L'Agriculteur de l'Aisne 22 avril 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Le ras le bol des agriculteurs

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Devant la presse, le président de la FNSEA est revenu longuement sur les sujets de mécontentement des agriculteurs. Outre la conjoncture dégradée, ils ne supportent plus les effets d’annonce avec la lenteur et les difficultés de mise en œuvre des mesures sur le terrain.

«Nous déplorons le décalage entre la communication du ministère de l’Agriculture et les dossiers qui n’avancent pas», a déclaré Xavier Beulin, lors d’une conférence de presse, le 13 avril à Paris. Certes, des engagements forts ont été pris, «mais la mise en œuvre est laborieuse, imprécise», poursuit le président de la FNSEA. Concrètement, le ressenti sur le terrain n’est pas la hauteur des effets d’annonce. Et le président de citer quelques exemples. Ainsi, alors que les télédéclarations PAC 2016 sont ouvertes depuis quelques jours, les dossiers 2015 ne sont pas réglés. Pour certains agriculteurs dont la situation personnelle a évolué entre 2014 et 2015 (changement de statut juridique, agrandissement…), ils n’ont perçu à ce jour que 60 % des aides promises, contre 90 % pour les autres. Difficultés également les aides à la modernisation qui relève du 2ème pilier, «les choses n’avancent pas». «Les paysans n’y comprennent plus rien, les DDT sont noyées, dans l’incapacité d’avoir un mode d’emploi et d’appliquer les dispositions prévues», déplore Xavier Beulin. Il en est de même pour les mesures agro-environnementales, comme des mesures de soutien à l’agriculture biologique. Tout est ainsi à l’avenant, y compris sur le plan de soutien. Si le volet social est bien engagé, le dispositif coince sur la mise en œuvre de l’année blanche. «Le cahier des charges prévu rend l’opération inapplicable», s’insurge le président. Et sur le volet phytosanitaire la FNSEA est très inquiète sur une éventuelle interdiction des néonicotinoïdes, en 2018, si la position de l’Assemblée nationale finit par prévaloir. Ici, Xavier Beulin pointe la cacophonie du gouvernement entre Stéphane Le Foll, d’une part, qui appelle de ses vœux une décision communautaire pour éviter les distorsions de concurrence et Ségolène Royal, d’autre part, qui s’est prononcée sur une interdiction pure et simple. Quant à une éventuelle interdiction du Diméthoate en France, le président de la FNSEA redoute que les agriculteurs se retrouvent sans produit de remplacement pour le traitement des cerisiers.

L’immobilisme de Bruxelles

Autre sujet de mécontentement, la généralisation de la complémentaire santé et le compte pénibilité. Si des assouplissements viennent d’être obtenus de Marisol Touraine sur la complémentaire santé, «il y a peu d’avancées sur le compte pénibilité», déplore le président, également vent debout contre le projet de la taxation des CDD, et donc des emplois saisonniers. «Il y a 1,2 million de contrats saisonniers signés chaque année, ce n’est pas en les taxant qu’on va favoriser l’emploi», déplore-t-il. Ce qui se passe à Bruxelles n’apporte guère de satisfactions non plus. Il en est ainsi de l’éventuelle levée de l’embargo russe sur la viande porcine. «On est toujours dans le statut quo», ou de la finalisation des mesures décidées dans le secteur laitier en mars dernier. La Commission de Bruxelles «ne bouge pas» et se refuse à débloquer une enveloppe financière pour accompagner une stabilisation voire une réduction de la production laitière à l’échelle européenne. En revanche, elle a assorti l’autorisation donnée au doublement des aides nationales (de 15 000 à 30 000 euros) à un engagement de l’éleveur à réduire sa production.

Fonds porcin : La FNSEA écrit aux entreprises

Forte déception de Xavier Beulin vis-à-vis de Culture Viande et de la Fédération nationale du commerce en gros des viandes (FNICGV) qui refusent le prélèvement en pied de facture pour alimenter le fonds porcin qui devrait être doté de 100 millions d’euros. «Nous avons écrit aux entreprises d’abattage pour leur demander de le faire et nous attendons leur réponse», a indiqué Xavier Beulin, soulignant que la mise en place de fonds «était la seule mesure qui pouvait enrayer la dégradation généralisée des situations de trésorerie et des arrêts de production». Selon les Centres de gestion, la situation est extrêmement grave et il y a un risque de disparition de 20 % des exploitations porcines en 2016.

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