L'Agriculteur de l'Aisne 28 mars 2011 à 14h43 | Par Chambre d'agriculture

Est-il primordial de connaître son coût de production ?

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Anny et Olivier Tabary élèvent une cinquantaine de vaches laitières et une vingtaine de boeufs par an à Landouzy la Ville. Depuis plus de vingt ans, ils participent avec une dizaine d’éleveurs laitiers du département au réseau des fermes de références Nord-Pas de Calais Picardie. A ce titre, ils ont découvert en avant-première la nouvelle méthode de calcul du coût de production proposée par l’Institut de l’Elevage.

Quel est le principal intérêt de calculer son coût de production ?
Olivier Tabary : Connaître son coût de production, c'est avant tout savoir ce qui reste pour vivre. En général le prix du lait et la vente des vaches de réforme couvrent l'ensemble des dépenses et des annuités. Les aides sont quasi-équivalentes à notre revenu, soit une cinquantaine d'euros par mille litres. En revanche en 2009, année de crise, le prix du lait et la vente des vaches de réforme ne couvraient pas notre coût de production.

En quoi la comparaison de vos résultats avec ceux des autres éleveurs du réseau vous permet de progresser ?
Échanger mes résultats avec d'autres me permet de savoir si je suis toujours dans la course. Dans un groupe il y en a toujours quelques-uns qui ont de bons résultats. Il suffit de savoir comment ils font. Si aujourd'hui tout le monde travaille de la même façon, certains testent des petites choses qui peuvent se révéler d’excellentes sources d’économies. Enfin le plus important, c'est surtout de se comparer avec une exploitation semblable à la sienne.

Quelles sont pour vous les principales pistes en production laitière pour améliorer le revenu ?
Pour dégager du revenu il faut réussir à concilier un excellent produit tout en ayant le moins de charges possibles. Cela nécessite de sélectionner des vaches résistantes, fertiles et toujours amélioratrices en taux. Les taux m'assurent un prix du lait attractif. Des vaches qui vêlent régulièrement, d'autant plus si elles sont pleines d'IA sexée : c’est la certitude de disposer demain d’un effectif de génisses supérieur au simple besoin de renouvellement. Une denrée précieuse par les temps qui courent. Enfin une vache qui ne tombe pas malade, c'est une ration bien valorisée et des frais vétérinaires en moins.

La production laitière implique des investissements conséquents notamment en bâtiment et matériel qui peuvent parfois peser lourd dans le coût de production.  Quelle stratégie avez-vous ?
Je suis d'un naturel prudent et j'ai toujours pensé que l'avenir passait par l'accroissement du volume de production. La preuve en est en vingt ans le prix du lait toutes primes confondues est resté quasi identique, alors que les charges telles que le gasoil ne cessent d'augmenter. Dans ces conditions, maintenir un niveau d’investissement régulier, me semble une solution raisonnable. Il me semble également primordial de savoir jusqu’où aller dans les investissements et surtout  ne pas investir plus que je ne peux rembourser. Il y a dix ans lorsque j’ai entrepris la réflexion de mes travaux de mise aux normes je savais que je ne devais pas dépasser 150 000 euros. Et bien j’ai fait en sorte de ne pas dépenser un sou de plus. Pour y arriver, j'ai du repenser mon projet et faire de l'auto construction. Une fois ce projet réalisé  la totalité de mes remboursements d’emprunts atteignait 70 euros/1000 l, un seuil de remboursement que je me suis toujours fixé. Ensuite, durant dix ans je n'ai réalisé aucun autre emprunt sur l'exploitation.

Les productions agricoles et en particulier le secteur laitier vivent actuellement un certain nombre d'évolutions majeures. La connaissance des différents postes déterminants de votre coût de production ainsi que l'échange avec d'autres producteurs vous permettent-ils de prendre du recul par rapport à cette situation ?
A l'avenir les troupeaux vont continuer à augmenter et il est peu probable que les charges alimentaires diminuent. Il faudra sans aucun doute réduire le coût du travail, c'est à dire produire plus avec le moins de main- d'oeuvre possible. Cela nécessitera d'améliorer notre efficacité. Travailler vite et bien, se concentrer sur des tâches importantes, bien réfléchir le choix de ses investissements.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Agriculteur de l'Aisne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Agriculteur de l'Aisne
La couverture du journal L'Agriculteur de l'Aisne n°1825 | juin 2018

Dernier numéro
N° 1825 | juin 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui