L'Agriculteur de l'Aisne 07 mars 2016 à 08h00 | Par Actuagri

Le salariat en forte progression

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En dépit d'une crise sans précédent, le nombre de salariés a augmenté de plus de 50 % en 10 ans dans le secteur de l'élevage, selon l'association nationale pour l'emploi et la formation en agriculture (Anefa) qui a organisé une conférence-débat au SIA le mardi 1er mars. Dans le secteur laitier, un travail reste néanmoins à fournir pour favoriser davantage cette tendance en France. “Le secteur de l'élevage est un secteur à soutenir car il est l'avenir de nos territoires, de notre alimentation et de nos emplois” affirme Gilles Duquet, président de l'Association nationale pour l'emploi et la formation en agriculture (Anefa) en préambule de la rencontre organisée par l'association au Salon de l'Agriculture le mardi 1er mars. Plus 50 %, c'est la hausse enregistrée par le secteur de l'élevage en nombre de salariés, une dynamique porteuse d'espoir pour une filière en mal de reconnaissance. D'après l'Anefa, les emplois directs et indirects de l'ensemble de la filière représentent près de 3,2 % de l'emploi total en France. A l'inverse du secteur porcin, le salariat dans l'élevage des ruminants reste minoritaire quoique en progression. “Dans le lait, il représentait 3 % des unités de main d'oeuvre en 2000 contre 10 % aujourd'hui” informe Emmanuel Béguin, chef de service Approches sociales et travail en élevage au sein de l'Institut de l'élevage. Bien moins tout de même que la plupart des pays du nord de l'Europe où le salarié reste “la base de la main d'oeuvre”. Exception faite aux Pays-Bas, remarque Emmanuel Béguin, où la main d'oeuvre salariée est faible car majoritairement robotisée. “Dans le secteur laitier français, nous projetons dans notre institut une part croissante du salariat” précise-t-il, prévenant dans un même temps que celui-ci ne sera pas “permanent mais en progression continue”. Cette analyse s'appuie sur la baisse constatée du bénévolat et de la main d'oeuvre familiale. Aussi, “le modèle très spécifique d'organisation française avec les associations non apparentées a tendance à régresser, il est complexe” renseigne Emmanuel Béguin. Le salariat constituerait de son point de vue une autre voie de développement à l'image d'autres pays producteurs européens.

Le management : un élément clé

Sur la question du salariat et donc du management, “le secteur porcin a un train d'avance, ils ont toujours eu plus de salariés” explique Amédée Hardy, directeur du centre de formation en élevage de Canapeville. La gestion des ressources humaines apparaît ainsi comme déterminante pour construire l'organisation de la filière laitière de demain. Un véritable manque de culture managériale ferait défaut dans ce secteur d'après le représentant de l'Institut de l'élevage. Il évoque la mauvaise image du salarié, qui serait encore importante en France, un pays où l'on opposerait aussi trop souvent robotisation versus salarié. Lorsqu'il s'agit de s'agrandir, “les éleveurs français ont tendance à penser que la mécanisation est la solution” développe Emmanuel Béguin. Tout dépend selon lui du profil de salarié que l'on recherche, de ses compétences, de sa formation. Souhaite-t-on par exemple employer une personne polyvalente ou plus exécutante ? Le coût final entre la technologie et l'humain serait variable et pourrait même s'avérer équivalente.

Témoignage d'une jeune salariée

Noémie Grégoire, 23 ans, technicienne spécialisée dans une exploitation de 70 vaches laitières paraît comblée. Avec un salaire de 25 % de plus que le smic, et des horaires fixes (alternant 6h-15h ou 9h-18h) pour un 35h hebdomadaire, elle ne semble en rien regretter son choix de travailler au sein d'un élevage. “Ce qui me plaît dans cette exploitation c'est d'avoir un planning défini à l'avance (jusqu'à août)” confie-t-elle, expliquant avoir des entretiens réguliers avec son chef d'exploitation. Une communication professionnelle qui s'avère être efficace dans des structures où la relation salarié/employeur apparaît très étroite. “Je préfère parler de collaborateur que de salarié” souligne pour sa part Amédée Hardy, soulignant un aspect plus participatif. Concernant l'évolution du salarié au sein d'une exploitation, “ce n'est pas parce que l'on est salarié que l'on arrête de se former” rappelle Noémie Grégoire évoquant les nombreuses formations investies depuis sa prise de poste

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