L'Agriculteur de l'Aisne 02 juin 2015 à 08h00 | Par Actuagri

L’érosion de la production française se poursuit

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Le bilan de la production d’aliments du bétail, présenté à l’Assemblée générale du SNIA (Syndicat national des industriels de la nutrition animale), fait le constat de la poursuite de l’érosion de la production française d’aliments composés, étroitement liée aux difficultés de l’élevage. L’Assemblée générale du SNIA, Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (représentant les industriels privés, les coopératives dépendant de coop de France nutrition animale) réunie le 28 mai à Bruxelles sous la présidence d’Alain Guillaume, a dû dresser le constat de la persistance de l’érosion de la production française d’aliments composés au cours de l’exercice 2014. La production nationale d’aliments du bétail avait atteint son apogée en 2001, avec plus de 23 Mt (millions de tonnes) ; elle s’est réduite de 10 % en 13 ans pour représenter, l’an dernier, 21,2 Mt, en repli de 0,7 % par rapport à l’année précédente. Ces tonnages proviennent de 295 usines (coopératives et privées) dont la restructuration se poursuit, caractérisée par une réduction du nombre d’entreprises, dont le tonnage moyen progresse donc : + 2%. Les aliments bovins représentent, 4,63 Mt (auxquelles on peut ajouter le Mash, 878.000 t, en progression régulière) et maintiennent une légère avancée, de 0,9 %. Les 5,15 Mt d’aliments porcs conduisent à une baisse de 3,5 %, tandis que l’aliment pour volailles s’est stabilisé avec 8,68 Mt, après avoir traversée un moment difficile avec la suppression des restitutions à l’exportation. Si l’on considère les chiffres des neuf premiers mois de la campagne 2014/2015, la tendance générale baissière se poursuit avec 15,12 Mt fabriquées, soit 1 % de moins que pour la période correspondante de la précédente campagne. Durant ces 9 mois, l’aliment pour bovins qui connaissait une progression régulière depuis les années 1990 a accusé un recul de 4,4 % tandis que la régression de l’aliment porcs s’aggravait (- 2,8 %), reflet d’une crise endémique de notre élevage porcin depuis les années 2 000.

Un rôle d’amortisseur de la volatilité

Les céréales représentent quelque 46 % des matières premières utilisées par les fabricants. Pour la campagne en cours, les estimations d’utilisation de céréales par les fabricants portent sur 9,9 Mt, dont 9,2 pour les trois grandes céréales, contre 11,4 en 2001/2002. Elles ont connu, ces dernières années, des prix d’une extrême volatilité. A la fois fournisseur de l’élevage et débouché pour les productions végétales, l’industrie de la nutrition animale doit jouer le rôle d’amortisseur pour éviter une exposition des éleveurs aux fluctuations parfois brutales des cours des matières premières. Le pari est assez bien tenu si l’on considère les évolutions respectives du coût des matières premières ces dernières années et ceux du prix de l’aliment. Deuxième en Europe derrière l’Allemagne dans l’Union Européenne, la production française a perdu sa première place depuis 2010, au profit de l’Allemagne qui se maintient autour de 23,5 Mt et devant l’Espagne, à 20 Mt. Mais pour l’ensemble de l’U.E, la baisse des fabrications en 2014 est de 0,7 %, chiffre comparable à celui de la France. Si notre production nationale est présente dans toutes les régions, elle est particulièrement concentrée dans les régions à forte densité d’élevage. La Bretagne, avec 8,1 Mt et les Pays de Loire, 3,85 Mt dominent donc largement ce secteur économique. La production mondiale est estimée à 980 Mt, en hausse de 2 %, la production asiatique représentant à elle seule, 350 Mt.

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