L'Agriculteur de l'Aisne 22 juin 2011 à 15h45 | Par Gérald Le Page

Environnement - Les outils d’aide à la décision optimisent les interventions

Avec les OAD, la coopérative Noriap accompagne ses adhérents dans une démarche de développement durable

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Les outils d’aide à la décision (OAD) sont apparus en agriculture il y a une dizaine d’années. Encore loin d’être généralisée, leur utilisation se développe progressivement chez les agriculteurs. La coopérative Noriap dont la zone d’activité s’étend sur la Somme et une partie des départements de la Seine-Maritime et de l’Oise, travaille aujourd’hui avec quatre types d’outils : Farmstar pour le pilotage de la fertilisation azotée sur colza, blé et orge à partir d’images satellites ; Epicles pour le calcul du plan de fumure de l’ensemble de l’exploitation ; Sepale + pour le pilotage des traitements fongicides sur blé ; Visioplaine, outil sur internet pour la gestion administrative, agronomique, réglementaire et économique de l’exploitation. "Ces outils amènent de la précision. Par exemple, avec Epicles, à partir d’un plan de fumure classique, on va calculer parcelle par parcelle les besoins en N, P, K en fonction des caractéristiques parcellaires, des données climatiques et de l’analyse de sol. En cours de saison, à l’aide de Farmstar on peut réajuster les valeurs en azote pour le blé et pour le colza à partir de la biomasse mesurée. Farmstar permet en outre de moduler la préconisation à l’intérieur de la parcelle, ce qui permet d’apporter la bonne dose au bon endroit. Tout ceci en vue d’atteindre l’objectif de rendement avec la dose de fumure optimum", explique Estelle Cleuet, responsable OAD à Noriap. 
Intervention fongicide cibléeL’outil d’aide à la décision trouve aussi une bonne application dans la protection fongicide du blé. On passe d’une intervention systématique à une intervention ciblée. "Avec Sepale + on prend en compte les caractéristiques parcellaires, le précédent et le niveau de pression maladie, très variable d’une année à l’autre, pour déterminer la date optimale du premier traitement fongicide", indique Estelle Cleuet. Et parfois ce premier traitement suffit. Ce qui a été le cas l’an dernier et cette année, l’outil ayant donné un seul déclenchement de traitement à la dernière feuille. Là aussi, on optimise passage phyto et rendement.Epicles et Sepale + sont des services proposés par Noriap. Pour le premier, deux conseillers spécialisés passent chez les adhérents abonnés pour discuter des pratiques de fertilisation en liaison avec le conseiller agriculteur. Visioplaine qui est un logiciel sur internet  sert à la coopérative pour récupérer la traçabilité informatique des parcelles sous contrat. L’agriculteur qui a son parcellaire sur l’outil le transmet par informatique à la coopérative, ce qui est un gain de temps pour tous. Noriap propose aussi des déclarations Pac via Visioplaine. "L’intérêt, c’est d’avoir une plate forme de services. A l’avenir, la coopérative pourrait ainsi proposer à l’agriculteur de la météo de précision permettant de connaître la quantité exacte de pluie tombée sur une parcelle et par conséquent de mieux piloter la protection fongicide en pomme de terre par exemple", précise Estelle Cleuet. Pour aller plus loin dans la gestion des interventions phytosanitaires, Noriap teste actuellement un nouvel OAD, dénommé Phytnes. Mis au point par InVivo, cet outil prévoit le programme prévisionnel phytos adapté aux problématiques de l’exploitation, la coopérative pouvant ensuite compléter le conseil en saison avec Sepale +. Tout ceci dans la perspective du programme Ecophyto 2018. "L’objectif final, c’est d’accompagner nos adhérents dans une démarche de développement durable : bien gérer les interventions culturales tout en satisfaisant ses marges", souligne Estelle Cleuet.
Des marges de progrès dans la vulgarisationMalgré leur intérêt, ces OAD ne touchent encore qu’une minorité des adhérents de Noriap. Farmstar y est aujourd’hui utilisé sur un peu plus de 10 000 ha pour 500 agriculteurs. Si l’on ajoute l’utilisation en partenariat avec la chambre d’agriculture, on arrive à 17 000 ha et à 700 agriculteurs, soit au total 20% des adhérents qui bénéficient de cet OAD. 200 adhérents environ sont équipés Visioplaine, mais d’autres utilisent des outils concurrents comme Mes- P@rcelles, Isagri. Quant aux services, 200 agriculteurs sont abonnés à Epicles, et une dizaine par an à Sépale +. Difficulté de prise en main des nouveaux outils, méconnaissance… toujours est-il qu’il y a encore de grandes marges de progrès dans la diffusion des OAD. La coopérative souhaite notamment développer Farmstar sur colza. Comme le rappelle Estelle Cleuet, "on peut économiser 20 unités d’azote/ha, soit de 16 à 20 euros/ha selon les années".

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