L'Agriculteur de l'Aisne 04 avril 2014 à 08h00 | Par Actuagri

Exportations de blé vers les pays tiers - La France doit adapter son offre

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Malgré ses atouts, la France a du mal à développer ses exportations vers les pays tiers. Son offre ne répond pas suffisamment aux critères qualitatifs de nos clients potentiels, notamment en matière de taux de protéines. Le dernier conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, prévoyait un chiffre d'exportation française de blé vers les pays tiers de 11,4 Mt. Parvenir, dans l'avenir, à consolider un objectif de 12 Mt ne semble donc pas irréaliste, à condition que nos exportations s'adaptent aux demandes d'un marché mondial évolutif. France Export Céréales a organisé, le 1er avril, une réunion d'information animée par des spécialistes de l'exportation céréalière qui ont débattu des chances d'y parvenir, tout en faisant le constat d'une situation qui n'incite pas à cette perspective optimiste. Au cours des six premiers mois de la campagne 2012 /2013, l'Union européenne a exporté 9,5 Mt de blé vers les pays tiers, la France figurant pour 4,64 Mt, soit 48 % des sorties. Pour la même période de l'actuelle campagne, les ventes extérieures de l'UE ont atteint 14,2 Mt, soit une progression de près de 50 %. La France, avec 5,27 Mt est loin d'avoir suivi la tendance. Et même si elle demeure le premier exportateur européen, sa part de marché est tombée à 37 %. Alors que l'Allemagne a progressé de 1 Mt, à 2,42 Mt et que la concurrence de nos partenaires de l'Est de l'UE s'est révélée redoutable, notamment la Roumanie qui a sorti 3,1 Mt contre 947 000 t au 1er janvier 2013, essentiellement en direction de l'Egypte. Les facteurs conjoncturels sont certes intervenus dans cette évolution incertaine des exportations françaises, mais ils ne sont pas les seuls. La production française pêche par certaines lacunes face à une demande mondiale de plus en plus exigeante, notamment en matière de qualité. Le blé français souffre d'un handicap majeur en raison de son modeste taux de protéines, les pays importateurs se montrant de plus en plus exigeant sur ce critère.

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Beaucoup d'atouts quand même
D'autres critères se manifestent aussi, comme la baisse du taux d'humidité imposée depuis peu par l'Egypte. Ce pays qui recourt prioritairement à l'origine Mer Noire, surtout russe qui offre un rapport qualité/prix plus intéressant sur les critères protéines et humidité. En outre, sa proximité géographique réduit les coûts de fret et surtout l'habitude des meuniers égyptiens à travailler les blés russes, constitue un handicap majeur pour l'origine française. S'aligner sur des exigences qualitatives qui ne sont d'ailleurs pas réclamées seulement par l'Egypte, n'est pas insurmontable, à travers des variétés plus protéinées, par exemple. Cela étant, il ne faut pas non plus envisager sous le seul angle négatif les capacités du blé français. La France offre, notamment à ses clients l'avantage d'une régularité de production exceptionnelle. Ce que ne garantissent pas nos concurrents du bassin Mer Noire, voire des Etats-Unis, du Canada ou de l'hémisphère Sud soumis parfois à des évènements climatiques dévastateurs. Globalement la qualité boulangère de nos blés, mis à part les quelques défauts corrigibles précités, est bonne et la filière performante. D'ailleurs des clients comme l'Algérie, le Maroc, l'Afrique de l'Ouest, qui privilégient la qualité par rapport au prix, composent la base de notre clientèle. Une clientèle à préserver car elle suscite la convoitise d'autres grands exportateurs, ceux de la Mer noire, en particulier.

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