L'Agriculteur de l'Aisne 15 juillet 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Le partenariat entre élus et agriculteurs est essentiel

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La réussite d'un projet de dépollution d'un captage passe inconditionnellement par l'entente entre les collectivités locales et les acteurs du monde agricole. Bien que ces derniers ne doivent pas être tenus pour uniques responsables des contaminations, leur engagement détermine le succès d'un programme de protection des ressources en eau.

«Je relève trois choses importantes: il faut, en premier lieu, une bonne dynamique de politique locale menée entre les élus, les agriculteurs et les agences de l'eau. C'est souvent la première des difficultés », explique Eric Thirouin, président de la Commission environnement de la FNSEA à l'occasion d'un colloque portant sur les solutions locales menées pour la protection des captages, organisé par les chambres d’Agriculture (APCA) le mercredi 29 juin. Il est aussi important, selon lui, de cesser de pointer du doigt les agriculteurs et de communiquer davantage sur leurs efforts accomplis dans ce domaine. Si les taux de nitrates et les résidus phytosanitaires, retrouvés dans les bassins, doivent faire l’objet d’une attention toute particulière afin de préserver l’environnement, les acteurs du monde agricole ne doivent pas être tenus pour seuls responsables. «Chez nous, nous prenons en compte : l'urbain, l'industrie et l'agriculture», remarque Vincent Valin, directeur des interventions de l'Agence de l'eau Artois-Picardie. Le succès de l’opération passe, selon lui, par la motivation et la compréhension des acteurs du terrain, et non par la stigmatisation d’un opérateur.

Cas concret dans un secteur «grandes cultures»

L’ORQUE (Opérations de reconquête de la qualité de l’eau) de Caix au nord d’Amiens en est une illustration. «C’est un bassin de 5 300 hectares dans un secteur de grandes cultures. Un plan d’action a été décidé en 2013 suite à des problèmes de phytos et de nitrates dans les eaux», développe Vincent Valin. Près de 110 agriculteurs étaient ainsi concernés. Les différentes parties prenantes ont décidé de graduer les enjeux et objectifs à trois et cinq ans en définissant, en particulier, un «état zéro» sur lequel s’appuyer pour comparer les avancées. Les résultats finaux étaient positifs. «Le suivi et les indicateurs de mesure sont aussi très importants pour marquer le progrès», souligne le représentant de l’agence de l’eau. De son côté, un autre intervenant présent dans la salle et travaillant à l’Institut du Végétal (Arvalis) insiste sur l’importance de la phase de diagnostic dans ce type d’action, et recommande de ne pas hésiter à hiérarchiser les causes. D’après lui, pour réussir à motiver les agriculteurs, il faut donner des objectifs concrets. «A la FNSEA, on essaie de promouvoir les contrats de prestation de services environnementaux. Il est possible de contractualiser de manière pluriannuelle. Ce sont des contrats gagnant-gagnant sans stigmatiser», informe Éric Thirouin.

Programme AZUR : des actions d’agriculteurs pour l’environnement

Le programme AZUR développé par Arvalis vise à optimiser la fertilisation azotée pour améliorer la qualité de l’eau sans pour autant pénaliser la production. «On ne peut pas à la fois prôner le 4/1000  qui nécessite plus de biomasse et donc plus d’azote et d’un autre côté instaurer des mesures coercitives sur l’azote», remarque Olivier Dauger, président de la chambre d’Agriculture de l’Aisne qui rappelle que près de 55 % des pollutions de l’eau proviennent de pollutions ponctuelles. «L’optimisation de la fertilisation détermine la teneur en protéine des blés, il s’agit donc de mettre la bonne dose au bon moment et au bon endroit», conclut Philippe Pinta, président de l’AGPB qui demande à ce que les politiques fassent confiance aux agriculteurs.

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