur la base du barème d’entraide.
Compte tenu qu'une tonne de paille permet de produire pour des niveaux de paillage suffisants au plus 3 à 4 tonnes de fumier, il est inutile du point de vue de l'éleveur d'effectuer un échange paille-fumier au-delà du rapport de 1 t de paille pour 3,5 t de fumier.
De même, l'équilibre des éléments fertilisants entre les 2 produits conduit à une inégalité en défaveur du cultivateur pour des ratios paille/fumier inférieurs à 1.
Au-delà de ces 2 bornes (1 et 3,5), il est plus équitable d'envisager un achat de la paille et une vente du fumier. Entre 1 et 3,5 la différence sera due à l'équilibre des travaux (pressage, transport, épandage) et à la distance entre les 2 sites.
Les éleveurs ont également à leur disposition un outil téléchargeable sur le site de la Maison de l’Agriculture pour réaliser leur propre simulation.
S. Juliac

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