L'Agriculteur de l'Aisne 13 mai 2011 à 09h50 | Par Véronique Bargain

La cueillette : frais, juste et local

Profitant de l’engouement des consommateurs pour les produits frais et locaux, de plus en plus d’agriculteurs ouvrent leurs vergers et potagers aux consommateurs.

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- © Réussir - l'agriculteur de l'aisne

Visite à la Cueillette de Mareuil, en Vendée. Les premières tulipes sont en fleurs. Un peu plus tard il y aura les radis, salades, épinards et autres primeurs… Puis les fraises en mai, les cerises en juin, les légumes ratatouille, haricots verts, poireaux, framboises, prunes, pêches, pommes et poires… Aux Vergers de Vendée, à Bessay, près de Mareuil-sur-Lay, la Cueillette de Mareuil s’apprête à recevoir ses premiers visiteurs. Des visiteurs qui cueilleront eux-mêmes les fleurs, fruits et légumes qu’ils achèteront. «À l’origine, nous sommes producteurs de pommes, avec vente en gros à l’export et en France" explique Jean-Charles Gazeau, associé des Vergers de Vendée avec ses frères Stéphane, Vincent et Olivier. Il y a sept ans, pour se rapprocher des consommateurs et retrouver de la valeur ajoutée, "nous avons commencé à développer la vente directe en magasin, à la ferme et dans des villes voisines, et en libre cueillette. L’idée avec la libre cueillette était de supprimer les frais de récolte qui en pomme représentent 30 % du coût de production et de montrer que des fruits et légumes, ça ne pousse pas tout seul, qu’il faut un savoir-faire. Et cela en proposant des produits locaux, de qualité et à des prix attractifs».
Pendant sept ans, la libre cueillette se cantonne aux pommes, cerises, fraises, prunes et pêches. Sur 70 ha exploités par l’entreprise, quelques hectares sont consacrés à la libre cueillette. «La libre cueillette nécessite un verger spécialisé, insiste Jean-Charles, des arbres pas trop hauts, des entre-rangs larges, des rangs pas trop longs… Et surtout de nombreuses variétés, de différentes saveurs et utilisations et qui couvrent une large période de récolte». En cerises, la cueillette s’étale de fin mai à mi juillet. En pommes, 15 variétés permettent la récolte de fin août à fin octobre. Les cueilleurs viennent de La Roche-sur-Yon, Luçon, Les Sables d’Olonne, Challans ou des communes voisines. «La semaine, il y a beaucoup de retraités, qui font des stocks, des confitures. Et le week-end, il y a des familles avec enfants qui viennent pour la balade, le plaisir de la récolte. Tous recherchent des produits frais et de qualité et une certaine authenticité».

Bien s’organiser
En 2010, les quatre frères décident d’aller plus loin en proposant aussi des légumes. «Pour intéresser les gens tout l’été, il fallait proposer plus de produits, notamment les légumes ratatouille, des fleurs, d’autres petits fruits. Mais ça devenait plus compliqué au plan technique et organisation. Nous avons donc décidé d’adhérer au GIE Chapeau de Paille qui regroupe des producteurs ayant une expérience de la libre cueillette, avec une dynamique de groupe intéressante». Selon le cahier des charges Chapeau de Paille, une cueillette doit en effet proposer au moins 40-50 produits disponibles chaque jour sur une large période. La planification des cultures est donc essentielle. «Nous avons recruté un chef de culture expérimenté. Et avec le GIE, nous bénéficions de l’expérience de ses membres et de documents incluant des plannings par espèce, les quantités à prévoir selon la fréquentation…»
L’accueil du public implique aussi l’existence d’un parking, un espace de vente, un fléchage et une organisation de l’espace réfléchie, pour pouvoir continuer les travaux de culture en parallèle à l’accueil du public, faire des rotations… Les cueilleurs n’étant pas toujours disciplinés, il est aussi nécessaire de matérialiser les parcelles fermées (banderoles…) pour que la cueillette ne se fasse que sur les parcelles à maturité. «Cette année, il y aura 7 ha de cueillette, précise Jean-Charles. Nous allons délimiter un parking, installer un chalet pour la vente, créer un jardin suspendu pour les fraises, semer des bandes fleuries mellifères pour attirer les auxiliaires et pour l’esthétique… Et pour toucher les consommateurs de Fontenay-le-Comte et Niort, un nouveau site de libre cueillette va être implanté à St-Hilaire des Loges».

Jean-Claude Gazeau
Jean-Claude Gazeau - © Réussir - l'agriculteur de l'aisne

Un concept qui se développe

La libre cueillette naît en Angleterre dans les années 70. En France, elle commence à se développer dans les années 80, d’abord sur un ou deux produits (pommes, fraises…) puis sur une gamme plus large. Aujourd’hui, on trouve des cueillettes multi-produits dans de nombreuses agglomérations, avec souvent
en complément la vente de produits déjà récoltés. Chapeau de Paille est le seul réseau organisé de cueillettes et représente environ un quart des cueillettes multi-produits.
«La libre cueillette est un mode de vente parmi d’autres», souligne Philippe Marguery, directeur du GIE Chapeau de Paille. «Leur nombre et leur taille doivent être adaptés au bassin de consommation».
Au-delà, de nombreux producteurs proposent la libre cueillette des fruits ou légumes
qu’ils produisent (pommes-poires, fraises, petits fruits…) en complément ou en remplacement des modes de vente habituels, pour supprimer les frais de récolte et parfois pallier la difficulté à recruter du personnel.

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