L'Agriculteur de l'Aisne 28 janvier 2013 à 11h24 | Par Gaetane Trichet

Enseignement - Et pourquoi pas la filière de l’agroéquipement ?

Le secteur de l’agroéquipement recrute et les candidats manquent. Pourtant, il existe des filières scolaires dans les lycées agricoles. Explications avec Bertrand Lauwers, directeur du lycée Robert Schuman à Chauny.

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L'agroéquipement offre un panel vaste de métiers divers et variés qui va du mécanicien au concepteur, du vendeur à celui de commercial. On trouve mais aussi le formateur, le technicien de bureau d’études, le conducteur de matériel agricole, le magasinier, le technicien de maintenance, le vendeur de matériels de parcs et jardins, le monteur en installation de traite, le responsable d’atelier en entreprise artisanale, etc.  Et pourtant, il y a pénurie de candidats... En France, et selon l’APRODEMA (Association Professionnelle de Développement de l’Enseignement du Machinisme Agricole et des Agroéquipements) 5000 postes sont à pourvoir sur le territoire.

Le groupe Schuman enseigne l’agroéquipement
Dans l’Aisne, le groupe d’enseignement Robert Schuman, propose plusieurs filières pour les élèves qui voudraient suivre la voie de l'agroéquipement. Bertrand Lauwers, directeur de l'établissement, explique. «Avec 14 sections en agroéquipement et actuellement presque 180 élèves, nos deux sites de Pouilly et Chauny proposent différents examens. Du Bac pro au BTS, nous dispensons des cours en agroéquipement qu’ils soient en formation scolaire, apprentissage ou continue». A Pouilly, par exemple, «nous proposons un bac pro agroéquipement motoculture, parcs et jardins plutôt destinés vers des métiers en espace vert». Cet examen offre une double compétence en alliant machinisme et jardinier-paysager.
A Chauny, on trouve un Bac pro équipement, un CAPA PAUM (production agricole et utilisation de matériel) qui destinent plutôt à des métiers de maintenance et entretien du matériel. Les titulaires de ce Bac pro sont chargés en général, de conduire un atelier dont ils assurent la maintenance de premier et deuxième niveaux. Ce professionnel peut exercer son activité dans une exploitation agricole, une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA), une entreprise de travaux agricoles, forestiers ou paysagers. Il peut également travailler dans une entreprise industrielle, artisanale et/ou commerciale de distribution d’agroéquipements et de fournitures pour l’agriculture, une station de stockage et de conditionnement de produits agricoles, voire auprès d’une collectivité locale ou d’une entreprise publique.
Les BPAE (brevet professionnel agroéquipement) 1 et 2 se font par apprentissage et peuvent compléter un CAPA. Le titulaire de ce BP utilise les matériels et installations nécessaires à la production et à la manutention de  produits agricoles, animaux ou végétaux, à leur stockage, leur conditionnement et leur première transformation, à l’entretien du paysage et à la protection de la nature. Il peut exercer ses activités sur une exploitation agricole, dans une coopérative, dans une entreprise de travaux agricoles, forestiers ou paysagers, chez un distributeur d’agroéquipements, dans une station de stockage et de conditionnement ou auprès d’une collectivité locale. A noter : ce diplôme est délivré par unités capitalisables. Le diplômé Bac professionnel en agroéquipement doit participer à la conduite d’un chantier ou d’un atelier. Il sait organiser l’activité en prenant en charge la gestion des personnes et la maintenance du parc de matériel, et l’adapter en cas d’imprévu. Il veille aux règles de sécurité et rend compte de l’exécution des travaux. Il connaît les spécificités du travail mécanisé avec le vivant ainsi que les exigences de qualité des produits et des prestations.
Les BTS GDEA 1 et 2, (génie des équipements agricoles), se font en apprentissage soit chez un concessionnaire, chez un constructeur, dans une CUMA de taille importante ou une entreprise de travaux agricoles. Spécialiste des équipements et des installations de production agricole, le technicien supérieur en GDEA est à même de conseiller les utilisateurs dans le choix d’une machine sur la base de critères agronomiques, économiques, ergonomiques, environnementaux et de sécurité. Le technicien supérieur en GDEA est un spécialiste des équipements et des installations de production agricole. Il connaît les matériels mécaniques classiques pour la culture ou l’élevage (appareils de traction, véhicules agricoles, installations de traite...) ainsi que les bâtiments modernes d’élevage, les serres et les dispositifs de conditionnement d’air et de chauffage. Il maîtrise l’utilisation des équipements d’entretien de l’espace rural et des machines et matériels de transformation des produits agricoles. Le titulaire du BTSA peut travailler chez un constructeur de matériel en tant que technico-commercial. Il est alors chargé des relations entre l’entreprise et les concessionnaires, des dépôts de matériel, de la démonstration des nouveaux produits... Il peut également exercer les fonctions de gestionnaire de parc de matériel, dans une entreprise de travaux agricoles ou une coopérative d’utilisation de matériel agricole. Une part importante de la formation est consacrée à la connaissance technique des agroéquipements et à la maîtrise du langage du technicien (dessins, graphiques). A cela s’ajoutent des enseignements en droit, législation, économie, gestion et négociation commerciale.

