L'Agriculteur de l'Aisne 17 novembre 2010 à 12h40 | Par Gaëtane Trichet

Le maroilles Fauquet veut exporter… en France

Les Fromagers de Thiérache fêtent cette année, les 85 ans de leur marque Fauquet. L’occasion pour les responsables, d’inviter la presse, en particulier des journalistes gastronomiques, et de faire déguster leurs maroilles, Vieux Lille et Boulette d’Avesnes.

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De gauche à droite : Pierre Fouilhac, Pierrot de Lille, Dominique Duquesnoy ont présenté leur édition spéciale.
De gauche à droite : Pierre Fouilhac, Pierrot de Lille, Dominique Duquesnoy ont présenté leur édition spéciale. - © l'agriculteur de l'Aisne

Le 1er octobre dernier, les Fromagers de Thiérache fêtaient les 85 ans de leur marque Fauquet. Fromage emblématique du nord de la France et seule AOC fromagère de cette région depuis 1972 et AOP depuis 1996, le maroilles est toujours confectionné selon un processus de fabrication millénaire. C’est ce qu’ont expliqué Dominique Duquesnoy, président des Fromagers de Thiérache et Pierre Fouilhac, directeur. Leader sur le marché avec 54 % de parts, l’entreprise veut consolider sa position. Notamment en renforçant ses ventes en Nord-Picardie mais aussi en s’implantant en dessous de la Loire, région où «le plus fin des fromages forts» reste quasiment inconnu. Le maroilles a bénéficié du succès du film «Bienvenue chez les Ch’tis». «En 2008, le film de Dany Boon a popularisé le maroilles» explique Dominique Duquesnoy. «Nos ventes ont augmenté de 24 % cette année là et 7 % en 2009». Oui mais voilà, les ventes se font principalement dans le nord de la France. «Nous voulons conquérir le reste de la France avant même l’international. Vendre du maroilles en dessous de Paris, c’est déjà de l’export» sourit le président qui avoue cependant avoir quelques parts de marché en Allemagne et en Belgique représentant environ 4 à 5 tonnes sur une production d’environ 2500 tonnes par an. Et pour atteindre son but, Dominique Duquesnoy mise sur une forte communication, avec DVD, affiche, publicité, édition d’un guide gourmand du terroir, animations au cours de l’année… «Nous nous engageons pour dynamiser la filière et faire connaître le maroilles au-delà de son territoire».

