L'Agriculteur de l'Aisne 23 mars 2010 à 16h58 | Par Gaëtane Trichet

Il ne faut jamais baisser la garde en matière sanitaire, par Xavier Crepel, président du Groupement de défense sanitaire de l'Aisne

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- © l'agriculteur de l'aisne

Les adhérents du GDS vont se retrouver en assemblée générale jeudi 25 mars à Vervins. Quels ont été les faits marquants de cette année 2009 ?

En matière de sanitaire, il ne faut jamais lever la garde. 2009 a été une année un peu plus calme que les précédentes, encore faut-il admettre que la vaccination du sérotype 1 avec le sérotype 8 nous a évité sûrement bien des déboires.

L’année 2010 démarre sur les chapeaux de roues avec les états généraux du sanitaire qui ont pour but d’améliorer ce qui peut l’être dans le suivi du sanitaire en France. GDS France y est très impliqué et le président Marc Gayet a accepté de venir à notre assemblée générale. Nous devons lui en être reconnaissant car il a un emploi du temps bien chargé.

2009 a vu aussi l’aménagement du GDS sur la zone du Griffon où pour le milieu de l’année nous serons entourés des organisations qui touchent au sanitaire : la DSV et le laboratoire d’analyses vétérinaires.


Crise agricole, baisse du nombre d’éleveurs… quelle est la stratégie du GDS pour l’année à venir ?

Le nombre d’éleveurs diminue. Il reste aujourd’hui dans l’Aisne environ 1850 éleveurs, dont environ 200 avec moins de 10 animaux. L’érosion se fait sentir surtout chez les producteurs de lait, le département compte moins de 750 points de collecte. Il faut noter et c’est important, que le nombre de bovins reste à peu près stable. Il faut quand même intégrer cela dans notre raisonnement. Cela est vrai aussi pour les autres OPA du département. Les deux années très difficiles que nous vivons en matière de revenus sont sûrement une réponse à cette évolution. Mais nous ne baissons pas les bras.

L’avenir c’est l’installation des jeunes et nous allons leur proposer un nouveau service : faire un diagnostic sanitaire complet avant leur installation comme cela se fait en Bretagne. Cela leur permettra, nous le pensons fortement, de mieux préparer leur installation en ayant plus d’informations. Nous allons continuer à privilégier les actions préventives qui sont toujours moins coûteuses que le curatif et peuvent souvent éviter des catastrophes ! Le sanitaire ne doit jamais être négligé et encore moins dans les moments difficiles.

 

 

Nathalie Robert, de CEVA santé animale, interviendra sur la fièvre Q, une zoonose qui touche les vertébrés. Les élevages axonais sont-ils concernés ? Et quel est aujourd’hui l’état sanitaire du département ?

La fièvre Q monte un peu en puissance partout en Europe. La maladie s’est développée au sud-est de la Hollande. Quelques cas ont été mis en évidence dans le département de l’Aisne sans être alarmants. Cependant, dans un esprit préventif, notre devoir est d’informer nos adhérents pour qu’ils puissent réagir vite si besoin. Il faut aussi savoir que cette zoonose présente quelques risques pour les humains et notamment les femmes enceintes.

Concernant l’état sanitaire du département, en IBR avec la vaccination obligatoire des élevages positifs, nous pensions être couverts. Pourtant quelques élevages sont à nouveaux contaminés en 2009. Je proposerai au président de GDS France quelques mesures pour protéger les élevages indemnes. Le plan paratuberculose répond bien à la demande des éleveurs. C’est celui qui monopolise le plus de financement aujourd’hui. Mais il faut être très prudent car c’est une maladie qu’on risque d’acheter avec les animaux. Il faut donc prendre un maximum de précaution à l’achat notamment des reproducteurs. En BVD : on va commencer en 2010 à pouvoir donner des informations aux éleveurs sur la circulation du virus. Il semble que ce n’est pas catastrophique dans notre département, mais le dépistage et l’élimination des animaux IPI reste la première mesure à prendre, et elle conditionnera la marche à suivre du plan.

Attention même si cela ne nous concerne pas directement, certains départements sont à nouveau touchés par la tuberculose. Cela démontre, comme je le disais au début de mes propos, qu’en matière de sanitaire il ne faut jamais baisser la garde.

 

 

Face aux enjeux sanitaires (bien-être animal, éleveurs-infirmiers…) le rôle du GDS est-il renforcé ?

Cela m’amène à cette constatation, les enjeux sanitaires sont conditionnés par une vigilance de chaque instant. La charte de bonne pratique d’élevage est aujourd’hui fonctionnelle dans la majorité des élevages.

Les informations sur la chaîne alimentaire indiquées sur les asda sont mises en place depuis plusieurs mois. Mais il ne faut pas aller plus loin, et ne pas tomber dans le piège que nous tend la grande distribution. Toute la charte mais rien que la charte. Nous disons non à la demande de renseignements sur les événements intervenus durant la vie des animaux. Nous sommes des éleveurs compétents et responsables. C’est pour cela qu’avec le Groupement Technique Vétérinaire nous proposons aux éleveurs une formation «éleveur infirmier» pour aider les éleveurs à faire plus de prévention afin de diminuer le coût des traitements. Et là, je ferme la boucle car c’est aussi le but des états généraux du sanitaire.

 

 

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