Bertrand Lauwers
Bertrand Lauwers - © l'agriculteur de l'aisne

Des professeurs formés
Face à l'évolution des techniques et technologies, les professeurs du groupe Robert Schuman suivent eux-mêmes régulièrement des formations de trois jours avec des constructeurs, organisées par l'APRODEMA. Le lycée Robert Schuman bénéficie d'un atelier où les élèves peuvent mettre en pratique les cours dispensés. Ils peuvent souder, découper, travailler sur l'électrique, l’hydraulique... «Nous avons à disposition des petits et gros matériels (moteurs, tracteur, pulvé automoteur, arracheur et bientôt une moissonneuse-batteuse). Les élèves mettent à profit les cours pour travailler, démonter, réparer le matériel».

Une mauvaise image à bannir
Au même titre que l’agriculture, les métiers de l’agroéquipement ne bénéficient pas d’une bonne image et souffre d’une méconnaissance générale. En effet, pour certains, l’agriculture est synonyme de boue, de fumier, de binette... et les métiers de l’agroéquipement sont destinés à des enfants peu cultivés qui ont les mains toujours tâchées de cambouis et tenant toujours une clé à molettes. Or, la technologie et l’informatique ont fait leur entrée et se généralisent dans le domaine des engins agricoles. Le machinisme a désormais besoin de mains et de têtes bien faites compte tenu de la technicité des engins. D’ailleurs, le simple fait de conduire un matériel agricole est devenu un métier... «Les profils recherchés en agroéquipement sont de plus en plus qualifiés. Il faut des gens pertinents» précise le directeur du lycée Robert Schuman, qui annonce que les salaires sont devenus attrayants contrairement à ce que certains pensent. «Les carrières peuvent être fulgurantes, elles vont avec l'envie de travailler...».
Pour pallier ce manque d’informations, l’APRODEMA a lancé une campagne de communication et compte bien attirer des jeunes vers ces métiers de l’agroéquipement. «Des métiers qui sont ouverts aussi bien aux garçons qu’aux filles» précise Bertrand Lauwers, se rappelant qu’à Better’Avenir, ce sont des femmes qui conduisaient les matériels Grimme.  «Attention, plus on monte dans l’échelle des métiers de l'agroéquipement, parler anglais est nécessaire voire indispensable.  C'est pourquoi un module spécifique d’anglais technique est dispensé en BTS GDEA».
On l’aura compris, les filières agricoles donnent de l’emploi, encore plus en agroéquipement et c’est prouvé. Et pour Bertrand Lauwers, le fait que l’enseignement des métiers de l’agroéquipement provienne d’un lycée agricole ne doit pas être un frein pour les élèves qui ne sont pas issus du milieu agricole. A bon entendeur...

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