L'Agriculteur de l'Aisne 22 juin 2011 à 15h37 | Par Gaetane Trichet

Les anciens exploitants se sont réunis en assemblée générale le 12 mai dernier à Laon. - Adhérer c’est bien, participer activement c’est mieux

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Plus de 300 anciens exploitants agricoles ont participé à l'assemblée générale de leur section syndicale
Plus de 300 anciens exploitants agricoles ont participé à l'assemblée générale de leur section syndicale - © l'agriculteur de l'aisne

«Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons nous défendre aux niveaux départemental, régional et national» a lancé Henri Carton. «Nous cherchons à recruter de nouveaux adhérents». Des retraités qui ont cotisé à l’Union des syndicats agricoles bien entendu, car la SDAE est une de ses sections. Pourtant, le président pourrait, pour un groupe encore plus dynamique, permettre «une certaine ouverture pour ceux qui ont eu quelques années d’égarement...».
Les revendications toujours d’actualitéLe premier rôle de la section départementale des anciens exploitants est la défense du revenu. «Malgré les revalorisations successives des petites retraites, la mise en place de la RCO (retraite complémentaire obligatoire), le paiement annuel, la réversion… il reste encore de véritables injustices» a expliqué Henri Carton. «Est-il normal qu’en France, 450 000 femmes retraitées agricoles n’aient en moyenne que 531 euros par mois ? Ce n’est pas digne d’un pays pour lequel l’agriculture a été une richesse exceptionnelle depuis plusieurs décennies. A l’encontre de ces mères de familles souvent nombreuses participant activement au développement des exploitations, l’attribution du minimum vieillesse serait au moins une première reconnaissance» insistait-il, soulignant que «nous ne serons jamais des anciens militants car être militants c’est défendre des causes justes et ce, jusqu’à notre dernier souffle».Le président Carton voit plus loin. Il estime que la section peut avoir des positions communes avec les autres professions, notamment pour défendre la ruralité et ses habitants en particulier lorsqu’il s’agit de santé. «Nous manquons de médecins en Picardie. Il y a du souci à se faire !». Aussi, la section est en lien avec le CODERPA (comité départemental des personnes âgées), structure qui rassemble tous les représentants des retraités. «Nous devons prendre en compte les soucis dans nos villages. A Amiens, une agence régionale de santé (ARS) a été mise en place justement pour régler ces problèmes de médecins mais aussi des équipements hospitaliers».Autre débat d’actualité, celui de la prise en charge de la dépendance. Il y a l’A.P.A. (Allocation aux Personnes Agées) financée par le Conseil Général qui existe depuis quelques années mais les budgets explosent. Il est urgent de trouver d’autres solutions. Une tendance se dégage semble-t-il, celle d’une assurance obligatoire à partir d’un certain âge et d’un financement par les retraités eux-mêmes. «Nous devons être très vigilants à ce sujet» a prévenu Henri Carton.

