L'Agriculteur de l'Aisne 03 juin 2011 à 10h59 | Par Laurence Sagot , Gaétan LEBORGNE , Catherine DELVALLE

Faire face au manque de fourrage

Le printemps 2011 restera gravé dans les annales et dans les mémoires tant la pluie se fait attendre.

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Avec le déficit hydrique des quatre premiers mois de l’année et les fortes chaleurs du mois d’avril, les repousses sur les prairies déjà fauchées ou pâturées sont compromises.
Les conditions de récolte sont souvent bonnes et assurent  la qualité du fourrage. Cependant les rendements en foin et en enrubannage sont, en fonction des secteurs, en deçà des attentes, la croissance des graminées ayant été freinée par la chaleur. Or 2011 fait suite à deux années déjà délicates et les stocks fourragers sont parfois faibles. Et il ne faudra pas compter sur la paille outre mesure : les rendements  sont d’ores et déjà fortement entamés par la sécheresse. Les solutions pour faire face à cette situation sont bien entendu différentes selon les exploitations.

Faucher dès que possible
Même si les rendements apparaissent modestes, récolter rapidement les enrubannages et foins. Avec une bonne pluie derrière (car il va bien finir par pleuvoir !), il y aura des repousses à pâturer ou bien à faucher. Les graminées sont épiées et cela ne sert à rien d’attendre !  Compte tenu de l’état d’avancement des plantes, il est préférable de faire du foin, moins coûteux que de l’enrubannage  ! Les refus de pâturage  sont fauchés et récoltés. Ces fourrages de faible qualité suffisent pour les agneaux finis en bergerie et pour des brebis à l’entretien.

Attention à ne pas surpâturer
En situation de manque d’herbe le réflexe est souvent de tirer au maximum sur les prairies. Mais attention : à trop raser l’herbe en situation très sèche, ce sont les repousses qui sont compromises, pénalisant encore un peu plus la situation et la prolongeant. Là encore en phase de faible production d’herbe et contrairement à ce qui est souvent pratiqué, à savoir tout ouvrir, il convient de maintenir un pâturage tournant. Lorsque la hauteur est inférieure à 3 ou 4 cm, il convient de sortir les animaux.

Penser à implanter des dérobées
Pour les exploitations avec des céréales, opter pour les dérobées de façon à avoir du fourrage à pâturer en automne. Du colza ou Ray grass en pur,  aux associations plus complexes, il y a l’embarras du choix ! Les brebis en lutte, gestantes et même allaitantes peuvent consommer ces couverts végétaux au cours de l’automne et de l’hiver. Ils peuvent également être récoltés mais avec un coût supérieur. Une documentation sur l’implantation et l’utilisation de dérobées sera envoyé prochainement aux éleveurs ovins.

Augmenter son stock en fourrages ensilés
La récolte des céréales immatures peut éventuellement être une solution mais qui reste à bien réfléchir compte tenu du cours des céréales annoncé pour cet hiver ! Cette alternative ne doit être mise en oeuvre que si les stocks sont au plus bas. Respecter le stade optimum de récolte.
Dans les systèmes avec du maïs ensilage, l’augmentation de la part du maïs peut s’envisager ainsi que dans les exploitations mixtes (ovins/bovins) dans la mesure où la distribution du fourrage est mécanisable. 

Nourrir les brebis en lutte
De la réussite de la lutte dépend le résultat économique de l’exploitation. Si la quantité d’herbe au pâturage est limitée,  les brebis en lutte doivent être rentrées ou complémentées pour leur assurer l’énergie nécessaire au maintien des performances. Pour une ration à base de foin à volonté, compter une complémentation de 200 à 300 g de céréales. Pour une ration à base de paille, la quantité de concentrés quotidienne s’élèvera à 700 g.

Sevrer les agneaux d’herbe précocement
Pour les agneaux âgés de plus de 90 jours, il est possible d’envisager un sevrage plus précoce. Les brebis vides présentent de faibles besoins et se satisfont d’herbe de moins bonne qualité. Les agneaux sont alors finis en bergerie en respectant une transition alimentaire s’ils ne consommaient pas  de concentré à l’herbe. L’utilisation de pulpes sèches, de luzernes déshydratées ou bien d’un aliment complet spécifique autorisera une transition plus courte.
Pour des agneaux n’ayant jamais consommé de concentrés, les quantités sont augmentées progressivement en commençant par de très faibles niveaux (100 g/jour).  Par ailleurs, les croissances des agneaux à l’herbe sous les mères ont été plutôt bonnes et les têtes de lots vont sortir plus vite que d’habitude !

Trier les réformes
Si cela n’est pas déjà fait, il est urgent de se débarrasser des brebis improductives et à problèmes !
Dans tous les cas, s’il est nécessaire d‘anticiper dès maintenant le risque de manquer de fourrages, il faut rester optimiste et compter sur des repousses d’été et d’automne. Pour économiser les stocks de fourrage, opter au maximum pour le pâturage y compris en hiver. Et pourquoi ne pas faire pâturer également les brebis allaitantes qui mettent bas en septembre et octobre. Dans les systèmes mixtes ovins/bovins, les brebis peuvent par ailleurs  passer derrière les vaches au cours de l’hiver. Pour en savoir plus, www.reconquete-ovine.fr et www.idele.fr «flambée des matières premières».

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