L'Agriculteur de l'Aisne 06 mars 2017 à 08h00 | Par Actuagri

Les propriétaires ruraux revendiquent une agriculture française forte

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Avec pour thème cette année «Quelle propriété privée pour l’agriculture de demain ?», le Congrès de la section nationale des propriétaires ruraux (SNPR) se tiendra les 8 et 9 mars prochains à Besançon. Les débats porteront sur le boom du travail à façon, de la nécessité de réformer le fermage, sur l’héritage, les ventes ou encore la fiscalité. «Nous, propriétaires, tenons au dynamisme et à la compétitivité de l’agriculture française», déclare Josiane Béliard, présidente de la SNPR à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est déroulée le vendredi 3 mars. Le domaine du foncier est sujet à de vives mutations. Le travail à façon illustre bien cette réalité. Depuis une dizaine d’années, son développement ne cesse de se confirmer. Aujourd’hui, on estime qu’il représente près de 15 % de la SAU française. «C’est énorme !», réagit Bernard Maloiseaux, secrétaire général de la SNPR. Une croissance exponentielle qui s’explique, d’après les propriétaires, par un statut du fermage resté figé dans le temps. «Le problème c’est que ce boom du travail à façon empêche le renouvellement des générations», alerte Bernard Maloiseaux. Ainsi, de plus en plus d’agriculteurs en âge de prendre leur retraite décideraient, au contraire, de faire appel à des prestataires. Une option considérée comme bien plus rentable. Selon la SNPR, la politique foncière, les ventes, l’héritage et la fiscalité constituent les quatre leviers d’action prioritaires qui permettraient d’assouplir et de moderniser le système «à la française». A titre de comparaison, le congrès des propriétaires, qui se déroulera les 8 et 9 mars prochains à Besançon, présentera des dispositifs fonciers distincts instaurés dans d’autres pays du globe. «En Angleterre, comme en Italie ou en Espagne, ils laissent cohabiter des contrats plus anciens et plus cadrés avec des nouveaux contrats plus libéraux», témoigne ainsi Josiane Béliard.

Deux tendances lourdes

«En France, la mise en société et le travail à façon sont de plus en plus fréquents», explique la présidente de section. Le statut du fermage jugé «peu rentable et n’offrant pas de disponibilité» pousserait les exploitants à privilégier ces deux types d’opérations. «Louer pour un propriétaire n’est plus devenu intéressant», renchérit Josiane Béliard. La SNPR propose de réformer le système existant en passant par des contrats plus courts, une fiscalité allégée rendant plus difficile l’accaparement des terres par des investisseurs étrangers, une meilleure organisation des propriétaires et la constitution de groupement foncier agricole (GFA). «Les GFA, portage du foncier collectif, se substituent au fermier qui ne peut pas acheter», renseigne Bernard Maloiseaux.

Déprise agricole

«Chaque année en France, environ 70 000 hectares (ha) quittent la destination agricole», déplorent les représentants des propriétaires ruraux. Ces surfaces détournées de leur usage premier comptent près de 40 000 ha artificialisés, les 30 000 ha restants sont perdus du fait de la progression des taillis et/ou de la forêt. «Ces hectares-là disparaissent par manque de dynamisme des filières et de l’économie agricole», insiste Josiane Béliard.

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