L'Agriculteur de l'Aisne 04 janvier 2011 à 15h43 | Par Actuagri

Lait et fruits et légumes - La contractualisation devient obligatoire

Deux décrets publiés au journal officiel rendent obligatoires l’établissement de contrats dans le secteur des fruits et légumes à partir du 1er mars 2011 et dans celui produits laitiers au 1er avril prochain.

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La loi de modernisation agricole de juillet 2010 impose aux producteurs et aux acheteurs de s’engager dans des contrats. Sans attendre la mise en place de contrats-type interprofessionnels et comme il s’y était engagé, le ministre de l’Agriculture a publié deux décrets publiés au journal officiel du 31 décembre 2010 rendant obligatoire l’établissement de contrats écrits pour les secteurs du lait et des fruits et légumes frais. «La formalisation écrite des relations commerciales entre producteurs et leurs premiers acheteurs devient la règle. Elle a pour objectif de protéger les agriculteurs en leur donnant de la visibilité sur leurs débouchés sur de longues périodes (…) mais également en donnant de la visibilité aux transformateurs et aux distributeurs sur leurs approvisionnement» précise le ministère de l’Agriculture. Le nouveau dispositif devra s’appliquer à partir 1er mars 2011 pour les fruits et légumes et au 1er avril pour le lait.
Selon les décrets, les acheteurs devront proposer des contrats aux producteurs sous peine d’amende. Ceux-ci doivent comporter des clauses obligatoires telles que leur durée, au moins trois ans pour les fruits et légumes et cinq ans pour le lait, des engagements de volumes et les caractéristiques des produits à livrer ainsi que les modalités de collecte ou de livraison.

Modalités de fixation des prix
Pas question de fixer les prix dans les contrats. Mais ceux-ci doivent préciser les modalités à partir desquelles ils sont établis. Pour le lait par exemple, «le contrat doit fixer les critères et les références pris en compte» et doit prévoir «les modalités selon lesquelles le producteur est informé, avant le début de chaque mois, du prix de base qui sera appliqué pour les livraisons du mois considéré». Doivent être également inclus dans les contrats les modalités de facturation et de paiement ainsi que les conditions de révision des contrats et les préavis de rupture.
En l’absence de mention relative aux conditions de renouvellement prévue par le contrat, celui-ci sera renouvelé par tacite reconduction pour une durée équivalente à celle pour laquelle il a été conclu.
Comme le prévoit la loi de modernisation agricole, si les interprofessions reconnues mettent en place des contrats-types, les accords interprofessionnels étendus se substitueront aux modalités définis par décret.
Enfin et pour protéger les producteurs, la loi prévoit également la mise en place d’un médiateur des contrats chargés d’intervenir en cas de litiges. Un décret prévu en ce sens devrait être publié dans les prochaines semaines.

FNPL : Remettre l’interprofession au centre du jeu
«Le décret du ministre de l’Agriculture est sans surprise. Il comporte tous les chapitres de ce que l’on attend des contrats. Mais cela va un peu trop vite» estime la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Ce que la FNPL déplore à ce stade c’est l’absence d’organisations collectives susceptibles de négocier les contrats avec les entreprises. Ou du moins si elles existent, elles sont encore embryonnaires. D’ailleurs si elles étaient présentes, elles ne pourraient le faire, à cause du droit de la concurrence européen qui empêche des organisations de producteurs de négocier collectivement. Certes le mini-paquet lait proposé par le Commissaire européen, Dacian Ciolos, en décembre dernier, prévoit des dérogations au droit de la concurrence. Mais compte tenu des va-et-vient entre le Parlement européen le Conseil des ministres, «les évolutions n’interviendront au mieux qu’au 1er juillet prochain» prédit Gilles Psalmon, le directeur de la FNPL.
En attendant, la FNPL va veiller à ce que les contrats proposés par les entreprises ne soient pas léonins et que les engagements réciproques des entreprises et des producteurs soient équilibrés. Mais l’objectif final bien entendu est de remettre l’interprofession laitière au centre jeu. Et qu’elle puisse proposer un cadre, des contrats types voire du code de bonne conduite assez rapidement. «C’est dans l’intérêt des producteurs comme des entreprises» estime Gilles Psalmon.

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