Nicolas Sirven
Nicolas Sirven - © l'agriculteur de l'aisne

La santé des personnes âgées en Europe


Nicolas Sirven, de l’institut de recherche et documentation en économie de la santé, a annoncé que l’espérance de vie augmente, mais que l’espérance de vie sans incapacité stagne depuis 3 ou 4 ans pour les hommes et diminue pour les femmes qui sont plus touchées. Autrement dit, «si on arrive à la retraite à 65 ans, on peut espérer vivre presque 20 ans de plus, mais seulement 10 ans sans incapacité». D’où l’importance de la prévention. Il fit ensuite la différence entre incapacité (impossibilité ou difficulté à effectuer une action) et la dépendance. «La dépendance c’est une façon de réagir face à l’incapacité. C’est de l’incapacité avec une action sociale». En moyenne, en Europe, 60 % de l’incapacité est prise en charge par des aidants. «Le principal problème dans la configuration européenne actuelle, c’est qu’on va avoir une diminution de l’aide apportée aux personnes vieil-lissantes en incapacité» soulignait-il.Les femmes étant plus touchées, sont donc plus aidées que les hommes. A un niveau comparable d’incapacité, elles reçoivent plus d’aides. Pourquoi ? «Les femmes aident plus, elles reçoivent plus à leur tour» (transfert intergénérationnel). «Les enfants aident plus les femmes car ils ont toujours vu leur mère aider sur l’exploitation, dans la famille… d’où cette solidarité familiale qui est assez marquée en Europe». Mais selon Nicolas Sirven, ce ne sera pas une solution d’avenir pour la prise en charge de l’incapacité. Une autre piste se profile : l’anticipation. Cela repose sur l’observation de différents critères comme la dénutrition, la fatigue, le ralentissement, l’inactivité et la faiblesse musculaire. Comment ? En posant des questions à l’ensemble des populations. Les résultats sont échelonnés selon un indice de fragilité compris entre 0 (non fragile), 1-2 (pré-fragile), 3-5 (fragile). «Grâce à l’indicateur de fragilité, on peut donc voir à l’avance, qui est en risque d’incapacité. Désormais, les médecins peuvent anticiper l’incapacité. On n’est plus dans une logique de prise en charge et d’assistanat, mais dans une logique de prévention du risque. Il faut, à partir de là, trouver la bonne politique publique». Quand on parle de fragilité, 21 % des personnes décelées peuvent revenir à un état non fragile. «Il n’y a pas de fatalisme. On a deux intérêts majeurs à travailler avant la venue de l’incapacité. Le premier c’est l’organisation du système de santé. Quand on peut anticiper la survenue d’un risque, on est prêt à réagir. On peut mettre en place des actions de prévention. Deuxième aspect en termes de risques, c’est le rôle de l’assurance dépendance. Si vous connaissez votre risque, vous allez être incités à prendre une assurance. Les assureurs ont eux, intérêt à mettre en place des produits spécifiques».Les déterminants majeurs qui prédisposent certains êtres humains aux inégalités sociales de santé sont les revenus et patrimoines plus faibles, les métiers pénibles, ou encore un faible niveau d’éducation.  «On peut par des choix de société, décider d’influencer sur l’état de santé des populations».

Denise Leblon et Philippe Pinta
Denise Leblon et Philippe Pinta - © l'agriculteur de l'aisne

Denise Leblon promue Commandeur du Mérite Agricole


A l’issue de l’assemblée générale, Philippe Pinta, président de la Chambre d’agriculture de l’Aisne, a remis la Cravate de Commandeur à Denise Leblon, la plus haute distinction dans le Mérite Agricole. «Je suis fier et ému de vous remettre cette distinction» a expliqué Philippe Pinta, avant de revenir sur  la vie personnelle et le parcours professionnel de Denise. «Le service à vos proches est l’une de vos qualités. Dès 1975 vous avez pris des responsabilités agricoles à la Commission des agricultrices, à l’Afdi Picardie, et êtes devenue militante à la SDAE dès 60 ans. En 1992, vous devenez présidente de cette section. La première femme présidente et réélue sans interruption jusqu’en 2002. De 1993 à 2002, vous êtes aussi déléguée de la région nord au conseil d’administration de la SNAE, puis vice-présidente de 1996 à 1999. Vous sillonnez la France pour animer les assemblées générales. Dès 1992, vous avez été membre du CODERPA pour y représenter l’agriculture, puis vice-présidente de 1999 à 2003. Vous avez été élue membre de la Chambre d’agriculture et déléguée MSA de votre commune pendant 32 ans». Philippe Pinta a mis en avant la ténacité de Denise à défendre les dossiers et son dévouement pour le syndicalisme et les causes collectives et humaines. «Vous vous êtes beaucoup investie dans le soutien des personnes et dans les dossiers difficiles. Vous aimez débattre et cherchez les meilleurs arguments pour faire valoir les causes professionnelles tout en cherchant toujours à comprendre ceux de vos contradicteurs. Vous êtes une dame de grande sensibilité, avenante et comme tous les bâtisseurs, vous êtes un caractère trempé. Vous êtes toujours très à l’écoute des personnes, vous êtes désintéressée et serviable. Vous avez su conjuguer vies familiale, professionnelle et sociale. Vous avez passé votre vie à régler les problèmes des autres, c’est là le dévouement et le sens du prochain. Toujours optimiste et constructive, votre route est fondée sur des valeurs, celles du service et de la solidarité» a-t-il conclu. Entourée de nombreux membres de sa famille venus lui faire la surprise, Denise Leblon, émue, a remercié le président de la Chambre d’agriculture. Elle est revenue sur quelques moments importants de sa carrière, notamment sur les agricultrices qui ont éduqué leurs familles tout en travaillant à la ferme et à qui elle a dédié sa distinction.

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