L'Agriculteur de l'Aisne 09 août 2010 à 11h10 | Par G. Trichet

Lait - Les producteurs n’acceptent pas la remise en question du prix du lait par certains industriels

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Lors de la conférence de presse, Henri-Noël Lampaert et Stéphane Demeestere ont expliqué pourquoi les éleveurs ne sont pas contents
Lors de la conférence de presse, Henri-Noël Lampaert et Stéphane Demeestere ont expliqué pourquoi les éleveurs ne sont pas contents - © l'agriculteur de l'Aisne

«Selon l’accord du 3 juin 2009, les producteurs de lait devaient bénéficier d’une hausse du prix de 10 % au 1er juillet, autrement dit passer de 31 euros les 1000 litres à 34,1 euros les 1000 litres. Certains industriels ne veulent pas appliquer cette augmentation» a expliqué Henri-Noël Lampaert, président des producteurs de lait de l’Aisne, lors d’une conférence de presse le 29 juillet dernier. Accompagné de Stéphane Demeestere, éleveur, Olivier Dauger, président de l’Union des syndicats agricoles et Georges Ferté, président de Jeunes agriculteurs de l’Aisne, Henri-Noël Lampaert a rappelé les différents engagements auxquels devaient se tenir les  industriels. «Malgré de nombreuses réunions et des propositions d’ouverture de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait (FNPL), les industriels privés (FNIL) refusent d’appliquer cette hausse, hormis Danone le seul à respecter ses engagement. Ils souhaitent lier le prix français à celui des Allemands en oubliant que les règles de gestion des volumes et la valorisation du lait sont complètement différentes» a annoncé le président rappelant toutefois que la FNCL (Fédération Nationale des Coopératives Laitières) semblait plus proche des positions de la FNPL, notamment en termes d’organisation de la filière. «Néanmoins, certaines coopératives semblent aujourd’hui prêtes à suivre la position de la FNIL sur les prix du troisième trimestre».

Gagner de l’argent sur le dos des éleveurs
Pour les responsables syndicaux, c’est clair : «le rapprochement des prix français et allemands apparaît comme un nouvel alibi des transformateurs pour récupérer quelques euros au détriment des producteurs. Au vu des excellents résultats 2009 de grandes entreprises laitières, cela est inadmissible surtout lorsque l’on connaît la situation de crise actuelle des éleveurs. Comme toujours pour les transformateurs, les baisses doivent être totalement répercutées sur les prix d’achat du lait mais pas les hausses» s’insurge Henri-Noël Lampaert.
Le bras de fer actuel concerne non seulement le prix du lait mais aussi l’avenir de toute la filière et son organisation pour l’après quota. «La loi de modernisation agricole récemment votée permettra de renforcer notre poids dans les négociations interprofessionnelles et cela les industriels le craignent. Cela doit donc renforcer notre volonté de travailler dans les mois à venir sur l’organisation économique des producteurs pour nous permettre de peser plus fort sur les négociations».
A l’heure où la contractualisation est au coeur des débats, il semble difficile pour les producteurs de lait de s’engager à fournir un certain volume alors que le prix «contractualisé» par une signature entre les producteurs et les transformateurs, dans les bureaux du ministère ne sont pas respectés par les industriels… «Les industriels remettent toujours en question le prix du lait. Comment peut-on alors bâtir une contractualisation avec eux si il n’y a pas de confiance mutuelle» a appuyé Olivier Dauger.
Après la conférence de presse, les responsables de l’Aisne se sont rendus à la préfecture et ont été reçus par Salima Eburby, directrice de Cabinet. Ils ont fait le point sur les raisons de leur mécontentement, tout en insistant sur l’urgence pour les éleveurs, de retrouver une situation économique saine. «Nous sommes prêts à mener des actions si les négociations ne suffisent pas» ont-il prévenu, déterminés.

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