Entre modernité et authenticité En 1925, Paul Fauquet reprend l’entreprise Chameroy et Leroy qui produit du maroilles sur deux sites, l’un à Dompierre-sur-Helpe pour la fabrication et l’autre à Avesnelles où le fromage est affiné. Paul Fauquet développe rapidement son activité. En 1989, Les Fromagers de Thiérache qui appartiennent aujourd’hui au groupe Bongrain, rachètent la société Fauquet et transfèrent la production au Nouvion-en-Thiérache en 1991. «Nous fabriquons des produits de qualité dans le pur respect de la tradition avec des techniques modernes en nous appuyant sur le savoir-faire d’hommes passionnés par leur métier» explique Pierre Fouilhac, se félicitant des normes de certification de l’entreprise. «Nos soucis primordiaux sont bien entendu, la satisfaction et la sécurité du consommateur». Au-delà du maroilles que l’on trouve dans les rayons de la grande distribution, la marque Fauquet c’est aussi des tartes au maroilles, de la crème de maroilles, de la boulette d’Avesnes, du Vieux Lille qui portent le sceau de la marque collective régionale Saveur en Or. La Thiérache : une terre d’exception pour le maroilles C’est grâce à son sol imperméable donc humide que la Thiérache doit la luxuriance de ses pâturages. La diversité de la flore est à l’origine du goût inimitable du maroilles. «Une véritable terre d’exception». Aujourd'hui l’aire de production du maroilles reste limitée à la région naturelle que constitue la Thiérache. Elle s’étend au nord de la forêt de Mormal jusqu’à Maubeuge et la frontière franco-belge, au sud du Marlois, limite extrême de la Basse-Thiérache, à l’est du plateau d’Hirson aux Ardennes et à l’ouest du Saint-Quentinois à la région du Cateau. Du Craquegnon au maroilles Les journalistes avaient été invités le 1er octobre. Oui, mais pourquoi cette date particulièrement ? Retour en 960, dans un petit village de Maro Lalo qui signifie «grande clairière» en Gaulois où s’érigeait une abbaye qui avait droit de seigneurie sur les villages avoisinants. Une antique ordonnance, «l’Escript des pâturages», aurait prescrit aux habitants des villages de Marbaix, Taisnières-en-Thiérache, Noyelles et Maroilles de convertir le lait de leurs vaches en fromages le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste. Cent jours plus tard, le 1er octobre, jour de la Saint Rémy, ils devaient, selon les écrits, les remettre aux commis de l’abbaye. Ce fromage se nommait Craquegnon. Enguerrand, l’évêque de Cambrai, confirma cette ordonnance par un arrêté en 1245 et proposa de changer le nom du Craquegnon en Maro Lalo, en l’honneur du village pour ensuite être rebaptisé en maroilles. Il y a donc un millier d'années que les moines de l'Abbaye de Maroilles inventèrent la "merveille de Maroilles". Très vite, ce fromage devint célèbre. Philippe Auguste, Saint Louis, Charles VI, François 1er, Charles Quint, et aussi Fénelon, Turenne en firent leurs délices. Il est surtout reconnu pour avoir été le péché mignon de Henri IV. Une édition spéciale Pour son 85ème anniversaire, Fauquet a proposé une édition spéciale de son maroilles 750 g et limitée à son personnel et aux journalistes conviés ce 1er octobre. En 2008, la marque proposait la Mar’yonnaise, une mayonnaise à base de maroilles qu’elle a inaugurée à une soirée de gala à Hazbrouck en avant-première de la participation de la Ch’ti Friterie au Dakar 2009. Les responsables des Fromagers de Thiérache ne sont pas à court d’idées pour vanter les mérites du plus fin des fromages forts.

Fauquet s’associe avec Pierrot pour la sortie de son livre Cuisiner simple avec Jenny et Pierrot Le chef Pierrot de Lille, du bistrot «La marmite de Pierrot», également animateur radio et télé avec l’émission «Goûtez-moi ça», et la marque Fauquet ont toujours eu une relation privilégiée. Pour Dominique Duquesnoy, «il est évident de soutenir Pierrot pour la sortie fin 2010 de son livre «Cuisiner simple avec Jenny et Pierrot» qui fait la part belle aux recettes à base de Maroilles Fauquet». Cet ouvrage est non seulement gourmand mais aussi généreux puisque 2 euros seront reversés à l’association «Noël avec eux», parrainé par La Voix du Nord. «C’est une initiative qui correspond bien aux valeurs de Fauquet». En effet, la marque s’est associée en 2009 au Dakar au profit de l’association «Les Clowns de l’espoir» et plus récemment en février 2010, elle a été partenaire de l’association Chti’s 4L dans le projet de solidarité 4L Trophy. Lors de ce dernier périple, des fournitures scolaires ont pu être distribuées aux écoles marocaines. Bien entendu, le Maroilles Fauquet soutien également des manifestations locales. La reconnaissance du public et des professionnels Depuis 1995, la marque Fauquet se soumet chaque année au jury du Concours Général Agricole de Paris pendant le Salon international de l’agriculture. La marque est primée à chaque fois. A ce jour, Fauquet comptabilise 33 médailles dont 11 d’or, 12 d’argent et 10 de bronze. Auprès du grand public, la marque Fauquet s’est distinguée en communiquant sur des valeurs 100 % Ch’tis. Elle cristallisait la convivialité et la sympathie proverbiale des habitants du Nord lors d’une campagne d’affichage 4/3 au slogan évocateur, «Il vient du Nord, il vient du Coeur». Plus de 3000 affiches ont été placardées dans 13 villes du Nord-Pas-de-Calais, en Picardie et en Champagne-Ardenne.

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