L'Agriculteur de l'Aisne 07 février 2012 à 13h46 | Par Actuagri

Interview de Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB (fédération nationale bovine) - Fièvre catarrhale ovine (FCO) : «il faut inciter à la vaccination»

Alors que la couverture vaccinale n’a couvert que 30 % du cheptel français sur la campagne 2010-2011, Jean-Pierre Fleury appelle les uns et les autres à se mobiliser pour une généralisation de la vaccination contre la FCO de façon à éviter une résurgence de la maladie et la fermeture qu’elle ne manquerait pas d’entraîner pour nos exportations.

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- La vaccination contre la FCO en France n’est plus obligatoire et peut être réalisée par les éleveurs sur leurs propres animaux. Etes-vous satisfait, en ce qui concerne la campagne en cours, du taux actuel de réalisation ?
Jean-Pierre Fleury : Effectivement, les éleveurs peuvent, pour la seconde année, réaliser par eux-mêmes la vaccination de leurs animaux qui ne sont pas destinés aux échanges. Il s’agit soit de leur cheptel de souche soit de leur cheptel de renouvellement. Nous estimons que le taux de couverture vaccinale est environ de 30% sur la campagne de prophylaxie 2010-2011 et qu’il est insuffisant pour préserver le cheptel français d’une possible résurgence de la maladie. Nous la craignons et nous considérons qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Prix du vaccin

- Quels seraient les facteurs, selon vous, qui pourraient conduire à un meilleur taux de couverture ?
JPF : Il faudrait absolument baisser le prix du vaccin ! Il est actuellement trop cher. Un vaccin cher ne se vend pas. Et comme il ne se vend pas, il demeure cher. Il faut organiser un cercle vertueux. L’absence de lisibilité pour les laboratoires leur fait augmenter les prix et les prix élevés font reculer la vaccination. Aujourd’hui, la défense des intérêts financiers à court terme passe avant la préservation de la sécurité sanitaire du cheptel français. Ce n’est pas acceptable ! Quant aux éleveurs, ils ne peuvent plus supporter l’ensemble des hausses sur les charges que leur fait supporter leur environnement économique.

- Au vu du contexte actuel, quelles mesures allez-vous préconiser pour la prochaine campagne 2012-2013, tant auprès des autorités que des organisations professionnelles ?
JPF : Il faut d’abord prendre en compte la situation d’aujourd’hui. Il faut inciter à la vaccination. Et toutes les organisations professionnelles, y compris celle des vétérinaires, ont leur rôle à jouer. Ensuite, la situation épidémiologique devra être appréciée à la fin de l’automne 2012, ce qui nous permettra de dire si cette crise sanitaire est dernière nous ou non.

- Ne serait-il pas judicieux, selon vous, de rendre cette vaccination à nouveau obligatoire, une mesure qui serait justifiée si l’on en croit les experts de l’Anses ?
JPF : Comme c’est très souvent la règle dans le domaine sanitaire, l’enjeu individuel est indissociable de l’enjeu collectif. Pour être tout à fait explicite, tout nouveau foyer dans un élevage entraînera mécaniquement la fermeture du ou des départements concernés aux exportations vers les pays tiers. Ceci contrariera ainsi la feuille de route que nous avons établie en novembre 2010 pour redonner les perspectives à l’élevage. On s’est engagé, c’est vrai, dans la responsabilisation individuelle des éleveurs qui sont des chefs d’entreprise. En cette qualité ils doivent procéder à des choix économiques dont le premier d’entre eux est de protéger leur cheptel pour préserver leur capital d’exploitation. Ici, en élevage, je le redis, la responsabilité individuelle dans le domaine sanitaire c’est aussi une responsabilité collective. J’en appelle à la vigilance de tous, pour l’intérêt de chacun d’entre nous.

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