L'Agriculteur de l'Aisne 14 avril 2011 à 10h53 | Par Thierry Michel

La surveillance de l’état des terres va devenir cruciale

L’état des sols agricoles en France présente un bilan sain mais les signaux de risques potentiels de dégradation sont bien présents.

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Bon, mais sans plus : ceci pourrait résumer, de façon très globale, l’état des sols agricoles en France à la sortie de l’hiver et en ce début de printemps. Pour le dire autrement, on se trouve un peu à la croisée des chemins : «On est encore dans une période de potentielles pertes de pieds mais avec le développement des cultures en avril, c’est l’élaboration des rendements» qui va commencer à se dessiner schématise Cédric Weber, responsable du service Analyse de marchés chez Offre & Demande Agricole.
L’hiver n’a pas permis de reconstituer les réserves en eau. Il manque de l’eau mais ça n’est pas forcément directement lié aux conditions climatiques de l’hiver qui vient de s’achever. Les déficits et les manques existaient pour la plupart avant. Simplement, la période hivernale qui s’achève n’a pas arrangé la situation. «Globalement, nous pouvons remarquer un manque de précipitations marqué en France par rapport à la normale entre décembre et février 2011 inclus. Dans la partie Nord de la France, nous sommes entre 75 et 100 % de la normale. Dans le Sud, le manque de précipitation est plus marqué, le cumul de décembre à février est entre 50 et 75 % par rapport à la normale. Les conditions climatiques en mars ont été relativement sèches avec des températures normales. Ainsi, la situation hydrique de la France n’a pas dû s’améliorer» complète Cédric Weber.

Hiver météorologique
Météo France, qui vient de publier son bilan décembre-janvier-février 2010-2011, conclut au fait que l’hiver «météorologique» en France métropolitaine s’est révélé «plutôt frais, avec une pluviométrie sensiblement déficitaire et un ensoleillement variable. Les températures moyennes mensuelles ont été très basses en décembre avec une anomalie de -3 °C par rapport à la normale (moyenne de référence 1971-2000). En janvier, elles ont été très légèrement au-dessus de la normale (+0,3 °C). La douceur a été plus marquée en février avec une température moyenne de 1,2 °C au-dessus de la normale. Sur l’ensemble de l’hiver, la température moyenne sur la France demeure inférieure à la normale avec une anomalie de -0,6 °C».
La pluviométrie observée au cours de cet hiver s’est montrée déficitaire sur la plus grande partie du pays, particulièrement des Pyrénées à l’Auvergne et au nord des Alpes avec des cumuls parfois inférieurs à la moitié de la normale, ainsi que de la Bretagne au Nord. A l’inverse, les précipitations ont été supérieures à la normale sur les Cévennes, en Champagne, en Alsace et sur la Côte d’Azur.

Facteurs de risques
L’ensoleillement a présenté un déficit sur un large quart nord-est et sur l’extrême sud-est. Les durées d’insolation ont été plus proches de la moyenne (moyenne de référence 1991-2000) ailleurs, avec un léger excédent de l’Aquitaine au Massif central. Donc pour le moment, l’état des cultures dans les campagnes est bon et sain, il n’existe pas d’inquiétudes particulières. Il n’a pas été détecté non plus de maladie particulière.
Mais il existe quand même un facteur de risque important, lié au manque d’eau évoqué auparavant. Et à partir de maintenant, si, «dans les quinze jours à trois semaines, il ne pleut pas, les assimilations des apports notamment pourraient mal se faire». Autre risque potentiel, les petites gelées que connaissent certaines zones du pays actuellement : si elles restent cantonnées au niveau d’aujourd’hui, il n’existe pas de souci particulier. En revanche, si les températures devaient atteindre des - 5 °C ou - 6 °C vers la mi-avril, ceci pourrait être préjudiciable pour la fécondation des cellules.
Le manque d’insolation hivernale, qui n’a pas grande influence jusqu’à ce jour, pourrait aussi se remarquer à partir de la mi-avril si la situation n’évolue pas favorablement.

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