L'Agriculteur de l'Aisne 11 septembre 2012 à 16h28 | Par Actuagri

Interview de Jean-Paul Bizien, président de la SNAE de la FNSEA - «Nous voulons un calendrier sur l'amélioration des retraites»

La Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA a pris acte des engagements du président de la République en matière d'amélioration des retraites et demande que les priorités et un calendrier soient établis avec la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, pour que les promesses se concrétisent.

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Vous réunissez un conseil d'administration décentralisé dans quelques jours dans les Pyrénées Atlantiques. Quels sont les sujets que vous allez aborder ?Jean-Paul Bizien : Nous tenons tous les ans un conseil décentralisé quelque part en France. Cette année nous avons choisi les Pyrénées Atlantiques. C'est chaque année l'occasion de faire le point sur les travaux des différentes commissions de la SNAE (Retraite, Veuvage, Acteurs dans la société, Animation des sections départementales des anciens exploitants, Dépendance-APA, Transmission-Installation). Les débats et les réflexions que les différents rapports suscitent nous permettent d'élaborer notre feuille de route pour l'année qui suit.

 

Quelle est votre priorité pour cette rentrée 2012 ?

JPB : Nous avons un nouveau président de la République. A la suite de la pétition que nous lui avons adressée pendant la campagne électorale, il a promis en réponse à nos revendications des avancées intéressantes et il s'est engagé sur une enveloppe de 650 millions d'euros sur cinq ans. Aujourd'hui nous aimerions savoir quand et comment les discussions avec le ministère de tutelle vont pouvoir commencer. Je dois reconnaître que les choses ont mal démarré avec la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. Les premières propositions de rendez-vous qui nous ont été faites, le 19 juin et le 18 septembre, ont été annulées et reportées au 31 octobre à 18 heures à Paris. Nous ne pouvons accepter un tel report, à une heure aussi tardive, à la veille de la Toussaint. Quel respect pour notre organisation syndicale et pour nos défunts, à qui nous rendons hommage le 1er novembre ! Nous demandons que ce rendez-vous soit avancé.


Quelles sont les revendications que vous allez mettre en avant lors de cette rencontre ?

JPB : Nos priorités sont celles de la pétition qui a recueilli 100 000 signatures. La SNAE demande, de nouveau, aux pouvoirs publics de respecter l'engagement pris dans la loi sur la retraite complémentaire obligatoire, votée à l'unanimité en 2002, d'amener les retraites à 85 % du Smic à échéance de cinq ans. L'accès aux mesures de majorations des plus faibles retraites doit être ouvert à tous les non salariés agricoles ayant une carrière complète sans avoir à justifier de 17,5 ans d'activité non salarié. C'est une mesure d'équité avec le régime général. La SNAE demande également la suppression des minorations en cas de carrière incomplète pour ceux qui n'atteignent pas le minimum vieillesse. La faiblesse des retraites est déjà telle en agriculture qu'il paraît inconcevable de maintenir cette règle de minoration pour les non salariés n'ayant pas cotisé une carrière complète. Comme dans les autres régimes des secteurs privés, les futures retraites doivent être calculées sur les 25 meilleures années et non sur la totalité de la carrière. Enfin la SNAE demande que les conjoints et les aides familiaux puissent bénéficier de points de retraite complémentaire obligatoire au même niveau que les exploitants.

 

N'avez-vous pas le sentiment de charger la barque, alors que le Président de la République appelle les Français à l'effort et a annoncé un plan portant sur 30 milliards d'économies et de recettes fiscales supplémentaires ?

JPB : Nous connaissons parfaitement la situation de la France, son endettement et les difficultés auxquelles elle doit faire face. Nous ne demandons pas tout immédiatement. Ce que nous souhaitons en revanche, c'est établir avec Marisol Touraine, un calendrier visant à une amélioration des retraites agricoles, conformément aux engagements du président de la République. Avez-vous des demandes à faire prévaloir en matière de santé? JPB : Cela fait partie de notre pétition également. Il est prioritaire de maintenir les services de santé sur tout le territoire et pas seulement dans les villes. Il y a urgence également à avancer vers une prise en charge plus juste de la dépendance. Tout le monde est d'accord là-dessus. Il ne suffit pas de le dire, encore faut il le faire.

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