L'Agriculteur de l'Aisne 05 juillet 2012 à 17h16 | Par Gaetane Trichet

Initiative - L’abeille fait le buzzzzz sur le canton de Sains Richaumont

Une réunion organisée le 20 juin dernier par Philippe Garin, président du syndicat cantonal USAA de Sains Richaumont, a eu lieu sur la ferme d’Eric Buysse, à Le Hérie La Vieville. Le but ? Mieux faire connaître les abeilles, faire évoluer les pratiques agricoles et communiquer sur le savoir-faire.

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- © l'agriculteur de l'aisne - GT
Etat sanitaire des ruches, attaques de parasites, nouvelles pathologies, mauvaise utilisation des produits phytosanitaires, manque de ressource alimentaire,… sont les principales raisons qui contribuent à la disparition des abeilles.
Que peuvent faire les agriculteurs pour sauvegarder ces insectes ? Utiliser des jachères mellifères bien sûr, mais aussi modifier l’heure des traitements par exemple. Benoît Lévèque et Benoît Lécuyer sont à l’origine d’un nouveau projet qui consiste à installer des ruches dans des parcelles pour mieux connaître les abeilles et aussi faire savoir au grand public l’action des agriculteurs sur l’environnement. 

Des abeilles désorientées
Eric Buysse est très impliqué dans les techniques raisonnées. «Je sais qu’il est primordial de limiter les pollutions le plus possible pour laisser une terre et des eaux saines à nos enfants. J’ai pris conscience de l’importance du respect de l’environnement, d’autant plus que je suis allergique aux produits phytosanitaires». Il y a quelques années, il s’est donc lancé dans les essais de nouvelles techniques plus propres, ce qui a débouché sur toute une réflexion environnementale dans l’exploitation. Aujourd’hui, il va encore plus loin. Il vient d’installer 3 ruches pour étudier les abeilles et leur comportement. En cela, il est aidé par Philippe Charpentier, apiculteur et formateur au rucher-école de Sains-Richaumont. «Les abeilles contribuent à la production de graines de colza à hauteur de 95 % en production de semences et 30 % en production destinés à la consommation par exemple» a-t-il expliqué. «Des empoisonnements d’insectes pollinisateurs peuvent se produire quand les produits phytopharmaceutiques sont appliqués pendant la période de floraison ou lors de la production d’exsudats car il s’agit de moments ou les butineuses sont les plus actives tant sur les plantes cultivées que sur les adventices» a expliqué Raphaëlle Ulrich, conseillère agronomie-environnement à la Chambre d’agriculture de l’Aisne. Intoxiquées par contact ou par ingestion, les abeilles sont déboussolées. Leur orientation est perturbée et leur capacité à retrouver la ruche affaiblie. Selon l’INRA, il semblerait que l’insecticide de la famille des néonicotinoïdes soit en effet responsable du déclin des populations de pollinisateurs. Cette désorientation déstabilise le développement normal de la colonie, ce qui peut la rendre vulnérable aux autres facteurs de stress. L’étude de l’INRA indique qu’une exposition des abeilles butineuses à un insecticide néonicotinoïde pourrait à terme, affecter la survie de la colonie, même à des doses bien inférieures à celles qui conduisent à la mort des individus.
C’est pourquoi les professionnels de la production végétale et du paysage doivent impérativement connaître l’écotoxicité de leurs produits avant de les appliquer en zones agricoles ou non. L’étiquette du bidon, les fiches de données de sécurité, l’index phytosanitaire de l’ACTA ou encore les sites Internet du ministère de l’agriculture et Agritox informent chaque agriculteur sur la réglementation en vigueur sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Comment favoriser l’activité des pollinisateurs ?
Raphaëlle Ulrich a détaillé les bonnes pratiques pour favoriser l’activité des insectes pollinisateurs et pour maintenir des ressources alimentaires en dehors des périodes de floraison des cultures mellifères. «Avant toute intervention au champ, pensez à consulter le bulletin de santé végétale (BSV) et à évaluer rigoureusement l’état phytosanitaire de la culture. Ne laissez jamais d’eau polluée par de substances actives chimiques autour des parcelles ou sur votre exploitation. Les abeilles s’abreuvent et collectent l’eau pour assurer le développement de la colonie. Favorisez la présence des pollinisateurs en implantant des espèces mellifères autour de vos parcelles. Les abeilles seront plutôt attirées par ce genre de couverts plutôt que les parcelles…à traiter. Participez au maintien de l‘apiculture sur votre territoire avec des cultures diversifiées et des rotations plus longues en intégrant des légumineuses ou des oléoprotéagineux dans votre assolement. Enfin, laissez des plantes messicoles s’implanter en bords de champs pour favoriser la biodiversité florale et mellifère».

Participer à la démarche de l’USAA et mettre en place des ruches sur son exploitation
Benoît Lévêque et Benoît Lécuyer ont  mis en place une démarche volontaire dans laquelle ils souhaitent le concours des agriculteurs. «Quatre niveaux d’engagement basés sur le volontariat sont possibles :
- vous prenez connaissance de la globalité du projet, vous participez à une rencontre de sensibilisation aux mesures à mettre en place pour favoriser les insectes pollinisateurs et vous signez une charge collective de bonnes pratiques, marque de votre adhésion à la démarche,
- vous implantez chez vous quelques surfaces de cultures favorables aux abeilles et autres insectes pollinisateurs : cultures mellifères, haies fleuries, arbres…
- l’idée vous séduit, mais vous n’avez pas le temps de vous en occuper vous-mêmes, alors vous pouvez accueillir quelques ruches qu’un professionnel ou amateur viendra installer chez vous,
- le projet vous tente et vous souhaitez mettre en place vos propres ruches. Le syndicat agricole vous propose une aide à la formation et un accompagnement pour assurer le bon suivi de la vie des ruches».
Benoît Lévêque et Benoît Lécuyer ajoutent : «dans tous les cas, il est important d’être accompagné pour réussir cette action. Nous nous appuierons donc sur la compétence confirmée de Philippe Charpentier, apiculteur professionnel à Marle et formateur au rucher-école de Sains-Richaumont, mais aussi sur l’expérience d’agriculteurs déjà engagés dans la démarche».
Ce projet poursuit le double objectif de sensibiliser les agriculteurs sur leurs pratiques agricoles, mais aussi de montrer au grand public leurs efforts et leur volonté de progresser. «Cette démarche sera accompagnée d’une campagne de communication. Nous vous proposerons d’apposer sur votre mur ou votre portail, un panonceau précisant votre adhésion au projet» a conclu Philippe Garin.  

Contact : Maria De Quick au 03.23.97.21.36.

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