L'Agriculteur de l'Aisne 30 juillet 2010 à 13h56 | Par Gérald Le Page

La protection intégrée pour produire des légumes avec moins de phytos

Bonduelle, les organisations de producteurs, les Chambres d’agriculture et leurs partenaires s’investissent dans un programme pilote de protection intégrée en légumes industriels.

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Le 5 juillet dernier sur la ferme de Bonneuil à Esmery-Hallon dans la Somme, Bonduelle a présenté officiellement le programme de recherche agronomique visant à développer la méthode dite de "protection intégrée" en culture de légumes de plein champ. L’événement avait une dimension quelque peu nationale puisqu’il s’est déroulé en présence de Jean-Marc Bournigal, directeur général des politiques agricoles agroalimentaires et des territoires au ministère de l’Agriculture.
La ferme de Bonneuil est l’une des huit exploitations pilotes (quatre dans la Somme, trois dans l’Aisne et une dans l’Oise) sur lesquelles ce programme, destiné à réduire significativement l’usage des produits phytos, sera conduit sur cinq ans (voir ci-dessous). "Après notre charte d’approvisionnement lancée en 1997 et qui en est déjà à sa quatrième version, nous allons aujourd’hui plus loin en lançant ce programme", a expliqué Christophe Bonduelle, Pdg du groupe Bonduelle. "Pourquoi ne pas faire tout simplement du bio ?" a-t-il fait remarquer. "Parce que la vocation d’une industrie agroalimentaire comme la nôtre est de rendre accessible à tous, et non pas à une minorité, un légume parfaitement sain. Et pour cela, il faut concilier le rendement et l’utilisation a minima des produits de traitement".

Dix ans de travaux en Picardie

Ce n’est pas un hasard si la Picardie est au cœur de ce programme. "Cela fait une dizaine d’années que les Chambres d’agriculture de la région travaillent en partenariat avec Agro-Transfert (*) sur des méthodes alternatives au tout phyto. Ce travail s’est concrétisé par la mise au point de la "protection intégrée", une voie intermédiaire entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique, testée et vulgarisée sur les céréales", a rappelé Daniel Roguet, président de la Chambre d’agriculture de la Somme. Il a aussi insisté sur la double ambition de la démarche : "réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, mais aussi et surtout en préservant la qualité et la compétitivité de la production".
Pour Bonduelle et comme pour les organisations de producteurs les enjeux sont les mêmes. "Nous cherchons à sécuriser le revenu de l’agriculteur, mais nous voulons aussi participer à la compétitivité de l’industriel sur un marché très concurrentiel", a commenté Eric Legras, président de l’OP L Vert, organisation qui rassemble près de mille producteurs et livre dix neuf légumes à Bonduelle. Aujourd’hui, la "brutalité" du Grenelle de l’environnement, la suppression d’un grand nombre de matières actives, le désintérêt des grands de la phytopharmacie pour les légumes au regard des faibles surfaces concernées, risque de remettre en cause ces productions. "Maintenir un champ de légumes propre relève à présent de l’exploit", a lancé Eric Legras. "C’est pour cela que nous avons voulu réagir avec l’industriel en lançant ce programme de recherche sur la protection intégrée".

Environnement : préserver la compétitivité
Si les producteurs sont prêts à s’impliquer, "toute mesure environnementale entraîne des surcoûts et notre compétitivité trinque", a prévenu le président de l’OP L Vert. "Nous avons certes des progrès à faire sur le plan environnemental, mais n’ajoutez pas de nouvelles mesures, la barque est pleine", a-t-il lancé à l’adresse du représentant du ministère.  
Message reçu par Jean-Marc Bournigal qui a plaidé pour une juste mesure entre mettre de la pression pour que les choses avancent en agriculture, mais sans trop pour ne pas étouffer les agriculteurs. Réduire de moitié l’utilisation des produits phytos en dix ans… si possible. Et de conclure, "des contraintes certes, mais dans un cadre économique viable".


(*) Agro-Transfert est une association régionale qui travaille à l’interface entre la recherche et le développement agricole.

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