L'Agriculteur de l'Aisne 08 juillet 2010 à 14h58 | Par Gaëtane Trichet - Maria De Quick

La crise continue en production porcine

La production porcine est toujours en crise. C’est ce qui est ressorti de l’assemblée générale de la SCICA le Porc de l’Aisne qui a eu lieu jeudi 24 juin dernier à Fontaine-les-Vervins.

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«Depuis 2007, la production porcine vit une période de crise historique» a souligné Guy Dessailly, président de la SCICA le Porc de l’Aisne. «Le début de l’année nous amène à une baisse d’environ de 4 euros par porc d’aliment. Par contre, le cadran indique une baisse de 3 euros par porc. La situation est donc quasiment identique». Le président s’interroge : «la production porcine n’arrive pas à sortir de la crise dans laquelle elle est ancrée depuis 3 ans. Les éleveurs peuvent-ils pendant cette durée, vivre sans rémunération avec des dettes fournisseurs et bancaires qui ne cessent d’augmenter ? Est-il normal que nos abattoirs régionaux travaillent en sous capacité alors que près d’un tiers des porcs produits dans la région sont exportés et abattus en Belgique, Pays-Bas et Allemagne ? Et que certains abattoirs bretons mettent la pression sur les prix du cadran pour les faire baisser dans le but d’être plus compétitifs !». Guy Dessailly est revenu sur la mise aux normes des bâtiments d’élevage et l’ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement) dont les coûts sont élevés et vont terriblement peser sur des trésoreries déjà fragilisées. Le président s’est voulu cependant rassurant. Il estime qu’il ne faut pas perdre confiance et que la production porcine a déjà connu des crises, certes moins importantes mais «le porc a son avenir dans une région comme la nôtre, riche en céréales et en surfaces d’épandage». L’activité de la coopérative L’activité de la SCICA a légèrement baissé en passant de 206 874 animaux à 197 159 en 2009. La SCICA a commercialisé plus de 46 500 porcs des élevages provenant de Bono, Prisches, Malin et Eurotruie. La production des adhérents, éleveurs indépendants et l’approvisionnement par d’autres groupes représente 102 708. «La production de nos adhérents a augmenté de 4 %. Cette hausse du nombre de porcs total se justifie par le fait que nous avons acheté des porcs à d’autres groupements pour fournir Pig Aisne notre abattoir et atelier de découpe, afin de sécuriser les approvisionnements». Cet abattoir représente 60 % des débouchés de la SCICA, le reste se répartissant à 20 % à Lapalisse et 20 % auprès des débouchés locaux. «Pour vous éleveurs, le rendement carcasse est nettement meilleur à Pig Aisne que dans les autres abattoirs grâce à la proximité» expliquait le président. Hubert Boidin, nouveau directeur de la SCICA Le Porc de l’Aisne, est revenu sur les différents outils de production et de transformation du porc comme Eurotruie où la SCICA détient 27,21 % du capital social. Cet élevage tourne bien sur le plan technique. Sur le plan financier, la société équilibre presque ses comptes puisque les porcelets sont vendus au prix de revient. Du côté de Gem Viandes, l’activité fonctionne très bien. Enfin Pig Aisne a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 12 millions d’euros en augmentation de 10 %. «Nous avons abattu 161 593 porcs charcutiers contre 144 706 en 2008. Nous abattons 50 % de porcs à façon, 15 % à l’exportation, 10 % en découpe et 25 % des porcs sont vendus par Pig Aisne aux chevillards locaux. L’activité est toujours en progression et nous avons besoin de plus en plus de porcs pour approvisionner l’abattoir. De nouveaux débouchés s’ouvrent à nous sur Rungis». Construire à l’avenir 2013 approche et les producteurs de porcs vont devoir effectuer les mises aux normes. «Certains éleveurs pourront les réaliser avec des agrandissements de leur élevage, mais d’autres risquent d’arrêter la partie naissage qui sera transformée en engraissement » regrettait Guy Dessailly. «Nous allons donc devoir réfléchir avec les acteurs avec les éleveurs et les partenaires de la filière à la création de sites de naissage». Didier Delzescaux, directeur d’Inaporc, est intervenu sur l’avenir de la production porcine dans le contexte européen et mondial. «L’offre reste soutenue sur le marché mondial tout comme en Europe. Et pourtant, certains pays augmentent leurs effectifs comme par exemple les nouveaux Etats membres. L’équilibre des marchés est forcément difficile à trouver et les cours en subissent les conséquences à la baisse». L’Allemagne est très dynamique sur le marché. Dans les abattoirs, les tarifs de la main-d’oeuvre sont très concurrentiels, et ils bénéficient d’un système de TVA avantageux… ce qui entraîne une destructuration de l’organisation du marché notamment dans le nord de l’Europe (Danemark, Hollande…). Didier Delzescaux a fait le point sur la consommation où «comparativement à l'ensemble des viandes, le porc tire son épingle du jeu». De réelles perspectives avec une parité euro/dollar rend de la compétitivité aux élevages européens. Le directeur de l’Inaporc estime comme le président Dessailly, que la production porcine de la région possède des atouts. Ce qu'il faut pour les éleveurs c'est «un bol d'oxygène en matière réglementaire». Il a fait un point sur le marché de la viande porcine qui est un marché de pièces et non de carcasses. «Nous sommes toujours déficitaires en poitrine et jambon mais excédentaire en longe et épaule». L'interprofession porcine adopte sa «stratégie de compétitivité» d'ici 2015 Après six mois de réflexion, les différentes familles de l'interprofession sont parvenues à dresser un plan d'actions intitulé Projet stratégique Filière Porcine française 2015. Elles envisagent de lutter collectivement contre les distorsions de concurrence sur le plan européen, assurer un haut statut sanitaire, et encourager la contribution aux enjeux énergétiques. Elles souhaitent aussi restaurer la valeur ajoutée et soutenir les filières régionales. Le renforcement de la marque VPF et l'amélioration de l'image de la filière sont aussi au programme. Enfin, elles souhaitent focaliser l'effort de recherche et développement et maîtriser l'impact environnemental de la filière.

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