L'Agriculteur de l'Aisne 16 septembre 2019 à 14h00 | Par Actuagri

Le point sur les conclusions de l’Anses

La sortie d’un livre de Fabrice Nicolino, l’un des fondateurs du mouvement des Coquelicots, remet sur le devant de la scène la question de la dangerosité des fongicides SDHI. Pourtant, l’Anses a conclu en janvier 2019 à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise en marché de ces fongicides.

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En avril 2018, plusieurs scientifiques ont alerté, dans une tribune, sur des risques potentiels que pourraient présenter les fongicides de la famille des SDHI, onze substances qui empêchent le développement de champignons et moisissures sur les cultures via le blocage d’une enzyme impliquée dans la respiration cellulaire, la succinate déshydrogénase (SHD). Un groupe d’experts réuni par l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a étudié l’ensemble des données scientifiques disponibles et rendu un avis le 14 janvier 2019, concluant à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise en marché de ces fongicides. Le niveau des expositions alimentaires s’avère faible, au regard des seuils toxicologiques, indique l’Anses qui n’ajoute qu’aucune de ces substances n’est classée cancérigène avérée ou présumée dans la réglementation européenne, et qu’elles sont rapidement métabolisées et éliminées chez l’Homme. Aucune donnée ne suggère par ailleurs que l’incidence des cancers, notamment ceux associés au déficit héréditaire en SDH, ait augmenté avec la commercialisation des fongicides SDHI, chez les agriculteurs notamment, tout comme il n’existe pas de données indiquant un impact de ces fongicides sur des organismes dans l’environnement, précise également l’agence.

Une surveillance qui se poursuit

Depuis la publication de l’avis, l’Anses poursuit son travail pour détecter d’éventuels effets sanitaires. Plusieurs projets de recherche répondent à cette problématique, et l’Anses s’est également autosaisie de la question des expositions cumulées aux différents SDHI via l’alimentation (les conclusions de ces travaux seront connues au premier semestre 2020). Par ailleurs, le programme de pharmacovigilance pluriannuel permet la poursuite de la collecte de données sur les effets des SDHI. L’Anses travaille également avec les agences sanitaires européennes et leur a transmis ses données pour les inciter à se montrer attentif aux effets potentiels des SDHI. « A ce jour, aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques », souligne ainsi l’agence française.

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