L'Agriculteur de l'Aisne 14 septembre 2017 à 08h00 | Par Actuagri

La qualité pour doper l’export

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La France devrait reprendre sa place sur la scène internationale dans un contexte de concurrence accrue sur le marché mondial, notamment de la part des pays de la mer Noire. FranceAgriMer et l’institut Arvalis réalisent chaque année une enquête sur la qualité de la récolte française de blé qui sert de référence à tous les acteurs de la filière, en France comme à l'étranger. Les résultats définitifs de la moisson 2017 ont été présentés le 13 septembre à l’issue du Conseil spécialisé céréales de l’organisme public. Verdict : la production française de blé tendre et de blé dur est cette année très «qualitative», selon le qualificatif employé par Jean-Paul Bordes, directeur R&D d’Arvalis. Ainsi, la teneur en protéines des blés tendres est très satisfaisante. 91 % des volumes collectés ont un taux supérieur à 11,5 %. La moyenne nationale s’établit à 12,3 %. La variabilité dans l’intensité et la fréquence des pluies survenues en fin de cycle ont généré de l’hétérogénéité sur les poids spécifiques (PS). Toutefois, près de 75 % des blés ont un PS supérieur à 76 kg/hl, avec une moyenne qui s’affiche à 77,2 kg/hl. Concernant les temps de chute de Hagberg, la majorité des blés seront en mesure de répondre au cahier des charges des acheteurs avec 85 % des volumes au-delà des 240 secondes.

44 % des blés tendres classés en premium

Sur le plan de la qualité technologique, la force boulangère atteint 196 de moyenne. Les pâtes présentent des critères P(pression)/L(extensibilité) moyens de l’ordre de 0,7 et 95 % des blés sont inférieurs à 1. Enfin, souligne Jean-Paul Bordes, «la qualité boulangère devrait répondre à la majorité des utilisations en panification, avec notamment de très bons résultats de note de pâte et de pain». En termes de classification, 44 % des volumes collectés sont classés «premium», c’est-à-dire avec un taux de protéines supérieur ou égal à 11,5 %, un poids spécifique supérieur ou égal à 77 kg/hl, une force boulangère (W) supérieure ou égale à 170 et un indice de chute de Hagberg supérieur ou égal à 240 secondes. Pour le blé dur, la qualité est aussi au rendez-vous. Les grains sont quasi indemnes de mouchetures. La teneur en protéines s’établit en moyenne à 14,8 %. Seul bémol : les temps de chute de Hagberg des blés récoltés après les fortes pluies de juillet ont été dégradés dans les bassins Ouest-Océan et Centre.

Récolte record en Russie

Ces bons résultats qualitatifs devraient être à mêmes de rassurer les opérateurs français, et ce dans un contexte de concurrence accrue avec les origines de la mer Noire. Première indication, au 1er septembre, le cumul des embarquements vers les pays tiers depuis les ports français atteignait 1,19 million de tonnes (Mt), soit le même niveau qu’il y a un an mais en baisse de 18 % par rapport à 2015 à la même date. Les achats algériens restaient prédominants (71 % du total). Malgré ce départ poussif, la France pourrait exporter en un an vers les pays tiers 10,2 Mt de blé tendre contre 4,97 Mt en 2016/17. FranceAgriMer prévoit également des exportations françaises vers l’Union européenne en hausse de 25 % à 7,85 Mt et une utilisation moins importante par les fabricants d’aliments du bétail (5,3 Mt contre 5,4 Mt). L’organisme public table enfin sur une diminution des importations (350 000 t contre 912 000 t en 2016/17). Au final, le stock de report présent sur le marché est prévu en fin de campagne à 3,4 Mt, soit plus que la moyenne quinquennale (2,9 Mt).

L’Arabie Saoudite, premier acheteur d’orge française

Après deux mois de campagne, les exportations d’orge vers les pays tiers étaient largement en retrait par rapport à l’an passé (245 439 t contre 551 858 000 t) du fait de la chute des volumes embarqués vers la Chine. L’Arabie Saoudite est en tête des destinations et fait mieux que l’an passé à la même date (190 637 t achetés contre 59 233 t). En fin de campagne, la France devrait toutefois exporter vers les pays tiers 3,5 Mt d’orges contre 2,4 Mt en 2016/2017. Les exportations vers nos voisins de l’UE sont également estimées en hausse (+12,6 % à 3,275 Mt). En revanche, les prévisions d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail sont plus pessimistes : 1,3 Mt contre 1,6 Mt (- 300 000 t). On s’orienterait vers un stock de report présent sur le marché de 1,049 Mt, en dessous de la moyenne quinquennale (1,18 Mt). Concernant le maïs, les prévisions de FranceAgriMer laissent entrevoir un stock de report de 2,5 Mt, sensiblement au niveau moyen des cinq dernières campagnes (2,45 Mt). L’utilisation dans l’alimentation animale pourrait progresser en un an (+ 13,9 % à 2,6 Mt). Les livraisons vers l’UE sont attendues en hausse de 74 000 t par rapport 2016/2017 à 4,2 Mt alors que les exportations vers les pays tiers diminueraient de 45 000 t à 150 000 t. Pour le blé dur, FranceAgriMer affiche un stock prévisionnel de 255 000 t (+ 71 000 t par rapport à la moyenne quinquennale). Les exportations sont prévues en hausse : + 8 % à destination de nos voisins européens à 900 000 t et + 91,8 % vers les pays tiers à 400 000 t.

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