L'Agriculteur de l'Aisne 10 avril 2017 à 08h00 | Par Actuagri

La crise a modifié le paysage laitier mondial

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La Nouvelle-Zélande est moins compétitive à l’export avec des producteurs très endettés. Les éleveurs français sont mieux armés pour négocier leurs contrats. «Une production laitière française en mouvement» est l’intitulé de la conférence Grand lait organisée mardi 4 avril par l’institut de l’élevage (Idele). Pendant les deux années et demie de crise, les éleveurs français ont obtenu davantage de moyens pour s’organiser commercialement. Et ils n’ont plus à redouter, comme par le passé, la concurrence néozélandaise. La capacité de résistance des producteurs néozélandais a été mise à dure épreuve : les coûts de production de leurs élevages, supérieurs de 40 % à leur niveau dix années auparavant, les rendent plus vulnérables au moindre retournement de conjoncture. Le point mort oscille dorénavant autour de 500 dollars néozélandais pour mille litres, contre 300 dollars à la fin des années 2000. Plus des trois quarts des exploitations ont des trésoreries négatives et leurs encours de prêts s’élèvent à 3,5 millions de dollars en moyenne. La hausse des prix du lait était donc très attendue. Mais le redressement des comptes des exploitations est contraint par de nouvelles exigences environnementales et par une réévaluation du dollar néozélandais, renchérissant à l’export les produits laitiers commercialisés (95 % de la production totale de lait). Depuis quelques mois, le prix du lait payé aux éleveurs équivaut, en euro, à celui payé en France. Enfin, l’intensification de l’élevage (jusqu’à 3,2 vaches par hectare) atteint des seuils critiques. Le potentiel de progression à venir de la production néozélandaise de lait est limité. Celle-ci plafonnera à 24 millions de tonnes (Mt) d’ici 2025 après avoir doublé au cours des dix dernières années.

Opportunité chinoise

Parallèlement, la consommation chinoise de produits laitiers retrouve des couleurs. Selon Jean Marc Chaumet de l’Idele, elle devrait augmenter de 28 % d’ici 2025 et atteindre plus de 60 Mt de lait. Mais les Chinois boudent les produits locaux chers et de qualité douteuse. Ils préfèrent les produits importés. La production nationale restera structurellement déficitaire avec des importations qui atteindront 18 Mt par an d’ici 2025 mais elles seront de plus en plus sous le contrôle d’entreprises chinoises qui disposeront à l’étranger de leurs propres unités de transformation.L’élevage français relève la têteEn France, les éleveurs abordent le redressement de la conjoncture mieux organisés dans le secteur privé. Les 51 organisations professionnelles dénombrées par l’Idele offrent un cadre plus favorable à la négociation commerciale. La loi Sapin 2 rénovera la contractualisation en contribuant à mieux répartir la valeur ajoutée dans la chaine alimentaire et en renforçant le poids des producteurs dans la négociation. Cette loi prévoit aussi un accord cadre obligatoire entre OP et acheteur, une meilleure répartition des risques, et l’intégration des coûts de production entre autres. Certaines initiatives expérimentent la contractualisation tripartite qui associe producteurs, transformateurs et distributeurs. Elle répond à des attentes sociétales de plus en plus exigeantes : mieux rémunérer l’éleveur et garantir un lait produit selon un cahier des charges bien défini. Une analyse du contenu des contrats laitiers en circulation révèle que 68 % de la collecte est fortement pénalisée par les transformateurs pour dépassement, qu’ils pratiquent ou pas une référence saisonnalisée (en tête Lactalis et Danone).

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