L'Agriculteur de l'Aisne 06 mai 2011 à 10h23 | Par Gaetane Trichet

Les chasseurs, partenaires de l’environnement

Les chasseurs se sont réunis le 30 avril à Laon en assemblée générale autour de Hubert Moquet, président de la Fédération de l’Aisne.

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Hubert Moquet, président de la Fédération des chasseurs de l’Aisne
Hubert Moquet, président de la Fédération des chasseurs de l’Aisne - © l'agriculteur de l'aisne

«Les Fédérations des chasseurs sont d’intérêt environnemental» a insisté Hubert Moquet, remettant en cause ces «gens qui se disent écologistes alors qu’ils sont tout simplement anti-chasse». Des anti-chasseurs qui selon le président, «formulent mille et une obligations par rapport à nos demandes qui sont de plus en plus réfléchies. A force de mauvaise foi, nos détracteurs sont moins crédibles mais leur lobby est très puissant» scandait-il, soulignant que certaines associations écologistes reçoivent des subventions pour mettre en place un observatoire de l’environnement. A quoi cela va-t-il servir ? s’interrogeait le président avant de préciser que les Fédérations des chasseurs transmettent déjà à leur préfecture des statistiques sûres «et cela sans subvention». «Nous avons bien compris qu’il est temps de faire valider nos enquêtes, nos chiffres réels et il faut le faire vite»… «La vérité est que nous sommes crédibles, sérieux, précis et capables de conduire une politique cynégétique calme, résolue et suivie. En face, les écolos n’ont pas de bille. Ils pratiquent la politique du contre, s’appuient sur la sensiblerie, sur des statistiques montées par des gens non concernés» a-t-il renchéri en encourageant les chasseurs à continuer leur travail de prélèvements, de comptabilisation des espèces et «à conserver cet esprit scientifique de l’analyse que nous cultivons depuis deux décennies. De ces comptes et de ces comptes-rendus sortira la vérité !».

La sécurité se renforce
Une sixième loi chasse est en préparation. Elle devrait décliner de nouvelles mesures en faveur de la sécurité. Celle des chasseurs et aussi des concitoyens. «N’oubliez surtout pas vos devoirs à ce niveau. Vous êtes porteurs d’arme, vous devez savoir où est votre cible, ce que vous avez le droit de tirer, et en aucun cas, devenir un danger pour autrui» a prévenu Hubert Moquet. D’ailleurs, lors de l’assemblée générale, une résolution pour renforcer la sécurité a été votée à l’unanimité. Désormais le port d’un gilet, chasuble, poncho de couleur orange pour la pratique de la casse à balle en battue (postés et traqueurs) du grand gibier et du furetage est obligatoire.

Le nombre de chasseurs baisse, mais la solidarité grandit
Aujourd’hui, les chasseurs en France sont au nombre de 1,3 million mais le chiffre devrait avoisiner les 700 à 800 000 en 2050. Plusieurs raisons à cela : l’âge des chasseurs -la moyenne nationale atteint 58 ans et dans l’Aisne 51 ans- l’effritement du monde rural d’antan, une plus grande offre en matière de sports, de loisirs, de distractions et les études qui sont un frein pour les jeunes à passer le permis de chasse. Il y a 30 ans, 650 nouveaux permis étaient attribués contre 420 à 450 aujourd’hui. Face à l’érosion du nombre de chasseurs, le président Moquet a insisté sur l’importance de posséder un maillage territorial solide et réactif. «Nous devons être très solidaires car chaque fois que l’on ouvre une porte aux adversaires de la chasse, c’est tout le monde de la chasse qui en pâtit».

Des associations partagent la passion de la chasse
Pour renforcer le dynamisme, faire découvrir et partager leur passion, les chasseurs travaillent en collaboration avec plusieurs associations cynégétiques de l’Aisne qui ont été présentées lors de l’assemblée générale. Les présidents ou représentants de l’association départementale des chasseurs de petit gibier, de l’association pour le maintien et la sauvegarde des activités traditionnelles des marais de la Souche, de l’association des chasseurs de grand gibier de l’Aisne, de l’union nationale pour l’utilisation de chiens de rouge, de l’association de défense de la chasse du pigeon ramier, du club national des bécassiers, de l’association des équipages de vénerie sous terre, de l’association des gardes particuliers et des piégeurs, de l’association des chasseurs de gibier d’eau et de l’association sportive des chasseurs à l’arc, ont tour à tour présenté leur structure. «Ces associations sont le pilier de notre organisation collective autour de la même passion : la chasse» a conclu Hubert Moquet.
D’ailleurs, toutes ses structures seront présentes lors de la fête de la nature, de la chasse, de la pêche et des sports en milieu naturel qui aura lieu le 22 mai au Nouvion-en-Thiérache. Modes de chasse et pêche, randonnées pédestres, courses VTT, tourisme équestre, sonneurs de trompes, fauconnerie, ball-trap laser,… font partie du large programme prévu pour cette journée.

- © l'agriculteur de l'aisne

La campagne 2010-2011 en chiffres...

Les gibiers
- Sangliers : 8938 tués soit
65 % sur 12 930 attribués
- Chevreuils : 8 818 tués soit
87 % sur 10 000 attribués
- Cerfs : 728 tués soit 85 %
sur 853 attribués
Les dégâts aux cultures
La facture, qui est passée de 603 000 euros à 830 000 euros, a largement augmenté en raison de la hausse des prix des denrées agricoles. L’enveloppe est partagée entre les blés (à chiffres arrondis : 175 000 euros) maïs grains (380 000 euros), betteraves sucrières (78 000 euros), prairies (75 000 euros), colza (35 000 euros), maïs fourrage (33 000 euros), autres cultures -pois, orges, légumes…- (44 000 euros).  Les surfaces endommagées (hors prairies) sont restées stables entre 2009-2010 avec 672 hectares et 2010-2011 avec 675 hectares. Quant aux prairies, les chiffres atteignent en 2008-2009 : 100 ha, en 2009-2010 : 52 ha et en 2010-2011 : 103 ha. «Cela suit les glandées. Si elles sont fortes, les dégâts sont plus importants» a commenté Gaston Delore, secrétaire général de la Fédération des Chasseurs. En 2008-2009,
1586 dossiers ont été déposés, en 2009-2010 : 1571 et en 2010-2011 : 1637. «Là encore, les chiffres sont contenus». Selon l’intervenant, les dégâts représentent 1,4 ha pour 1000 ha de SAU.
«Depuis deux ans, la prévention des dégâts est organisée par l’unité de gestion avec une convention signée entre GIC, les groupements de chasseurs ou une association pour la gestion du grand gibier. L’objectif est d’avoir une prévention proche des zones à risques gérées par des personnes connaissant bien le terrain.
Dans ce dispositif, il est important que les agriculteurs soient partenaires notamment en répondant à l’enquête des assolements des cultures à risque. Ce dispositif permet d’avoir un kilométrage de protection identique ou supérieure à l’ancienne formule. Actuellement 650 km sont posés au travers du département pour un coût de 151 000 euros. Ceci permet une économie directe sur les prix des bracelets» a rappelé Gaston Delore.
Hubert Moquet a souligné tout l’intérêt pour le secteur de la chasse et le secteur agricole de continuer à travailler en étroite collaboration notamment dans la gestion des dégâts de gibier. «Les discussions seront encore plus faciles puisqu’ensemble, nous allons préparer les schémas locaux. Il y a beaucoup de valeurs morales chez les chasseurs comme chez les agriculteurs et bien, partageons-les sereinement».

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