L'Agriculteur de l'Aisne 22 février 2013 à 16h29 | Par Actuagri

Installations classées en production porcine - Vers un nouveau régime d’enregistrement

Bien qu’elles ne soient pas encore officialisées, l’un des conclusions des groupes de réflexion sur l’avenir de la filière porcine devrait porter une modification du régime des installations classées avec la création d’un régime d’enregistrement entre 450 et 2000 places de porcs charcutiers ou équivalent.

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Malgré une accalmie sur le front de l’aliment du bétail, «les producteurs de porcs continuent de souffrir» estime Jean-Michel Serres, le président de la Fédération nationale porcine (FNP). A 1,50 €/kg de carcasse, le prix à la production ne couvre pas les charges évaluées à 1,80 €/kg. Ce qui n’encourage pas les éleveurs à investir et à moderniser leurs élevages, ni même à procéder aux mises aux normes. Selon le ministère de l’Agriculture, 70 % des éleveurs seraient désormais en règle. Mais Jean-Michel Serres estime que l’état des lieux définitif ne pourra être fait que fin juin, «en raison de l’embouteillage chez les fournisseurs». Et qu’au final 90 % des éleveurs auront fait les aménagements nécessaires. Restent donc 10 % qui ont arrêté ou arrêteront l’activité dans les six mois qui viennent. Attendues fin janvier, les conclusions du groupe de travail «Ecologie et Economie de l’Elevage» créé par le ministre de ministre de l’Agriculture dans le cadre de la réflexion sur le plan stratégique pour la filière porcine devraient être rendues publiques fin mars début avril et pourraient susciter quelques espoirs. Selon Jean-Michel Serres, l’une des propositions fortes porterait sur la création d’un nouveau régime d’enregistrement pour la création d’élevage qui permettrait d’éviter l’enquête publique. Entre le régime de déclaration à 450 places de porcs charcutiers (ou équivalent) et le régime des installations classées à 2000 places qui correspond au régime européen, les éleveurs seraient soumis à un régime d’enregistrement plus souple. «Ca redonnera du moral aux éleveurs et ça leur évitera un vrai parcours du combattant» espère le président de la FNP. Encore faudrait il que les préfets «ne reclassent pas le dossier en enquête publique» et que les contenus des dossiers soient «homogènes» d’un bassin de production à un autre. Ce qui n’est pas le cas actuellement y compris dans un même département. Autre demande des éleveurs : que les associations qui entament des recours contre la création d’élevages soient obligées de déposer une caution au préalable. Ce qui éviterait souvent des tentatives abusives qui retardent considérablement la mise en production.

Origine nationale
Sur le sujet de la traçabilité, FNP aimerait que les leçons soient tirées du scandale de la viande de cheval pour aller plus loin en matière d’étiquetage des viandes porcines. Certes un accord a été signé au sein de l’interprofession en décembre 2010 sur la mention de d’origine nationale de la viande porcine et la mention VPF mais il est inégalement appliqué. Aussi la FNP revendique un accord européen en ce sens sur les viandes fraîches et les produits transformés, et non plus une identification UE/non UE comme le prévoit actuellement la Commission européenne. «Le consommateur est sensible au pays d’origine» résume Jean-Michel Serres. Interrogé sur la condamnation par l’Autorité de la concurrence de huit abatteurs bretons qui avaient mis en place des procédures d’entente pour baisser les prix à la production, la FNP estime «normal» qu’ils soient sanctionnés. Mais rappelle le président, «c’est une l’affaire qui date d’un certain temps» et précise-t-il les procédures ont été mises en œuvre au marché du porc breton pour que ce genre d’affaire ne se reproduise pas. «Ca tombe au plus mauvais moment» ajoute –t-il à cause de la mise en redressement judiciaire de l’entreprise Gad. Il n’exclut pas la fermeture de l’un des deux abattoirs de l’entreprise, regrettant au passage que des propositions concrètes et concertées en matière de restructuration des outils d’abattage n’aient pas été faites. «Chacun se regarde et attend que le plus fragile tombe» déplore-t-il. Une restructuration qu’il estime inéluctable en raison du recul de la production porcine dans le Grand Ouest et de la Bretagne en particulier depuis une dizaine d’années.

Contre le retour des farines animales
«Il est surprenant que la Commission de Bruxelles ne se rendent pas compte de l’opinion publique vis-à-vis des farines animales» estime Jean-Michel Serres qui se montre très réservé sur leur réintroduction dans l’alimentation des animaux d’élevage. Aujourd’hui les poissons, demain le porc et la volaille comme l’envisage Bruxelles. Ceci étant, le retour des protéines animales transformées en Europe ne manquera pas d’aggraver les distorsions de concurrence entre pays, entre ceux qui les utiliseraient et ceux qui continueraient à les refuser comme la France.

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