L'Agriculteur de l'Aisne 20 janvier 2020 à 14h00 | Par Actuagri

Les fabricants contestent les chiffres

Alors que l’annonce d’une augmentation de 23 % de l’utilisation des pesticides a provoqué une levée de boucliers des associations environnementales, l’Union des Industries de la protection des plantes a contesté ces chiffres au cours d’une conférence de presse.

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L’Union des industries des plantes (UIPP) qui regroupe 19 entreprises du secteur et représente 96 % du marché a constaté, pour 2018, une hausse de seulement 8 % des ventes, soit le tiers des chiffres officiels. Comment expliquer une telle différence entre des données issues des ventes des industriels et celles, officielles, ou l’on part des achats des agriculteurs ?

Si les chiffres différent, il y a quand même eu une hausse des ventes de produits phytopharmaceutiques en 2018, et ce malgré les politiques publiques visant a réduire l’usage des pesticides, reconnaît l’UIPP. En 2018, les ventes totales de matières actives ont atteint 70 000 tonnes, dont 50 000 tonnes si l’on enlève le soufre et le cuivre. Pour l’UIPP cette augmentation s’explique par «une anticipation des achats en amont de l’augmentation de la Redevance pour pollution diffuse au 1er janvier 2019. Mais aussi par une hausse des ventes de soufre et de cuivre". Des produits utilisés majoritairement par les agriculteurs bio. Pour Bruno Baranne, président de l’UIPP, «il serait utile que le ministère donne des éclairages. La montée en puissance de l’agriculture biologique doit faire l’objet d’indicateurs dédiés".

Sur les dix dernières années l’agriculture française a utilisé en moyenne 66 000 tonnes de produits phytosanitaires chaque année, avec une part croissante de produits de biocontrôle qui atteignent aujourd’hui 24 % de ce volume. La part des produits pour l’agriculture biologique a doublé en neuf ans pour atteindre 25 000 tonnes en 2017.

Conditions climatiques

C’est entre le début du siècle et 2007, année du Grenelle de l’Environnement, que la baisse a été la plus spectaculaire. On est alors passé de 120 000 tonnes à 75 000 tonnes par an sous l’effet des efforts de l’agriculture raisonnée. Poursuivre sur cette lancée est un véritable défi, notamment en raison des modifications climatiques, estime l’UIPP. En 2019 le printemps humide a entrainé des maladies fongiques, l’été sec a favorisé les insectes, véritable fléau pour l’arboriculture. Les grandes cultures et les betteraves ont connu un regain d’ambroisie. La viticulture et les pommes de terre ont fait face à des attaques de mildiou.

Pour protéger leurs plantes les agriculteurs vont devoir redoubler d’ingéniosité d’autant que les réglementations européennes et nationales prévoient de réduire les molécules disponibles. «On va assister a un appauvrissement de l’offre de produits ce qui risque d’amener des impasses techniques sur certaines productions», s’inquiète Bruno Baranne en évoquant la disparition éventuelle des cultures d’asperges, de carottes des sables ou de fruits rouges. Le paradoxe est que l’on pourrait supprimer des produits efficaces pour les remplacer par d’autres beaucoup moins précis.

Nouvelles pratiques agricoles

L’évolution de la législation va aller de pair avec la modification des pratiques agricoles. De plus en plus d’agriculteurs abandonnent le désherbage chimique au profit d’actions mécaniques. En 2019 près de 1 500 exploitations sont en certification HVE, haute valeur environnementale, dont 1 400 viticulteurs. La moitié du vignoble pourrait opter pour cette certification d’ici quelques années. Ces nouvelles méthodes de culture, plus proches de l’agroécologie, feront appel à la robotique et à des matériels de précision pour rester efficaces. Le lancement de «LabelPulvé» en 2019 va amener les agriculteurs à investir dans des pulvérisateurs équipés de panneaux de récupération de façon à réduire de 30 à 40 % les quantités de produits utilisés. Mais les investissements sont lourds à réaliser et il faudra aussi que les agriculteurs se forment aÌ ces nouveaux outils. Protection des utilisateurs Des innovations sont attendues également pour prévenir les risques professionnels et mieux protéger les utilisateurs de pesticides, exploitants et salariés agricoles. Sous l’égide de la France, une campagne de sensibilisation sera lancée lors du prochain Salon de l’agriculture. Cela concerne l’étiquetage des produits qui sera simplifié et présentera un langage commun pour permettre aux utilisateurs de mieux connaitre les précautions à prendre. De nouvelles lignes de vêtements et d’équipement de protection seront présentées. L’objectif étant d’offrir plus de protection et de confort, mais aussi de présenter des vêtements mieux adaptés à la morphologie sans oublier le design. Enfin l’UIPP vient de lancer l’application OptiPhyto, un outil de diagnostic pour sensibiliser les agriculteurs aux pollutions ponctuelles liées à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Plus de la moitié des pollutions de l’eau sont dues à des erreurs de manipulation. Cette application gratuite propose des solutions concrètes et des rappels réglementaires.

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